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Renoncer au dieu Atome pour célébrer Aton, le dieu solaire… 14

Le disque d'Aton ©Radio France

Et si l’histoire nous montrait la voie ?... Celle d’un pharaon d’Egypte, par exemple. Akhenaton, fils d’Amenhotep III et père de Toutankhamon. Sous son règne, entre -1355 et -1338, il provoqua une révolution religieuse en bannissant les dieux du panthéon traditionnel de l’Egypte de l’époque au profit d’un seul, Aton, le dieu Soleil. De ce fait, il est considéré par certains comme le premier monothéiste de l’histoire.  Cette originalité ne lui valut rien de bon. L’Egypte déclina sous son règne et ses successeurs, dont son propre fils Toutankhamon, firent tout pour effacer sa mémoire. Environ 2500 ans après Akhenaton, les empereurs Incas sont considérés comme les fils du Soleil...    

 

Adorer le Soleil n’est pas la croyance la plus absurde que l’on puisse imaginer. Si les Egyptiens et les Incas découvraient ce que les scientifiques actuels ont appris sur le Soleil, leur foi ne serait sans doute que confortée. Contrairement à la Terre, c’est bien le Soleil qui est au centre de notre système planétaire. A lui seul, il représente 99,86% de la masse du système solaire. Et sans la lumière et la chaleur provenant de cet astre, pas de vie sur Terre. Notre étoile est âgée de 4,6 milliards d’années. La Terre, quant à elle, s’est formée peu après, il y a 4,467 milliards d’années, et elle provient d’une nébuleuse solaire, c'est-à-dire d’une masse de poussière et de gaz qui s’est détachée du Soleil en formation.

L'héliocentrisme ©Radio France

La Terre est donc bien issue du Soleil, plus surement que Dionysos est né de la cuisse de Jupiter… Dans 5 milliards d’années, le Soleil devrait disparaître mais, bien avant, dans 1 milliard d’années, l’accroissement de la sa température devrait rendre impossible la vie sur Terre, apparue il y  a 3,8 milliards d’années. Ainsi, au total, le Soleil devrait avoir permis l’existence de la vie sur Terre pendant environ 5 milliards d’années. Rien, dans ce qui nous entoure, n’a donc un tel pouvoir sur le destin de la vie et, par conséquent, de l’humanité. S’il faut vénérer une entité qui nous est supérieure, la candidature du Soleil dispose donc de sérieux atouts, a priori nettement plus solides, sur le plan matériel en tous cas, que ceux dont peuvent se prévaloir les dieux actuellement reconnus par des milliards d’êtres humains.

Explosion nucléaire américaine en 1953 ©Radio France

Restons donc sur le plan matériel. Depuis un soixantaine d’années, un autre « dieu » s’est imposé : l’atome. Véritable enfant du 20ème siècle, il est apparu avec la formule d’Einstein, E=MC2, en 1905, pour engendrer la bombe atomique en 1945 et les premières centrales nucléaires en 1951. « En 2009, 439 réacteurs fonctionnent dans 31 pays différents dans le monde, dont 58 réacteurs en France, soit un total de 370 gigawatts produisant environ 14 % de l'électricité mondiale », nous apprend Wikipédia. Face à la fin annoncée du pétrole et de l’uranium, les espoirs de l’humanité se tournent vers une autre exploitation de l’atome : la fusion.

Une coupe d'ITER ©Radio France

Le projet ITER, conçu dès 1988 et dont la construction a commencé en 2007 en France, à Cadarache, pour une exploitation prévue à partir de 2020 et qui devrait durer environ 20 ans. Ce réacteur étant expérimental, il doit être suivi par un second réacteur, DEMO, qui précèdera l’exploitation commerciale envisagée vers 2050. Tout cela restant au conditionnel tant les chances de succès d’ITER sont contestées par certains éminents physiciens.

Qu’est ce qu’ITER ? Une définition simplifiée souvent utilisée consiste à le considérer comme la reproduction sur Terre des phénomènes de fusion nucléaire qui existent à l’intérieur les étoiles. Donc dans le Soleil. Domestiquer l’énergie du Soleil, la concentrer dans une centrale et lui faire produire toute l’électricité dont l’humanité a besoin pour accompagner sa croissance démographique et économique… Un projet enthousiasmant, à première vue. L’homme se hisserait ainsi à la hauteur de l'astre géant qui lui a donné naissance… Un projet démiurgique, pourront penser certains. La mythologie grecque nous rappelle à la modestie avec la fameuse mésaventure d’Icare, mort pour s’être trop approché… du Soleil.

