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Université et recherche : en attendant le changement. 2

 

Quelle autonomie ? 


C'est l'un des problème de la LRU (loi instaurant l'autonomie des universités sous N. Sarkozy) : tel le carrosse de Cendrillon en citrouille, la LRU a transformé du jour au lendemain des enseignants-chercheurs Présidents et VP d'universités en cadres dirigeants de sociétés. Ils ne sont bien sûr pas élus sur leur goût pour le management, auquel ils sont d'ailleurs bien peu formés ; et ils ne peuvent s'appuyer sur un 'staff' correspondant. Cette inadéquation douloureuse a été rendue visible dans l'espace médiatique par la lettre des 14 présidents d'universités demandant à la Ministre de reprendre en direct la GRH et la paye de tous leurs personnels.   Circonstance aggravante : l'Etat a profité de cette autonomie de gestion pour diminuer ses dotations budgétaires.    Moralité : l'effet pervers de l'autonomie version Valérie Pécresse (ministre du secteur sous le quinquenat précédent) , c'est la casse des universités non accompagnées dans la mise en oeuvre de l'autonomie ('aide toi le ciel t'aidera, si tu dévisses, tant pis pour toi').

L'autonomie est aussi au programme du PS depuis 2002. Le Gouvernement va-t-il montrer sa différence? Va-t-on enfin voir ce qu'est l'autonomie des universités version de gauche? C'est comme pour l'excellence : va-ton enfin voir la version de gauche, ou pas? (cf 'universités : la carte et le territoire' ma chronique 'les idées claires' sur FC du lundi 26.11 quand Geneviève Fioraso, actuelle ministre du secteur, était l'invitée des Matins de France Culture). Réponse aux voeux 2013 ?   (enfin, j'espère !!)


Quelle évaluation ?

En France, les enseignants-chercheurs sont confrontés à la pesanteur bureaucratique de l'évaluation et de la réponse aux appels d'offre distribuant le financement de la recherche. L'une et l'autre sont inspirés par le new public management (NPM). Les difficultés similaires au Royaume-Uni et en République Fédérale d'Allemagne indiquent que le NPM est problématique en soi. L'hybridation avec la bureaucratie typiquement française (celle des 'grands organismes de recherche', une quasi exclusivité hexagonale - comme les 'grandes écoles' d'ailleurs) génère cependant une forme problématique propre. Un certain nombre de chercheurs progressistes, ou modernistes, ou sociaux-démocrates, ou réformistes - selon l'angle - font le pari qu'il y a moyen de décliner dans le paysage sup-recherche français des pratiques d'évaluation socialement utiles et professionnellement réussies - à rebours de l'utilisation dite 'libérale' qui met les individus en concurrence, méprise la coopération, met l'intérêt au centre et les Centres (labos) à la périphérie.

Mine de rien, puisqu'il s'agit du secteur public, les impulsions données par le pouvoir politique ont une influence réelle dans la coloration que prend cette culture de l'évaluation - sachant que les chercheurs qui travaillent sur ces questions - Christine Musselin notamment - montrent que l' évolution inspirée par le NPM est une tendance de fond, de moyenne durée, qui concerne tous les systèmes sup-recherche en Europe (même si à partir de dates différentes depuis le milieu des années 60).

 Les mêmes effets pervers de cette culture de l'évaluation déclinée dans le monde de la recherche et de la science se manifestent donc aussi au Royaume-Uni et en Allemagne. Dit autrement, le CNRS n'est pas directement à l'origine de la déclinaison de celle-ci en France. Il était même contre. Elle a été introduite par le pouvoir politique. Sous une première forme par C. Allègre, notamment avec les bienvenues convergence des statuts et des activités de chercheurs et d'universitaires, et rapprochement à grand pas du Cnrs et des universités - presque tous les labos sont aujourd'hui des Unités mixtes de recherche (UMR), Fac-Cnrs (ou autre : IRD, Inra, Inserm,...) ; et presque tous les universitaires et les chercheurs sont des 'ensignants-chercheurs'.

