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[Globe] Hotspots et régions sauvages de biodiversité dans le monde 4

 

Toute cette semaine sur France culture, les émissions de sciences, tous les jours à 14h, évoquent ensemble la biodiversité. L’année internationale consacrée au sujet nous en fournit le prétexte. Cette notion est devenu un objet pluridisciplinaire. Elle est même devenue un sujet politique. Planète terre avait précédemment évoqué les plantes invasives (1/4/2009), et la biodiversité dans les forêts tempérées (9/9/09), avec des invités venus de l’écologie scientifique (Wilfried Thuiller, Bruno Corbara) et de la géographie (Hervé Brédif).

 

Depuis une petite quinzaine d’années, la géographie et les géographes ont mis leur grain de sel dans la compréhension de la biodiversité. On parle maintenant de biogéographie. Un champ de recherche que les biogéographes ont profondèment redynamisé avec le concours des écologues. Pierre Pech, ou Paul Arnould, géographe environnementaliste et biogéographe en sont l'exemple. Les Annales de géographie y ont consacré un numéro entier : Annales de géographie n°651, 2006, "les territoires de la biodiviersité". C’est Laurent Simon qui avait dirigé cette publication. J’ai aussi utilisé sa double page « biodiversité » de l’Atlas des développements durables, Autrement, 2008. L. Simon et P. Arnould ont écrit ensemble un ouvrage de type manuel fort utile : Géographie de l'environnement, Belin, 2007 (chap 3 sur la biodiversité). Pierre Pech fut longtemps géomorphologue, spécialiste des alpes (Invité à ce titre d'un Planète Terre consacré aux mystères des alpes)

 

Les biogéographes s’intéressent en particulier aux différentes échelles de la biodiversité : « de la cellule aux paysages », comme dit Pierre Pech. L’habitat des espèces et des différentes formes de vie, leurs articulations entre elles, c’est ce qu’ils étudient. La biodiversité fait espace avec l’appréhension des habitats "naturels". De façon plus connue encore, elle fait espace en raison de l’acuité sociale et politique de la conservation. Pas de réserve, ni de parc, ni de conservation sans bornage de territoire. La délimitation des territoires de conservation devient un débat récurrent dans la sphère publique. Que s’agit-il de conserver ? Pourquoi ? Pour qui ? C'est un des enjeux des hotspots.


Les hotspots, ces territoires de la diversité biologique rare et en danger sont souvent, mais pas seulement, des territoires insulaires. L’histoire de la planète terre les a isolé depuis bien longtemps. N. Meyers, écologue britannique, a forgé cette notion à la fin des années 1980. Elle s'inscrit plus largement dans les travaux d'Edward O. Wilson, grande figure contemporaine des études sur la biodiversité et connu pour son diagnostic sur la 6° extinction qui serait en cours en raison de l'action anthropique ( cf La diversité de la vie, O. Jacob, 1993).  Les travaux de Norman Myers ont servi de base aux programmes de l’ONU et à leur carte du monde des hotspots.


L’émission du mercredi 19 commencera probablement par une évocation de cette carte : où sont les hotspots ? Pourquoi sont ils localisés là ? Ont-ils tous la même signification, les mêmes caractères ?

 

 

Frédéric Médail est écologue, professeur d’écologie et de biogéographie. C’est à lui que je m’adresserai en premier lieu pour connaître les évolutions des définitions de la biodiversité et des hotspots. Sans doute pourra-t-il également apporter un éclairage sur les Régions sauvages de la biodiversité. Convient il de les opposer aux hotspots ? Ce ne sont pas pour autant des cold spots (c'est-à-dire des régions de supposée basse biodiversité, comme la taïga, par ex.). Sont-ce des régions faiblement anthropisées ? Pour Russel A. Mitermeier et ses collègues, une telle région doit contenir au moins 1500 espèces de plantes vasculaires endémiques et avoir maintenu 70% ou plus de son habitat originel. Regards sur la terre 2008, dossier biodiversité, Presses de Sciences Po, 2007 propose un encadré rédigé par cet auteur et une carte (p.132). Celle ci est réalisée d’après une carte de Biodiversity Hotspots.