Cellule solaire monocristalline ©Radio France

 A l’inverse de la voie atomique, la voix de la sagesse et de la modestie nous chuchote une autre solution : Aton. L’énergie du soleil étant la source même de la vie sur Terre, ne pourrait-elle pas nous apporter ce dont nous avons besoin pour faire fonctionner nos machines, pour éclairer nos lampes et chauffer nos maisons ?
C’est justement un Français, Antoine Becquerel, qui, dès 1839, découvre l’effet photovoltaïque, la possibilité de transformer la lumière en électricité. En 1875, Werner von Siemens montre comme l’effet photovoltaïque fonctionne dans les semi-conducteurs. Et en 1916, Robert Millikan produit la première cellule solaire. Mais, faute, déjà, d’un rendement suffisant, l’invention reste dans les tiroirs pendant une quarantaine d’années. Il faut en effet attendre 1954 pour que 3 chercheurs américains, Gerald Pearson, Calvin Fuller and Daryl Chapin, concoivent une cellule solaire qui atteint 9% de rendement.

Concentrateur solaire à Odeillo ©Radio France

Les laboratoires Bell peuvent ainsi construire le premier panneau solaire. Trop coûteuse, cette technologie doit son essor à l’industrie spatiale qui investit massivement dans son développement.

Une autre voie apparaît, parallèlement, celle du solaire thermique dans lequel les rayons du Soleil ne sont pas transformés en électricité mais directement en chaleur à l’intérieur de capteurs qui piègent le rayonnement infrarouge.

Comme la voiture électrique, qui date également de la fin du 19ème siècle, l’énergie solaire n’a pu s’imposer face à l’abondance du pétrole. Ensuite, l’atome est devenu le rêve technoscientifique de la fin du 20ème siècle.

Face aux problèmes que rencontrent aujourd’hui les centrales nucléaires et aux incertitudes sur l’avenir de la fusion, le moment est peut-être venu d’imiter Akhenaton. Commençons à fermer les temples de l’Atome et remplaçons-les par ceux, plus respectueux de la condition humaine, d’Aton.

M.A.

 

Thème(s): Sciences| Histoire| Industrie| Environnement

14 commentaires

Portrait de Anonyme Anonyme20.04.2011

on pourrait, utiliser un "obusier" pour envoyer les déchets dans l'espace cf. Jules Vernes

mais encore, ceci sauf qu'évidement ce n'est pas français, donc la technologie des autres ne fera pas pencher le déficit commercial http://www.solarmillennium.de/technology/solar-thermal-power-plants/inde...

Portrait de Anonyme nutrisca20.04.2011

Merci pour vos explications et vos suggestions. Je n'ai pas de théorie, ni d'imagination pour proposer des solutions mais j'ai des questions.
Je n'ai pas de jardin pour mettre une éolienne, je vis dans un immeuble HLM, proche de Paris, et je travaille dans le secteur public. Comment alimenter en énergie, et en supporter les dépenses, d'une agglomération comme Paris et ses environs, du secteur public en général (hôpitaux, pompier, administrations, logements sociaux qui prennent une part importante dans la consommation d'énergie, car l'échelle de consommation est autrement plus importante qu'un pavillon de banlieue. La production de masse est une contrainte pour toute utilisation d'énergie dans le cadre de vie actuel puisque nous ne pouvons revenir à l'âge des cavernes. D'où le choix du nucléaire par les japonais.
D'autre part, les déchets nucléaires ne pourraient-ils pas revenir vers Athon puisque "tous ce qui vient de César doit revenir à César"? C'est peut-être en final la seule maxime, ou théorie en l’occurrence,qui serait applicable. Est-ce réalisable techniquement et envisageable financièrement comparé aux coûts actuels de l'énergie toute utilisation confondue (pétrole, gaz, électricité, technologie écologique...)
Signé une petite ménagère qui se pose des questions sur son mode de consommation de l'énergie qu'elle ne maîtrise pas.

