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Victoire de François Hollande : la carte que vous n'avez pas vue ! 14

 

En exclusivité dans Globe, Joachim Timotéo et François Sémécurbe, cartographes à l'Insee (notamment de la densité en 2006), proposent une alternative aux cartes départementales ET aux cartes par anamorphoses. Ils utilisent la méthode du lissage communal. Il s'agit ici aussi de s'affranchir du biais départemental que Globe avait pointé dans son billet du 6 mai comparant plusieurs cartes électorales :  "Election 2012 dans la presse : les biais des cartes du vote". La méthode de Joachim Timotéo et de François Sémécurbe présente aussi l'avantage de préserver le fond de carte de toute déformation. Ces cartes sont, selon eux, tout aussi pertinentes que les cartogrammes, mais plus lisibles. À vous de juger.

 

Vous pouvez prolonger votre visualisation, le débat et votre réflexion sur la page de l'émission du 25 avril 2012. "France 2012 : géographie d'un vote". Rémy Knafou, Françoise Plet, Jacques Lévy débattent avec les internautes-auditeurs.

À lire sur Globe :

- le billet du 11 mai 2012 "la carte inédite du vote blanc : la troisième France !"

- le billet du 21 mars 2012 "la France est morte. Vive la France ! (de la carte au cartogramme)

- Sur le billet   "France est morte. Vive la France ! (la série géographique d'inventaire avant élection)" retrouvez tous les billets de Globe et toutes les émissions de Planète Terre consacrés à la présidentielle et à la France de 2012.

 

Le lissage communal : explications

 

« Les cartes sont le résultat d'un lissage communal. Le lissage consiste à s'affranchir des limites communales et à réduire les irrégularités pour conserver uniquement l'information pertinente. Le lissage est obtenu en répartissant l'information des communes dans des cercles centrés sur leur chef-lieu et de rayon fixe choisi par le cartographe.

Le cartographe choisit le rayon en fonction de la précision qu'il souhaite afficher sur sa carte. Plus le rayon est important est plus la carte sera lissée au contraire un faible rayon de lissage conservera les rugosités. Le choix du rayon de lissage permet de faire un arbitrage entre le bruit aléatoire et les effets structurels géographiques. Pour les deux cartes le rayon de lissage est 20km. »

(Joachim Timotéo et François Sémécurbe)

 

La densité du solde des votes Hollande-Sarkozy

 

"La carte de densité du solde des votants Hollande-Sarkozy représente le nombre de votes en faveur d’Hollande par km2. Elle est calculée en lissant par commune la variable : les votes en faveur de François Hollande moins les votes pour N. Sarkozy."

(Joachim Timotéo et François Sémécurbe)

 

la densité du solde des votes Hollande-Sarkozy ©Joachim Timoteo ; François Sémécurbe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

légende : la densité du solde des votes Hollande-Sarkozy ©Joachim Timoteo ; François Sémécurbe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La part des suffrages exprimés pour le candidat Hollande

 

"La carte de la part des suffrages exprimés pour le vote Hollande est calculée en lissant d’un côté les votes pour Hollande et de l’autre les votes exprimés. Le ratio des deux variables est ensuite calculé géographiquement."

(Joachim Timotéo et François Sémécurbe)

 

part des suffrages exprimés pour le candidat Hollande ©Joachim Timoteo ; François Sémécurbe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

légende : part des suffrages exprimés pour le candidat Hollande ©Joachim Timoteo ; François Sémécurbe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion : "une élection se gagne dans les grandes villes"

 

"La carte de la part des suffrages exprimés pour le candidat Hollande est une mauvaise carte qui en ne tenant pas compte des densités de population sur-représentent les phénomènes électoraux extrêmes. En revanche, la carte de la densité du solde des votes Hollande-Sarkozy est beaucoup plus neutre et ne produit pas d'artefact de lecture. Elle démontre un phénomène tautologique : une élection se gagne dans les grandes villes où se trouve majoritairement la population"

(Joachim Timotéo et François Sémécurbe)

 

>>>  Découvrez le dossier spécial présidentielle de franceculture.fr

et

"Carte inédite du vote blanc au second tour : la troisième France".

"Election 2012 dans la presse : les biais des cartes du vote". 