Puis, sous une forme beaucoup plus déstructurante, par les quinquennats Chirac et Sarkozy, pour déstabiliser le Cnrs, précisément. La fondation de l'AERES (Agence d'évaluation de l'enseignement supérieur et de la recherche) a été légitimée par un discours très virulent de NS contre les chercheurs et les organismes de recherche (voeux de 2008).

Les difficultés actuelles viennent paradoxalement de la fécondation de la bureaucratie par le NPM, alors que le second était censé transformer la première.   Dit autrement, l’administration de la recherche à l'ancienne s'est trouvée en charge de mettre en oeuvre l'administration de la recherche new style. ça donne en France une hybridation assez piquante ! Plus généralement, les fragilités communes à la France, au RU et à la RFA tiennent en deux mot : la mise en concurrence des individus (les chercheurs) et la marginalisation des institutions (équipes, laboratoires). C'est ce qu'indiquent à leur façon ceux des enseignants-chercheurs et des directeurs d'Umr lorsqu'ils disent : ayons une position plus équilibrée entre les financements pérennes (récurrents) et les financements sur projet (ponctuels à durée déterminée). Le directeur de l'ENS, par exemple, parvient à cette conclusion en regardant les résultats scientifiques (cf ses propos dans les Matins de Marc Voinchet).

On y arrive également par l'angle de la sociologie des organisations et du marché du travail scientifique et universitaire. Il n' y a pas de suicides chez les chercheurs, mais l'esprit de cette culture de l'évaluation, est, toute chose égale par ailleurs, du même type de dureté que les transformations à marche forcée dans les Télécoms. Et c'est bien ce nouveau Totem de l'évaluation et du classement qui génère l'essentiel des pratiques paperassières et des activités non scientifiques regrettées à l'antenne tant par Brice Couturier que par l'invité de Marc Voinchet. Leur fer de lance est l'AERES ; or les agents de l'AERES sont des enseignants-chercheurs, qui se retrouvent successivement en position d'évaluer leurs pairs, et d'être évalués par eux ! Son pilote est le pouvoir politique. S'il a renforcé et généralisé l'évaluation au sein de l'université et de la recherche, c'était pour pallier les effets pervers du métier de chercheur non évalué et logeant à la même enseigne tous les chercheurs quelle que soit l' activité réelle et les résultats scientifiques. Comment pratiquer l'évaluation systématique, en faire une clé de voûte du système, sans les effets pervers dénoncés plus haut ? C'est devenu la nouvelle question du management de la recherche. il se dit que le gouvernement actuel envisagerait de supprimer l'AERES, fort décriée. Un certain nombre de chercheurs et de directeurs de labo pensent au contraire qu'il est possible de réformer intelligemment l'AERES et ses pratiques, pour avoir une culture de l'évaluation de la recherche sans effets pervers. Quelle sera la réponse hollandiste?? Réponse, là aussi, aux voeux 2013 ?

 

Ci dessous, les documents que j'ai consultés avant ma chronique 'Université : la carte et le territoire' ('Idées claires' du lundi 26.11.12).


http://multimedia.enseignementsup-recherche.gouv.fr/info_ressources/evaluation_et_statistiques/atlas_2010-2011/index.html#/1/zoomed


http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid25460/investissements-d-avenir-par-region.html


http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid59334/localisation-des-projets-investissements-d-avenir-labex-vague-2.html


http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/03/universit%C3%A9-et-recherche-les-propositions-de-fran%C3%A7ois-hollande.html


http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-essais/2012-2017-quel-avenir-pour-l-enseignement-superieur-et-la-recherche

multimedia.enseignementsup-rec herche.gouv.fr

Beaucoup d'autres liens à lire, écouter , voir sur la page de l'émission Planète terre du mercredi 19.12.12 consacrée à : Y'a-t-il une guerre du savoir à l'échelle mondiale?

Thème(s): Sciences| Recherche| autonomie des universités

2 commentaires

Portrait de Anonyme LE COADIC28.01.2013

Évaluer pour évoluer
Dans le mot évaluation, on trouve essentiellement l'ancien français "value" (et le même mot en anglais) qui s'exprimerait actuellement de deux façons: par appréciation, estimation (ces termes suggèrent le caractère à la fois subjectif et relatif de l'exercice) ou par calcul (on met en évidence cette fois la détermination d'une quantité par le calcul mais sans recourir à la mesure directe).