Portrait de michel michel20.04.2011

Merci pour votre message,

En fait, un immeuble est moins gourmand en énergie qu'une maison individuelle. Encore faut-il qu'il soit construit avec les nouvelles architectures qui optimisent la captation d'énergie et l'isolation.

Pour ce qui est de renvoyer les déchets nucléaires dans le soleil, l'idée est séduisante. Malheureusement, elle est impraticable. En effet, faire voyager des tonnes de déchets dans des vaisseaux spatiaux, outre le coût énergétique, poserait le grave problème du risque d'accident. Imaginez l'explosion d'une telle fusée au décollage, dans l'atmosphère terrestre ou même dans l'espace... Les dégâts sur Terre seraient incalculables..

Aton ne peut donc nous aider de cette manière. Nous sommes condamnés à devoir nous contenter de ce qu'il nous envoie en permanence et gratuitement. Contrairement à ce que croyaient nos ancêtres égyptiens ou incas, point n'est besoin d'offrandes. Aton est un dieu très généreux...

M.A.

Portrait de Anonyme amalric claude18.04.2011

Joli parcours depuis I.T....

Peut-être faudrait-il rappeler à l'occasion le coût global des technologies concurrentes de l'atome pour générer un courant électrique ; cela éviterait de limiter la pensée écologique au rendement des cellules ou à la force du vent...Combien faut-il de kW, dépollution comprise, pour fabriquer une cellule - fût-elle au silicium amorphe ? Et combien de temps pour en amortir le prix de revient, sachant de plus que son rendement diminue progressivement ? Qui parle de l'entretien des convertisseurs et batteries nécessaires à une installation autonome en 220 V/10 kW ? Même remarque pour l'éolien...

Cela dit, on ne peut contester les inconvénients du nucléaire actuel (fission). Mais comment, pour encore des dizaine d'années, alimenter autrement une aciérie, par exemple ? Aussi, ne pas jeter ITER trop vite, malgré l'érosion de ses parois.

Il reste que malgré son coût caché, le photovoltaïque, notamment, surtout couplé à la production d'eau chaude solaire (Environ 800 W/m² reçus d'Aton tout de même...) est désormais un choix acceptable pour l'habitat, pas seulement isolé.

Meilleurs souvenirs...C.A.

Portrait de michel michel18.04.2011

Merci Claude...
Tes arguments sont justes et méritent d'être relevés.
Bien sûr, il n'est pas envisageable d'abattre le dieu Atome comme on pourrait le faire d'une simple idole de marbre. Je plaide simplement pour que nous cessions enfin de l'adorer comme dieu unique, seul capable de nous accorder notre électricité quotidienne présente et future. J'accepte également un polythéisme de transition... Mais il est temps de commencer à rendre à Aton la place qu'il mérite dans notre panthéon.
Pour cela, développons les recherches, perfectionnons encore les cellules, inventons en d'autres, organiques par exemple, et moins coûteuses en KW pour leur fabrication.
Comme tu le remarques, le solaire thermique peut, déjà, nous apporter beaucoup pour la production d'eau chaude. Modifions la conception des maisons individuelles, peut-être en ressuscitant les murs Trombe, en développant le chauffage géothermique...

Rien ne sera jamais plus simple que de brancher un appareil sur une prise reliée à une centrale nucléaire. La complexité, le coût réel, le risque sont alors repoussés à la source, mais ils ne disparaissent pas pour autant. En cinquante ans de nucléaire, a-t-on résolu le problème des déchets et du démantèlement des centrales? Les coûts sont-ils provisionnés?

Demain, la consommation d'énergie sera moins simple. Elle reposera sans doute plus qu'aujourd'hui sur l'individu et non plus sur le centralisme nucléaire (combien de pertes dans les lignes à haute tension?...). Chacun sera donc directement impliqué dans la production et la consommation d'électricité. Gageons qu'une part des économies résultantes se produira spontanément. Et qu'elle sera considérable par rapport au gâchis actuel.

A terme, on peut rêver d'une autosuffisance énergétique individuelle. Ne voit-on pas, déjà, des immeubles producteurs nets d'énergie, des maisons passives? Demain, chaque maison individuelle sera peut-être alimentée par des panneaux photovoltaïques et des capteurs thermiques parfaitement intégrés aux toitures, des mini-éoliennes, des circulations d'air géothermiques dans le jardin... Et il en restera peut-être assez pour rechercher les batteries de la voiture électrique. Ou pour produire de l'hydrogène. Chacun gèrera son électricité et son chauffage avec cette parcimonie qui caractérise la conscience de la rareté.