 

Thème(s): Sciences| Election| France| Géographie| Inventaire avant élections| Politique| François Hollande

14 commentaires

Portrait de sebastien rome sebastien rome18.05.2012

@Sylvain Kahn (réponse au message du 11.05.2012)

Merci d'avoir été plus précis que je ne l'ai été. Je partage totalement vos nuances, et pour cause, je vous lis (sur le blog) et vous écoute (et vos invités bien sûr) ; j'ajoute que je vis et j'observe dans cet espace improprement appelé "péri-urbain" (Lodève dans l'Hérault). Ce vote avec les pieds ou l'habitation confirmerait plutôt ce modèle de diffusion : d'une part, un centre (des centres), lieu(s) de l'innovation et d'autre part des périphéries où la réaction à l'innovation est repoussée (se repousse) à la marge.

Portrait de Anonyme J. Timotéo12.05.2012

Il est difficile de parler de vote rural. Plus de 77% de la population française habite dans une ville. C'est pourquoi il faut prendre en compte la densité de population dans l'illustration de la géographie du vote.
De plus, les déterminants du vote sont multiples (catégorie sociale, revenu, âge, génération, vote des parents, etc.) Il est difficile de les hiérarchiser. Le vote de ses voisins est également non négligeable. C'est ce qui s'appelle l'auto corrélation spatiale. En la matière, "Qui se ressemble s'assemble" est un adage approprié.

Portrait de Anonyme darmuzey12.05.2012

La géo., c'est bon !

Portrait de Anonyme adelannoy12.05.2012

Cette élection s'est gagnée pour Hollande dans les grandes villes. Mais, en 2005, le référendum avait été gagné par les campagnes contre les villes. Hollande a réussi à moins mal motiver les villes que Sarkozy la province. plus les années passent, plus le divorce entre citadins et ruraux s'accentue, le pire étant incarné par la capitale dont les scrutins montrent de plus en plus qu'elle n'est pas dans le pays ! La 1ère carte est en ce sens saisissante où Paris apparait comme une étrangère tache rouge.

Portrait de Sylvain Kahn Sylvain Kahn12.05.2012

@adelannoy, la surface sur la carte est proportionelle au nombre d'habitants, d'où votre impression. Ce qui vous parait une "étrangeté" reflète en fait une réalité démographique : le poids démographique de la métropole parisienne. Que pensez vous de la carte publiée le 9 mai ? Avec la technique du lissage communal, elle propose un autre effet visuel pour rendre compte du même phénomène. Ceci étant, ces "yeux" rouges se constatent dans de nombreuses autres grandes villes du territoire français. Quant au périurbain ('périurbain' ou "rural"?), dans le détail, on y vote néanmoins de façon différenciée. Cdt, SK

Portrait de Anonyme Sylvain Kahn11.05.2012

Message de Mathieu Ferradou : "Le laboratoire ESO au Mans propose également ses cartes (par commune avec lissage): http://eso-gregum.univ-lemans.fr/spip.php?article178"
Elles étaient attendues depuis le premier tour. Merci pour cette excellente nouvelle :-) SK

Portrait de Anonyme Anonyme11.05.2012

J'habite Strasbourg. L’Alsace est très portée à droite notamment car les Alsaciens sont riches (ou se croient riches) par rapport aux autres départements/région.
-> réflexe de base de droite : on veut pas payer pour les autres.

Portrait de Anonyme Vince11.05.2012

Très très intéressant. Il serait intéressant d'appliquer cette méthode également aux votes du premier tour. Notamment aux votes front national,et Mélenchon. Il semblerait que cette révolution révèle un double phénomène d'exclusion sociale, par le logement et l'accès aux institutions d'intégration.
La où la ville et le village se construisaient autour d'un centre vivant. La ville est devenue le centre où il y a tout rejetant ses populations dans les banlieues et zones rurbaines , les laissant se désintégrer et se radicaliser.
V