Appréciation, estimation du travail d’un enseignant par ses pairs, son directeur, son principal, son proviseur, son président d’une part et d’autre part par ses élèves, ses étudiants, ses disciples, quoi de plus compréhensible ! Pour l’intéressé, l’évaluation doit être un outil pour améliorer la qualité de son enseignement. C’est une aide pour enrichir ses compétences et faire évoluer ses pratiques pédagogiques et ses pratiques communicationnelles. Mais outre la blessure narcissique qui peut être ressentie par celui ou celle qui est évalué(e), le caractère à la fois subjectif et relatif de l’exercice est un inconvénient que la pluralité des regards évaluateurs peut améliorer. Il en est de même de l’appréciation et de l’estimation du travail d’un chercheur par ses pairs et par les responsables de son organisme.

Pourquoi alors en France, ces évaluations des enseignants et des chercheurs (1) par leurs pairs, leurs responsables, leurs élèves, leurs étudiants, leurs disciples sont-elles refusées ? Parce qu’il n’y a pas en France de culture de l’évaluation mais une culture de l’inspection !

Inspecter, un acte fondateur du système éducatif français.

Dans la logique des traditions impériale, absolutiste puis républicaine, autoritaire et centraliste, l’administration française dans son ensemble et l’administration de l’éducation et de la recherche en particulier perpétue ces héritages. Pour forger une « solide » administration territoriale, Napoléon, alors Premier Consul, plus tard Empereur, créa en 1799 les Préfets, successeurs des Intendants royaux et redoutables agents de l'absolutisme impérial, aujourd’hui de l’autoritarisme et du centralisme républicains. Trois ans plus tard en 1802, il crée, dans le même esprit, les premiers Inspecteurs en leur dévoluant la même mission de contrôle et de surveillance. Inspecter les enseignants fut en tout premier lieu de la responsabilité entière de l'inspection générale de l'éducation nationale, créée par la loi générale sur l'instruction publique du 1er mai 1802. Ces « Inspecteurs généraux des études » rendaient compte devant le Ministre de l'Instruction publique et son directeur général. L'efficacité d'un tel système de contrôle lié aux rapports de forces politiques de l'époque imposa par la suite les inspecteurs dans le système éducatif dans son ensemble. Ceux-ci disposaient d'un droit de regard dès 1806 sur l'ensemble des structures éducatives, de l'école primaire aux universités (et ce jusqu'en 1888 pour les universités).
Les actuels inspecteurs de l’Education sont chargés spécialement de contrôler et de noter les professeurs des lycées et collèges : ce sont des acteurs incontournables de la gestion des carrières. Car, ce qu’attend chaque enseignant de l’inspection et de la note qui l’accompagne, c’est une évolution de carrière mais pas un soutien ou une aide encore moins une remise en question de ses pratiques pédagogiques ni de ses compétences scientifiques. Elles ont été sacralisées une bonne fois pour toutes par les concours de recrutement CAPES et Agrégation, autres spécificités françaises qui permettent de recruter des fonctionnaires, autrefois hussards de la République, « épris d'ordre et de discipline et passionnés de grandeur nationale (française)». Les enseignants eux-mêmes peuvent demander à être inspectés. Il peut s'agir d'une simple demande de conseil, mais aussi le plus souvent d'une stratégie de gestion de carrière.

Évaluer, un acte refondateur du système éducatif français.

1) Un acte refondateur de l’enseignement
L’enseignement en France est actuellement en déclin. En 2010, « à quelques jours d'écart, deux enquêtes internationales, Pirls et Pisa, sont arrivées porteuses de mauvaises nouvelles. Toutes deux aboutissent à la même conclusion : le système éducatif français est peu performant. Pirls porte sur les compétences en lecture à la fin de l'école primaire. Pisa interroge les adolescents de 15 ans sur leurs compétences en culture scientifique, mathématique et en lecture. Certains enseignants décident de les ignorer. D'autres hurlent au déclin et à la mort de l'Ecole (2)». En ce qui concerne les Universités, la France est également à la traîne. Seuls trois établissements français figurent dans le classement des 100 meilleurs établissements du monde établi par l’Academic Ranking of World Universities (classement de Shanghai) (3).