Reviendrons-nous, pour autant, à la bougie? Je ne pense pas. Réveillons-nous! Affranchissons-nous de l'emprise intellectuelle du dieu Atome. Il reste probablement beaucoup à inventer pour mieux capter l'énergie sans limite, à l'échelle de l'humanité, d'Aton, le dieu le plus généreux des dieux.

Avec toute mon amitié,

M.A.

Portrait de Anonyme antonio rogh15.04.2011

Bravo Michel pour votre lucidité et votre imagination.
Vous ne cedez pas face aux apôtres de la rationnalité et préférez user de votre libre arbitre.
Il est bien question de philosophie, de spiritualité, d'éthique, de morale dans cette affaire nucléaire. Et on n'en sortira pas en écoutant les experts mais en écoutant notre coeur.

Bien à vous.

Portrait de Anonyme François Roby14.04.2011

Merci M. Alberganti pour cet article. En effet, il ne s'agit pas de s'en remettre aux mythologies dans un mouvement de régression obscurantiste généralisé (accompagnant le sempiternel "retour à la bougie" des pro-nucléaires fervents), mais simplement de constater que, bien souvent, ces mythologies parviennent à saisir d'une façon pré-scientifique et a-rationnelle quelque chose de profond que la science vient confirmer bien plus tard. Car derrière le rationalisme étroit que professent certains se cache aussi parfois un scientisme d'une nature tout aussi religieuse que des croyances "primitives".

Dans le même ordre d'idées, Antonio Damasio a très bien montré également dans l'"erreur de Descartes" en quoi les sentiments ne doivent pas être opposés à la raison, mais constituent au contraire une part indispensable du processus cognitif sans laquelle l'être humain est lourdement handicapé dans ses prises de décision.

Quant au nucléaire en France, on ne peut qu'être surpris de la non-connaissance des problèmes par la population concernée. Combien de personnes savent qu'une fusion partielle de coeur a déjà eu lieu chez nous, en 1980 à Saint-Laurent-des-Eaux ? Combien de personnes, d'écoles, de mairies, situées à proximité de centrales n'ont jamais vu la trace de procédures à appliquer en cas d'accident ?

Enfin, lorsque je parle à mes étudiants d'énergie solaire, j'essaie de leur donner des ordres de grandeur afin qu'ils ne se fassent pas "avoir" par des discours démagogiques et manipulateurs, qu'ils soient "pro" ou "anti". Un chiffre est à mon avis très parlant : la puissance photovoltaïque installée par habitant dans un pays. Les chiffres de 2008 étaient les suivants : Espagne, 75 W/hab. ; Allemagne : 65 W/hab. ; .... ; France : 1,4 W/hab.

Portrait de Anonyme Personne13.04.2011

l'homme informe ses ordinateurs de toute sa science acquise au cours des temps, comme le font par exemple les climatologues, et si ces données sont contrôlables , les inconnues ont des effets incontrôlables .
Aurions-nous tous les éléments, toutes les fonctions, les relations, si nous ignorons le but et le début -et ceci est nécessairement inclus en tout être- les tracés, les parcours ne peuvent qu'être hasardeux ou chaotique, erroné.
il y a par conséquent un minimum de sagesse qui s'impose dans les choix. et cette sagesse n'exclut pas la science expérimentale, mais tant qu'elle reste expérimentale, discrète , et fondamentale. Le professeur Tournesol ne délivre pas ses secrets, sachant les rapports de forces en jeu, l'inconscient ne peut pas jouer avec sans (se) faire mal .
Alors , qu'en déduire ? modestement , je crois qu'il faut commencer par en prendre conscience, que les hommes, ( sans H) pourront survivre à cette monstruosité , à cette condition . comme une acceptation ...
mais il ne s'agit que de S'accepter .
D'accord, ce sont des poncifs...
espérons que ces radiations nous servent de leçons fondamentale !

