Le MoDem a-t-il son avenir devant lui ? 0
De la passionnante discussion qui a eu lieu, devant et hors micro, avec nos invités d’hier , je conclus deux choses : primo la stratégie de Bayrou est bien présidentielle. Il est prêt à sacrifier l’énorme réseau d’élus locaux de l’ancienne UDF sur l’autel de sa vocation personnelle. Il se croit très bien placé pour l’emporter en 2012 car il compte sur des affrontements si violents au sein du PS que le/la candidat(e) socialiste sera, comme en 2002, éliminé(e) dés le premier tour. Bien sur, le réseau des notables de l’ancienne UDF ne l’entend pas de cette oreille et la majorité de ses membres aspirent à la traditionnelle alliance avec la droite. Le sénateur Arthuis joue, en outre, sa présidence de la commission des finances. Il ne semble pas qu’ils puissent aller jusqu’à relancer la vieille maison de l’UDF. Bayrou aurait pris ses précautions. Il ne leur restera alors qu’à valider la stratégie de Morin en rejoignant, un par un, le Nouveau Centre. Mais il existe aussi une jeune génération de nouveaux venus en politique qui se reconnaissent dans la démarche “ni droite-ni gauche” de Bayrou. Eux estiment que la création d’un nouveau parti, social-libéral et moderniste, vaut bien le sacrifice des élus de province. Ils aspirent à remplacer la vieille garde centriste et savent que cela prendra du temps. Ils font l’analyse que l’exaspération envers la classe politique, qui s’était manifestée en 2002 et 2005, puis apaisée en 2007, est en train de réapparaître devant l’impuissance du gouvernement à mener les réformes promises et à obtenir les résultats économiques annoncés. Ils seraient alors les mieux placés pour recueillir une marée de votes protestataires.
Par ailleurs, la perturbation introduite par Bayrou a de fortes incidences au sein du PS. Car le parti de gauche, aujourd’hui en crise d’identité comme de leadership, va devoir définir son programme en fonction de sa stratégie d’alliances. Ceux qui, comme Ségolène Royal, peuvent estimer qu’ils ont ancré le parti nettement à gauche - en axant leur discours sur l’anti-sarkozisme - sont prêts à une alliance avec le MoDem, car ils estiment qu’il y a complémentarité entre les deux forces, sur le plan social et géographique. Par contre, le courant qui se reconnaît dans Delanoë ne veut pas d’un changement des alliances. Les uns parce qu’ils sont réellement attachés à “l’union de la gauche” - même si les alliés du PS sont en déclin constant. Les autres parce qu’en réalité, ils chassent sur les mêmes eaux électorales que Bayrou : les couches moyennes urbaines.
Voilà. Je n’ai pas de passion particulière pour la politique politicienne, mais pour une fois que je comprends quelque chose qui s’apparente au “dessous des cartes”, je tenais à vous le faire partager. Je vous signale l’excellente analyse des piètres résultats du MoDem aux municipales de Richard Robert sur telos-eu. Il montre que l’alliance avec le parti de Bayrou n’est guère payante…
Thème(s): Information| Gouvernement| Parti Politique



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