Pour refonder l’enseignement, il faut le faire évaluer :
par les premiers concernés : par les collégiens, les lycéens, les étudiants. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce sont les grands absents dans la démarche actuelle. Pourtant, pour eux, c’est le seul moment où ils peuvent exprimer leurs jugements, leurs difficultés, leurs besoins. Cette évaluation passe par la distribution de questionnaires.
par les pairs : directeurs, principaux, proviseurs, présidents. Ces derniers doivent veiller au respect des programmes, au respect des répartitions horaires et, pour les disciplines expérimentales, au respect de l'alternance cours/travaux pratiques. Il leur faut évaluer l’implication de l'enseignant dans le suivi de l'élève, son implication dans la communauté pédagogique de l'établissement, mais aussi sa participation éventuelle à des actions pédagogiques au niveau local, régional, national et européen.

2) Un acte refondateur de la recherche
La « pauvre recherche française » n’est pas en meilleur état (4): c’est une recherche à la déroute. La stagnation, ces toutes dernières années, du poids mondial en publications dans certaines disciplines laisse supposer que la recherche française a besoin d’une dynamique nouvelle (5). Elle ne manque pas d’argent : la France est l’un des pays européens où les dépenses de recherche publique sont les plus fortes, en proportion du PIB (0,8 % en 2000). Mais, la recherche manque de performances. Pour les évaluer, il faut cette fois recourir à la mesure directe, en faisant appel à l’infométrie (ou à la bibliométrie).

Pour refonder la recherche, il faut la faire évaluer :
par les pairs : mais de façon plus objective. Dans les disciplines scientifiques, l'évaluation par les pairs désigne l'activité collective des chercheurs qui jaugent de façon critique mais pas toujours objective les travaux d'autres chercheurs (leurs « pairs »). Pour les revues scientifiques, l'évaluation par les pairs est menée par des comités de lecture qui sont autant des filtres cognitifs que des filtres sociaux décidant si le compte-rendu d'un travail de recherche soumis pour publication est acceptable ou non.
par les responsables des organismes de recherche : les chercheurs doivent présenter tous les deux ans à leurs organismes un rapport d’activité ainsi que la liste des productions scientifiques en vue de leur évaluation. De nouveaux comités, commissions comprenant des membres élus ou nommés sont appelés à juger la qualité de ces travaux. Dans le monde académique français, ces organes ne brillent pas par leur fonctionnement démocratique : les élus le sont sur listes syndicales, les nommés le sont par le pouvoir politique en place.
par la mesure de sa production, de sa notoriété : pour cela, pairs et responsables doivent recourir aux outils infométriques. L’infométrie permet de mesurer la productivité d’un auteur, d’un pays, d’une institution, ainsi que l’impact d’une revue, d’un thème, d’un auteur (en utilisant les comptages des références qu’a reçues un travail donné pendant une période). Ce que montre l’infométrie, dans les usages qu’il en est fait de plus en plus pour l’évaluation des activités scientifiques, c’est que la « cité savante » n’est pas aussi savante, en France tout du moins, qu’elle le fait croire. C’est ce qui expliquerait ce refus forcené de l’évaluation, que ce soit des recherches ou des enseignements, par les enseignants et les chercheurs, et le rôle de bouc émissaire qu’ils font jouer à l’infométrie (6).

Évaluer plutôt qu’inspecter

Cette nouvelle démarche refondant le système éducatif français ne pourra se faire que si disparaissent les traditions impériale, absolutiste et républicaine, autoritaire et centraliste qui gangrènent l’administration française dans son ensemble et l’administration de l’éducation et de la recherche en particulier. Le développement de l’autonomie des régions dans le cadre d’une Europe fédérale devrait effacer ces traditions d’un autre âge et introduire des procédures plus démocratiques de gestion des communautés éducatives et scientifiques.