Portrait de Anonyme Personne13.04.2011

Il peut sembler excessif de parler de réalités diaboliques dans le cas présent. Et pourtant, il s'agit de cela et rien que cela. Les mains qui veulent s'emparer des secrets de la matière, les cerveaux qui pensent détenir le signifiant et le signifié de l'univers, et donc pouvoir agir tels des démiurges, oublient en chemin les multitudes qui ne peuvent qu'ignorer ces labyrinthes, ces culs de sacs plus exactement, dans lesquels se fourvoient les microcosmes humains qui veulent régenter le macrocosme, à partir d'un extérieur , comme des deus ex-machina. Plan des intentions suspectes d'un esprit distant et expérimental, qui laisse obligatoirement au hasard une part inconnue : c'est tout à fait "dieu" , inversé . Le scientifique, ou l'artiste, ou le politique qui bidouille ou manipule soit la matière, soit les psychés, sans re-connaissance ou gratitude vis à vis du donneur des plans, est un pantin entre ses mains, et forcément , est voué à l'échec, malgré les puissances effectives mises en œuvre. La carte est dans tous les cas incomplète dès lors que des hommes en sont exclus .
et l'on voit bien , à tous niveaux de nos sociétés, les déséquilibres, et les déséquilibrés qui cherchent sans cesse à compenser les manques;
et ce qui manque , n'est jamais que de soi .
Passerions-nous à cause d'une lecture, à côté de nous-mêmes ?
Se peut-il que les maux emportent notre humanité ?
Ce serait oublier l'inversion ou la conversion possible du mal en bien.
La puissance incluse dans la matière révèle une certaine science antérieure à celle-ci, comme une présence au sein des soleils.
je sais, c'est un peu dingue....

Portrait de Anonyme sp12.04.2011

vouais, avant de parler de Aton, il eut été sage de dire que ce fut une colère de Gaiia.

"14 % de l'électricité mondiale », nous apprend Wikipédia" si wiki devient une base de donnée "scientifique" on peut raisonnablement douter de votre comparatif.

Et voire les BD écrites sur des temples comme des fanzines de l'époque qui permettaient d'assujettir un peuple au bon vouloir de sa propre ignorance.

Qu'il y en ai un ou plusieurs, nous sommes toujours dans la domination par la croyance et non devant celle de la réalité.

Se pose la question de savoir si l'énergie nucléaire doit être une fonction régalienne de l'état.

Portrait de Anonyme Jacques Dupin12.04.2011

Dans le message de l'homme d'affaires William MacDonough tel que je l'ai écrit hier, un mot s'est glissé sous un autre, il fallait lire évidemment :
"Don't get me wrong : I love nuclear energy ! It's just that I PREFER FUSION TO FISSION. And it just do happens that there is an enormous fusion reactor safely banked a few millions miles from us. It delivers more than we could ever use, in just about 8 minutes. And it's wireless ! "
William Mc Donough , Fortune Brainstorm Conference 2006,
en en-tête du "Picked up for you"/ CERN 2007-04

Mais on aurait aussi pu écrire : "C'est seulement que je préfère la fusion au coeur du Soleil à la fusion sur ITER, beaucoup plus difficile et beaucoup plus chère à réaliser que le solaire au sol et sur les toits de nos maisons sur Terre.

Le marché du photovoltaïque augmente exponentiellement, la Chine va prendre le devant sur le Japon et l'Allemagne, tandis que le marché du nucléaire trop cher et trop peu sûr va s'effondrer.
Reste à se débarasser d'une façon ou d'une autre du Dieu Plutonium.......
Jacques Dupin