Portrait de Sylvain Kahn Sylvain Kahn11.05.2012

@ Vince, Pour étayer vos intuitions, vous trouverez sur la page de l'émission France 2012 : géographie d'un vote des cartes par anamorphoses du vote MLP du 1er tour, mises en débat et en perspective par Jacques Lévy, François Plet, Rémy Knafou, Annie Collowald, Violaine Girard et les internautes-auditeurs. Le billet "Logement : poudre aux yeux et de perlimpinpin", sur Globe, confronte les programmes "logement" des candidats aux analyses des chercheurs en sciences sociales. Enfin, j'ai le projet de consacrer prochainement, en juin, une émission de Planète terre à cette question des votes péri urbains. D'ores et déjà, elle a été évoqué dans les émissions récentes de Planète terre "France : des centres et des périphéries partout" (4 avril 2012) ; "les programmes de campagne au crible de la géographie" (11 avril 2012). Vous pouvez écouter ces émissions en ligne à partir de leur page durant 500 jours. Dernière suggestion : l'émission de Planète terre avec Marc Dumont (19 janvier 2011) et le billet "ne dites plus péri urbain" sur Globe (19 janvier 2011) proposent une approche critique de cette notion et un aperçu assez large de l'état de la question, avec de nombreux liens vers des articles, et des photos commentées. Bonne lecture et bonne écoute, et merci de vos encouragements. SK

Portrait de Anonyme marc kerckhove10.05.2012

Dans le Pas de Calais ,les élections se gagnent avec démagogie et népotisme.
Comment lutter contre un maire (ici socialiste) qui, élu depuis 27 ans, construit des logements sociaux à la brouette et les distribue à la "carte" ?

Portrait de Anonyme Pierrot10.05.2012

Très intéressant. Le contraste entre est et l'ouest est impressionnant.

Portrait de Anonyme PP.P.10.05.2012

Arigato

Portrait de sebastien rome sebastien rome09.05.2012

Cela m'évoque aussi l'idée reprise par Emmanuel Todd, qu'il tient du développement linguistique. Il y a dans un centre (des centres) une innovation, une idée nouvelle, qui se répand vers la marge. La vote Fn des zones péri-urbaines n'est-il pas la radicalisation d'une "résistance" au phénomène d'urbanisation de toute la société ?

Portrait de Sylvain Kahn Sylvain Kahn11.05.2012

@ sebastien rome, "résistance"ou réaction? ... pas tant à l'urbanisation qu'à une certaine représentation de l'urbanité. En effet, le mode de vie en territoire péri urbain est urbain; une part importante, certes variable, des habitants en péri urbain viennent des villes centres. Ils ont effectué cette mobilité pour s'éloigner de certains aspects de la vie urbaine qui ne leur conviennent pas ; à la recherche de prix fonciers abordables pour agrandir leur logement et/ou devenir propriétaire... Le péri urbain et le vote péri urbain sont divers : "anneaux des seigneurs" (Hervé Le Bras et Jacques Lévy, à lire et à écouter sur la page de Planète terre du 25 avril), lotissements pavillonaires situés dans une couronne éloignée de 30 à 60 km du centre ville de la ville centre ; villages en campagne ré investis par des habitants de banlieues et des citadins ; territoires "hypo urbain" traditionnellement agricoles. Pour Eric Charmes ("La ville émiettée") ou Violaine Girard, par exemple, le péri urbain est pluriel. Pour cette dernière, il témoignerait davantage d'une transformation des classes populaires et modestes que d'une relégation. Pour Christophe Guilluy, par exemple, le péri urbain signalerait la territorialisation de la nouvelle question sociale : les français menacés de déclassement ou d'apauvrissement s'y trouveraient sur représentés; les français (ceux là, ou d'autres dont la situation économique et sociale n'est ni défavorable ni précaire)  qui seraient victimes "d'insécurité culturelle" également (j'ai critiqué l'emploi de ce mot dans un billet intitulé " 'insécurité identitaire' et 'insécurité culturelle' : de quoi ces mots sont ils le nom?"). Pour Jacques Lévy ou Michel Lussault, par exemple, les péri urbains auraient pour caractéristiques communes la recherche de l'entre soi, par éloignement de la ville centre, historiquement diverse, socialement et culturellement. J Lévy et H Lebras considèrent que "les villes résistent à Marine Le Pen" (page Planète terre du 25 avril).  Pour Marc Dumont, par exemple, il conviendrait de distinguer les territoires périurbains en fonction de leur accessibilité, de leur degré de mise en relation (en infrastructures et en temps) avec les métropoles. Ce qui fait d'ailleurs dire à certains, dont Marc Dumont, qu'il conviendrait de laisser tomber le mot péri urbanisation, et de lui préférer, avec François Ascher, le terme de métropolisation de l'espace français et la notion de périphéries urbaines (cf ma réponse à Vince un peu plus haut dans l'espace 'commentaires'). D'autres, comme Gérard-François Dumont, reprochent à ces analyses de faire comme si la ruralité n'existait plus (il en parle dans l'émission Planète terre du 11 avril 2012). Cordialement, SK

 

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