(1) Référence au mouvement de protestation des chercheurs de Février 2009, opposés
à toute idée d'évaluation, notamment celle de l'enseignement.
(2) http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lesysteme/Pages/88_LesystemePis...
(3) http://www.arwu.org/ARWU2010.jsp
(4) http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_ite...
(5) http://www.rayonnementducnrs.com/bulletin/b33/papon.htm
(6) http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2010-04-0048-014

Yves-François LE COADIC
Professeur honoraire de Science de l'information au CNAM - Paris

Portrait de Anonyme ever16.12.2012

IL est de bon ton parmi les universitaires des SHS de casser du sucre sur le dos du CNRS et ses supposés pratiques bureaucratiques. Mais, comme le suggère d'ailleurs ici Sylvain Kahn, le CNRS n'a pas inventé ni surtout été à l'origine de la radicalisation de cette évaluationnite. Au contraire, on peut dire que le CNRS qui certes s'est doté de longue date d'une culture de l'évaluation s'efforce de la rendre plus transparente et simple à travers des outils de compte rendu standardisés, adaptés aux pratiques des SHS à travers des outils comme RIBAC et HAL-SHS. A l'inverse, il existe parmi beaucoup d'universitaires un refus de renseigner leur activité qui nourrit (le plus souvent injustement) les soupçons sur la nature et l'étendue de leurs tâches.
L'argument qu'ils invoquent est qu'ils sont déjà évalués tout le temps : mais ils confondent des choses de nature très diverses et de périodicité variable.
Il est vrai que depuis dix ans, les universitaires et les chercheurs doivent constituer de plus en plus de dossiers pour obtenir des financements auprès d'instances diverses qui constituent un univers en expansion, peuplés justement d'enseignants-chercheurs communiant dans le dogme évaluationniste, bureaucratique et indicatorial, souvent sans esprit critique et surtout dans une logique de conquête de position de pouvoir. L'aspect le plus nuisible de la politique Sarkozy-Pécresse est d'avoir multiplié les lieux et les instances de compétition et de luttes où les moyens d'affrontement ne sont pas la recherche et ses résultats (c'est à dire, quoiqu'on dise, des publications) mais la manipulation des critères, la pseudo-utilité sociale, etc. Sarkozy-Pécresse se sont plus à caricaturer le CNRS en académie des sciences soviétique mais ils ont créé un système bien plus pervers et plus "politique", sans bénéfice pour la recherche.

Le billet de SK appelle un autre commentaire : on peut considérer que, sur le long terme, il faudrait, notamment en SHS, diminuer le poids du CNRS par rapport aux universités. Ces dernières années, la raréfaction des postes et la stupidité du dogme de la visibilité internationale ont conduit à l'enflure au-delà de toute logique des UMR, qui deviennent des ectoplasmes chronophages sans apporter de valeur ajoutée scientifique. bien des cas, il faudrait supprimer ces pseudos laboratoires où il n'y ni moyens ni personnel à mettre en commun. IL suffirait de mettre à disposition un minimum de moyens par chercheurs (2000 euros) pour le nécessaire de base (colloques, petits moyens de recherche) et on éviterait d'immenses coûts de bureaucratie. Les projets plus ambitieux pouvant faire l'objet de financement par les universités directement. Seuls de grands projets, pluriannuels, pourraient être financés par l'ANR.
Toutefois, pour que cette réduction sans doute souhaitable à terme du rôle du CNRS puisse être menée à terme, il est indispensable que les universités modifient profondément leur compréhension des pratiques de recherche, notamment transétablissements. A l'heure actuelle, dépenser de l'argent pour un membre de son UMR de l'université voisine plonge souvent les comptables et les employés dans des affres et une surenchère bureaucratique de pièces à produire qui consomment tout leur temps tout en confinant à l'expérience kafkaïenne. De ce point de vue, le CNRS a justement mis en place des procédures simplifiées dont les comptables et trésoriers payeurs gagneraient à s'inspirer...

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