Portrait de Anonyme Jacques Dupin11.04.2011

Merci Monsieur Michel Alberganti, c'est en l'occurrence le message concis que j'envoie ( carte de vooeux 2007 à l'appui) souvent à mes collègues, à mes amis et à ma famille depuis plusieurs années, m'étant mis à l'énergie solaire depuis 1976 face au monstre surgenerateur Superphénix, mais le votre est beaucoup mieux commenté.
Il me semble cependant important de mentionner aussi que la culture des céréales ( le blé pour l'Egypte ), grâce à la photosynthèse et aux photons du Soleil, est à la base de notre civilisation planétaire, avec un rendement médiocre ( et encore bien pire pour la viande industrielle) mais largement suffisant pour l'alimentation de tous les êtres vivants sur Terre. Le rendement énergétique du solaire, électricité et chaleur, bien supérieur, permettra d'améliorer les activités de l'homme et de la femme sans beaucoup de risques et avec très peu de pollutions partout sur la planète, mon Dieu nucléaire se trouve au coeur du Soleil à 15 millions de degrès, il est insondable.
Grâce à l'électricité photovoltaïque, on peut déjà se déplacer partout en véhicule électrosolaire (il y en aura au moins un au Festival des Sciences de Chamonix début juin, dédié cette années aux transports, et au moins une voiture électrique), voir les "Tour de Sol" en Suisse depuis 1985, et le World Solar Challenge en Australie tous les 2 ans depuis 1987, puis le Solar Impulse dans les airs de Bertrand Piccard, etc
Des prix Becquerel sont décernés régulièrement dans les conférences EUPVSEC ( la 1ère en 1977) avec plus de 4000 participants à Valencia pour la 25ème en septembre 2010 par exemple, 38.000 visiteurs, 863 compagnies) , ainsi que des prix Mouchot (pour le solaire thermique à concentration). C'est le français Alain Liébard/Observ'ER qui a reçu le prix Becquerel à Valencia en septembre 2010.
C'est le français Daniel Lincot qui présidait la 23ème EUPVSEC à Valencia en septembre 2008. C'est le français Alain Ricaud /cythelia.fr qui a construit la 1ère maison à energie largementpositive inaugurée en novembre 2007 en présence de Nathalie Kosciusko-Morizet.
Jacques Dupin, physicien retraité
but
"Don't get me wrong : I love nuclear energy ! It's just that I prefer fusion to fusion. And it just do happens that there is an enormous fusion reactor safely banked a few millions miles from us. It delivers more than we could ever use in just about 8 minutes. And it's wireless ! "
William Mc Donough , Fortune Brainstorm Conference 2006,
en en-tête du "Picked up for you"/ CERN 2007-04

Portrait de Anonyme René Guichardan11.04.2011

Bonjour,

Je ne suis expert ni en énergie, ni en science de l'environnement mais le bon sens me dit qu'il ne faut pas comparer des raisonnements d'ordres mythologiques avec ceux d'ordres scientifiques.
Autrement dit, j'en appelle à la méthode et à l'exposé argumenté des positions.
Sinon, vous vous comportez comme des politiques, n'est-ce pas ? Convaincre sans expliquer en quoi votre solution va résoudre le problème, ni en ayant défini et précisé quel problème exactement vous vouliez résoudre, ni en étayant votre argumentation de solutions qui auraient été satisfaisantes ailleurs. Merci de votre lecture. René Guichardan

Portrait de michel michel11.04.2011

Bonjour,

Votre réaction ne donne l'occasion, ou me contraint, à préciser le but de cet exercice.
Ce billet n'avait pas pour objet "l'exposé argumenté des positions", que vous réclamez à juste titre. Il s'agit là d'une simple tentative de rapprochement, volontairement risqué, entre mythologie et technologie. Les arguments pour ou contre le nucléaire, pour ou contre le solaire, ont été rabâchés sous toutes leurs formes au cours des 30 dernières années. Résultat: près de 80% d'électricité nucléaire en France contre 14% dans le monde. Sans véritable débat, il faut le noter.
Si j'invoque une certaine forme de sagesse qui peut se glisser au sein des croyances religieuses, c'est un peu par désespoir. Si la rationalité n'est pas en mesure de trancher le débat, il ne reste que l'irrationalité qui, reconnaissez-le, nous a légué les preuves de son efficacité, des pyramides aux cathédrales...

Aujourd’hui, le rationnel nous a, lui, légué 58 réacteurs nucléaires et l'un des plus faibles taux d'utilisation de l'énergie solaire dans les pays développés. Alors, comment traiter les questions que pose, entre autres raisons de s'interroger, la catastrophe de Fukushima? La messe est-elle dite? A quels saints se vouer pour espérer autre chose que la course au nucléaire?

Dans ce domaine, les discours officiels sont particulièrement lénifiants. En apparence, la France investit dans les énergies renouvelables... depuis 30 ans. En réalité, il manque une décision politique forte: sortir du nucléaire d'ici 50 ans me paraîtrait la meilleure.

Nous reviendrons, d'ici l'été dans Science Publique, sur les perspectives "argumentées" offertes par le solaire. D'ici là, prions...

M.A.

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