Nucléaire: Divorce à l'allemande 0
31 mai 2011 - La décision du gouvernement allemand de sortir du nucléaire d'ici 2022 met la France dans une position, pour le moins, embarrassante. Voilà donc la première puissance industrielle, notre voisine et partenaire essentielle au cœur de l'Union Européenne, le fameux axe franco-allemand, qui prend une direction diamétralement opposée à la notre en matière d'énergie. La réaction du ministre de l'industrie, Éric Besson, traduit la rigidité de l'attitude française vis à vis du nucléaire. Pour la France, pas l'ombre d'un doute, pas de place pour le moindre débat. Dans son interview publiée par Libération le 31 mai, il aligne les arguments: "pas de moratoire sur la construction du réacteur EPR, le plus sûr du monde, la filière nucléaire est un atout industriel majeur pour la France, même le Japon n'a nullement l'intention d'arrêter ses centrales"... Pas un mot sur les positions de la Suisse, de l'Autriche ou de l'Italie.
Cette situation révèle d'abord la totale incapacité de l'Europe, une fois de plus, à forger une position commune, même sur un sujet aussi important que la politique énergétique. Pourtant, il existe de nombreux liens entre les pays de l'Union en la matière à travers les exportations et les importations d'énergie électrique. Il existe également un objectif partagé par l'ensemble de nations les plus développées: réduire la production de gaz à effet de serre pour diminuer le réchauffement planétaire. Il pourrait également exister de considérables enjeux économiques autour de la création d'une filière européenne de fabrication d'équipements d'exploitation des énergies renouvelables: solaire, éolien, géothermique, hydrogène...
La France choisit pourtant de s'arcbouter sur son parc nucléaire vieillissant comme si elle était devenue incapable de cette audace qui présidé à sa construction, à partir des années 1960. A l'époque, l’État était capable de prendre des risques en se lançant dans une filière délicate mais qui était celle de la modernité d'alors. Trois catastrophes nucléaires plus tard (Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima), et malgré des questions pendantes cruciales comme le démantèlement des centrales et la gestion des déchets, la France persiste dans une énergie qui a largement fait la preuve de son échec. Le fait qu'elle dépende de cette dernière à près de 80% pour la production de son électricité peut s'interpréter de deux façons différentes: soit comme une difficulté insurmontable, soit comme l'urgence de commencer le plus vite possible à préparer la sortie du nucléaire tant le chemin à parcourir sera plus long que pour les autres pays.
Qu'en Europe, l'Angleterre, la république Tchèque ou la Bulgarie restent fidèles au nucléaire, comme le souligne Eric Besson, que la Chine prévoit un grand nombre de construction de centrales ou que les États-Unis n'envisage pas de se désengager ne sont pas des arguments convaincants. En effet, la part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité ne dépassait pas 13,8% en 2009. En matière d'énergie primaire, cette part n'est que de 5,5%. En un demi siècle, l'atome n'a donc pas réussi à s'imposer comme une ressource vitale. Il a, en revanche, démontré qu'il soulève des problèmes considérables lorsqu'un accident se produit et que ses effets collatéraux (démantèlement et déchets) n'ont pas été résolus avec des solutions convaincantes.
Dans ce contexte, s'obstiner dans la voie du nucléaire dénote l'incapacité de la France à se projeter dans l'avenir, à inventer le futur au lieu de vénérer le passé. Pays d'ingénieurs, nous sommes en droit d'attendre d'autres perspectives, un autre élan pour affronter les défis du 21ème siècle à un moment où la jeunesse manque terriblement d'enthousiasme et de confiance.
M.A.
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Sur France Culture:
Nucléaire : la divergence franco-allemande
Plus d'énergie nucléaire en Allemagne à l'horizon 2022. Berlin a annoncé ce lundi sa décision de fermer progressivement ses 17 réacteurs. Décision "irréversible" assure le ministre allemand de l'Environnement et un virage complet de la part d'Angela Merkel. En France, cette décision a évidemment fait beaucoup de bruit. "Ce n'est pas notre choix", a déclaré François Fillon.
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30.05.2011 - Journal de 12h30
Le gouvernement allemand annonce l'abandon du nucléaire en 2022 20 minutes

Un virage radical, trois mois après la catastrophe de Fukushima, alors que l'atome fournit 22% de l'électricité allemande, contre 17% pour les énergies éolienne, solaire et hydroélectrique. Par quoi le remplacer ? Écoutez les précisions de Lise Jolly, en direct de Berlin.
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01.04.2011 - Science publique
Après Fukushima, faut-il amorcer une sortie du nucléaire en France ? 60 minutes


Cette dernière catastrophe en date sera-t-elle considérée comme un regrettable accident d’une centrale trop âgée, de conception dépassée et construite dans une zone trop dangereuse ? Ou bien servira-t-elle de déclencheur à une prise de conscience mondiale de la dangerosité inhérente aux centrales nucléaires qui exploitent près de 450 réacteurs dans 31 pays dans le monde produisant près de ...
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"Apocalypse" au Japon
Le dossier de franceculture.com sur Fukushima et ses conséquences.
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