 

J’en reviens à Frédéric Médail. Il a écrit, avec un collègue, un petit ouvrage aux éditions Le Pommier, dans la collection « petites pommes du savoir » : peut-on préserver la biodiversité (2006), avec Bruno Fady. Il s’est beaucoup intéressé aux échelles de temps de la biodiversité, particulièrement en Méditeranée. Il s’attache, par exemple, à reconstituer l’état ancien de la biodiversité sur l’emplacement de l’actuel Sahara. Il a contribué au numéro des Annales de géographie sus mentionné : avec K. Diadema, "biodiversité végétale méditerranéenne et anthropisation : approches macro et micro-régionales".

 J’ai lu également article de F Médail sur les hotspots de biodiversité, un outil pour la conservation de la flore méditerranéenne, à lire dans Conservacion vegetal, 13: 23-25.

 


Vous le savez peut être, à la fin de cette semaine, le Museum national d’Histoire naturelle organise sa fête de la nature. L’occasion pour les émissions de Sciences de France culture de faire du week-end un pont vers une seconde semaine de la biodiversité (et de la nature !), qui continuera d’être dans vos émissions de sciences favorites la semaine du 24 mai. Profitez en : samedi 23 après midi, Stéphane Deligeorges enregistre en public dans la grande gallerie de l'évolution son émission Continent Sciences diffusée le lundi 24. Et Michel Alberghanti fait de même dans la foulée pour son Sciences publiques difusée le vendredi 28. Pour sa part, Planète terre recevra Bernard Barbault, écologue et Sophie Moreau, géographe, le mercredi 26, en direct du studio 167 de la Maison de la radio. R. Barbault dirige le département d’écologie et de gestion de la biodiversité du Museum ; il a écrit Un éléphant dans un jeu de quille (l’homme dans la biodiversité), Seuil, 2006. Sophie Moreau a en particulier étudié les relations qu’entretiennent les paysans de Madagascar à la biodiversité. Titre de l’émission : conserver la nature a-t-il un sens ?

Bonne(s) écoute(s) !


Deux liens supplémentaires :

Le site de L'UICN, Union internationale pour la conservation de la nature, qui aide le monde à trouver des solutions pragmatiques aux défis de l’environnement et du développement les plus pressants

Le programme MAB - Man and Biodiversity - de l'ONU en faveur de la biodiversité

 

Deux cartes de la méditerranée, fournies par Frédéric Médail, pour mieux identifier les niches de biodiversité :

 

 

 

Carte du hotspot méditerranéen Médail Frédéric©Médail Frédéric

 

Carte 1 : Localisation des points-chaud (hotspots) régionaux de biodiversité végétale de la région méditerranéenne (d'après Médail & Quézel, 1997)

 

 

 

 

ocalisation des zones refuges majeures de végétaux en région méditerranéenne Médail Frédéric ©Médail Frédéric

Carte 2 : localisation des zones refuges majeures de végétaux, identifiées par les études génétiques en région méditerranéenne (d'après Médail & Diadema, 2009)

 

 

 

Thème(s): Sciences| Biologie| Ecologie| Géographie| Nature

4 commentaires

Portrait de Sylvain Kahn Sylvain Kahn24.05.2010

Bonjour Malick, avec Pierre Pech et Frédéric Médail, sans doute sommes nous passés un peu vite sur la question que vous soulevez à l'antenne, et que j'évoque ici sur Globe. Nous y reviendrons mercredi 27 mai à 14h, avec Robert Barbault et Sophie Moreau, dans l'émission intitulée "convient il de conserver la nautre?". Merci bien pour le lien vers la carte des hotspots dans le monde. Bien à vous, Sylvain Kahn

ps: pour la géographie, Planète terre est en direct tous les mercredi à 14h., puis en ligne et en podcast.

Portrait de Anonyme malick21.05.2010

(Trop) rare émission de géographie, mais j'ai peiné à comprendre, après le constat et le recensement, pourquoi on trouve ces "points chauds" de biodiversité identifiés (facteurs de localisation)?

Manque peut-être une carte également (!) :
http://www.biodiversityhotspots.org/xp/hotspots/Documents/cihotspotmap.pdf

malick

Portrait de capde capde20.05.2010

Tapez ici vos commentaires

Mais on ne peut pas potcaster cette émission??????? merci.

Portrait de Sylvain Kahn Sylvain Kahn25.05.2010

Bonjour, là, vous êtes sur Globe, le blog de l'émission Planète Terre. Chaque émission de Planète terre peut être podcastée durant la semaine qui suit sa diffusion, les mercredis à 14h., en direct. Vous pouvez aussi les écouter en ligne pendant quatre semaines. Bien à vous, SK

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