Fukushima: Des robots mesurent les radiations à l'intérieur de deux réacteurs 1
L'entrée des robots dans le réacteur n°3 ©NHK World
18 avril 2011: L'opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, Tepco, a enfin eu recours à des robots pour mesurer la radioactivité à l'intérieur des réacteurs 1 et 3, dimanche 17 avril 2011. L'opération visait à cartographier les émissions en fonction des zones dans lesquels les liquidateurs ne peuvent pénétrer sans danger de forte irradiation. Pourtant, si Tepco veut tenir le délai de 3 mois, annoncé auusi le 17 avril, pour rétablir un circuit fermé de refroidissement, les ouvriers devront travailler à l'intérieur des bâtiments des 4 réacteurs endommagés.
Les robots ouvrent la porte du bâtiment du réacteur n°3 ©NHK World
Les images fournies par Tepco et diffusées par NHK World montrent les robots en train de pousser la double porte du réacteur N°3. Les modèles utilisés ne sont pas précisés. Mais ils ressemblent aux 510 Packbots envoyés par le constructeur américain iRobot au Japon, comme nous l'avions signalé le 24 mars. Tepco avait, dans un premier temps, refusé les robots d'intervention sur les centrales nucléaires proposés par le CEA Intra. Il les avaient déclarés inadaptés à leurs besoins. Il semble que de nombreux débris jonchent le sol à la suite des explosions.
Les mesures de radioactivité à l'intérieur du réacteur n°3 ©NHK World
Le parcours très court des robots à l'intérieur du réacteur n°3 semble confirmer les difficultés de circulation. On constate que les mesures sont très proches de la porte. Elles montrent de fortes différences: 28 millisieverts/heure tout près de la porte, le double, 57 millisieverts/heure dans une zone très proche. Cette dernière valeur conduit à un temps de présence humaine de moins de 5 heures pour atteindre la limite fixée par les autorités nipponnes: 250 millisieverts, soit 2,5 fois la dose internationale de 100 millisieverts.
Fukushima: Les mesures effectuées dans le réacteur n°1 ©NHK World
Dans le réacteur n°1, les robots ont pu progresser un peu plus loin. Ils ont ainsi déterminé trois zones de radioactivité très différente: 49 millisieverts/heure près de la porte, 20 millisieverts/heure un peu plus loin et 10 millisieverts/heure dans une zone assez vaste encore plus éloignée de la porte. Ces mesures sont intéressantes pour planifier le travail des liquidateurs dans les réacteurs au cours des trois prochains mois et estimer leur temps d'intervention. C'est donc à une nouvelle course contre la montre que va devoir se livrer Tepco.
Fukushima: L'état du réacteur n°3 ©NHK World
Pour les liquidateurs, la nouvelle n'est pas forcément bonne. Ils appartiennent en effet à des soustraitants de Tepco, voire des soustraitants de soustraitants. Leur situation est donc particulièrement précaire, ce qui ne garantit guère leur sécurité. Cette situation souligne à quel point le fait d'avoir laissé à Tepco le soin de réparer la centrale met en danger la vie des liquidateurs.
M.A.
Mise à jour du 20 avril 2011:
Comme on pouvait le craindre, les conditions environnementales, à l'intérieur des bâtiments des réacteurs donnent des difficultés aux robots américains utilisés par Tepco. Comme nous le soupçonnions, il s'agit bien des modèles 510 Packbots envoyés par le constructeur américain iRobot. Lors de leur entrée dans le réacteur n°2, leur caméra a été instantanément obscurcie par la buée engendrée par un degré d'humidité très élevé. La vapeur proviendrait de la partie endommangée de l'enceinte de confinement du réacteur, ce qui rendrair la vapeur hautement radioactive. Tepco confime que les robots qui sont entrés dans le réacteur n°3 par la porte sud ont été rapidement bloqués par les débris. Tepco envisage le recours à d'autres robots capables de soulever des charges jusqu'à 100 kg pour dégager le passage. Dans le réacteurs n°1, ils auraient parcouru 40 mètres le long du mur nord.
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Thème(s): Sciences| Industrie| Environnement







1 commentaire
Merci d'être un des seuls à prendre un peu de recul politique sur ce sujet.
Je trouve effectivement scandaleux tant d'un point de vue moral que du danger que cela fait courir à des milliers de gens que des irresponsables comme Tepco n'aient pas été mis sous tutelle d'une autorité qui serait pilotée par autre chose que l'avidité et le manque de scrupules dont Tepco a fait montre avant, pendant et après cette catastrophe.
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