"The Story of G.I. Joe" de William Wellman
Depuis le 3 octobre dernier, date à laquelle débutait le Festival Lyon Lumière, je regarde des films de guerre. Sérieusement. Car là-bas, au coeur d’une programmation qui avait de la gueule, on a pu voir ou revoir les œuvres de William Augustus Wellman, cinéaste des « héros qui sont assis à ne rien faire » pour reprendre l’expression du critique Many Farber. Et notamment, ce qui me ramène à mon engouement pour les films de guerre : The Story of G.I. Joe (Les Forçats de la gloire) qui contribua, paraît-il, à la naissance de la petite poupée G.I. Joe et dont la copie restaurée ressort chez Wildside ce 1er février 2012.
Affiche des Forçats de la gloire ©DR
Seconde Guerre mondiale, Ernie Pyle est correspondant de guerre. Il suit la progression de la compagnie C du 18e régiment d’infanterie américain. L’Afrique du Nord. L’Italie. Dans ses carnets, le reporter raconte le quotidien des soldats, leurs relations amicales, leurs attentes, leurs devoirs… « Il sut traduire en phrases simples les souffrances, les espoirs, l’existence résignée mais héroïque des plus humbles combattants », dira de lui Jean Néry dans L’Ecran Français. Pyle, peintre de la réalité du front, des héros ordinaires qui n’ont pas vraiment choisi d’être là.
En 1945, Wellman fait de Pyle l’un des personnages principaux de son film The Story of G.I. Joe et de ses reportages le socle de son histoire. Comme dans les textes d’Ernie Pyle écrits au plus près de la terre et des combats, Wellman livre un long métrage au contenu quasi documentaire dont les critiques de l’époque souligneront l’abandon de « l’héroïsme de pacotille, où les G.I. jouent aux cow-boys contre des Japonais qui font office de Peaux-Rouges » (Sortie Paris, 1949).
Terre à terre, le film ne quitte pas les hommes du regard. Des hommes qui marchent dans la boue, traversent des tempêtes de sable, affrontent la pluie. Attendent aussi. Beaucoup. Posant leurs culs boueux où ils peuvent et demandant au détour d’un chemin : « Après la guerre, je veux une carte pour savoir où je suis allé. » Des gueules cadrées serrées un peu paumées auxquelles on s’attache et dont on suit, avec un intérêt grandissant, les tracas quotidiens, les tics, les moments d’abattement ou de complicité. Pas étonnant que cette pépite ait inspiré Eastwood pour ses Lettres d’Iwo Jima ou Kubrick pour Full Metal Jacket… Lire l'article complet sur Grand Écart
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