Conduite en état de niqab 30
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Dans une rue de Nantes le 2 avril, une femme entièrement voilée (niqab), a été verbalisée par un policier. 22 euros d’amende pour “circulation dans des conditions non aisée” ; le policier a estimé que le champ de vision de la conductrice était trop réduit pour qu’elle puisse apprécier correctement les dangers qui guettent tout conducteur d’automobile. Question : que risquerais-je pour conduire ma voiture en portant un masque de Mickey (qui, lui aussi, ne laisse voir que les yeux) ? Cette femme déguisée n’a pas hésité à convoquer les média pour se plaindre publiquement de l’odieuse discrimination dont elle s’estime victime… Mal lui en a pris : elle a ainsi attiré l’attention des autorités, qui ont découvert que l’homme qui s’exhibait à ses côtés avait trois autres épouses… Ce brave et honnête polygame collectionne ainsi le plus légalement les aides sociales (les épouses, toutes voilées, bénéficient, parmi d’autres bénéfices, de l’allocation de parent isolé…). Il appartiendrait à une “mouvance radicale du tabligh“. Autrement dit, il fait partie de ces individus qui vomissent l’Occident, son opulence et ses libertés, l’égalité des sexes et l’esprit critique, et rêvent de nous imposer la théocratie moyennâgeuse et sanguinaire, au nom de laquelle ont été assassinés récemment plusieurs dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes dans des conditions de sadisme indescriptibles.
Le ministre de l’Intérieur demande qu’on réfléchisse aux moyens de le poursuivre pour escroquerie aux assurances sociales. Il souhaite aussi que cet individu, né à Alger, et qui a obtenu la nationalité française grâce à l’un de ses mariages en 1999, soit déchu de la nationalité française.
Les média que j’ai consultés se récrient généralement que ce serait impossible et d’ailleurs illégal. Ils font mine de se gausser de l’emportement du ministre, présentant la chose comme un simple coup de colère sans lendemain, ou une “opération politicienne”. Un geste spectaculaire, mais sans portée réelle, destiné à calmer son électorat - qui boude les urnes. Je crois, moi, qu’ils sont, cette fois encore, en déphasage avec la sensibilité populaire. Etant donné l’état de délabrement dans lequel se trouvent les comptes sociaux et les finances de l’Etat, une nouvelle hausse des prélèvements obligatoires (qui nous amputent déjà de 41 % de toute la richesse produite dans le pays, cette année 2010) est inévitable. Que ce soit avant ou (plus vraisemblablement) après les élections de 2012… Combien de temps les classes moyennes, sur lesquelles pèse l’essentiel de cette ponction, vont-elles accepter de cracher au bassinet, alors qu’elles pressentent l’ampleur des détournements ? Malgré l’empressement des média à étouffer la question, des économistes commencent à tenter d’estimer le coût financier de l’immigration. Et il n’est pas mince. Même si les estimations varient, selon qu’il s’agisser des chiffres fournis par La Cour des comptes en 2004, par les professeurs Jacques Lafay et Jacques Bichot, de Gérard Pince du FMI, ou, plus récemment, de Jean-Paul Gourévitch, dans son essai, “L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ?”, l’un des derniers livres publiés par Jacques Marseille dans sa collection “à dire vrai”, chez Larousse.
Pour qu’un Etat-providence aussi généreux que le nôtre puisse continuer à fonctionner, il faut que la population éprouve un sentiment de solidarité, de fraternité. Lorsque des groupes font sécession sur une base ethnique et/ou religieuse, ils détruisent le sentiment d’appartenance à une communauté nationale sur lequel est fondé le pacte social. Je rappelle que, récemment, le niveau des dépenses de protection sociale (mesuré par Eurostat) en France a dépassé celui de la Suède (31 % contre 30,7 %). Sans un minimum de cohésion, des redistributions de l’ampleur de celles que nous pratiquons deviennent vite intolérables. Deux professeurs de Harvard, Edward Glaeser et Alberto Alesina l’ont démontré dans un livre formidable, “Combattre les inégalités et la pauvreté : les Etats-Unis face à l’Europe“.
Les sites musulmans que j’ai consultés sont très généralement scandalisés qu’un croyant se comporte ainsi en tricheur aux assurances sociales. Ils s’inquiètent en outre et à juste raison de l’image déplorable que quelques individus de cet accabit risquent de donner des Français de confession musulmane. Il faut cesser de croire, comme le font certains de nos média bien intentionnés mais mal informés (BiMis), qu’en punissant le comportement provocateur d’une infime minorité, on “stigmatiserait” toute une “communauté”. Au contraire, la faiblesse, la lâcheté face aux provocations, sont perçues comme autant de signes d’impuissance et de renoncement de la part de l’Etat républicain. Et l’on commence à douter de sa détermination à protéger contre des minorités tapageuses aujourd’hui, violentes demain, les populations qui vivent sous leur menace.
En furetant dans ma collection de revues, je suis tombé opportunément sur cet extrait d’une chronique de Dominique Schnapper sur France Culture du 17 septembre. Elle y réagissait aux attentats du 11 septembre. Et voilà ce qu’elle disait : “Dans l’histoire, les sociétés vieillissantes et jouisseuses, qui ont négligé leur propre raison d’être, qui n’avaient plus la volonté de défendre leur existence et leurs valeurs, ont connu des destins tragiques.” (Texte reproduit dans Commentaire, n° 96, hiver 2001-2002). D’une terrible actualité. Cela reste d’une furieuse actualité.
Sur la polygamie en France, je recommande cette note toute récente de l’Institut Montaigne : http://www.institutmontaigne.org/medias/documents/polygamie_en_france.pdf



30 commentaires
Bonjour,
Je ne trouve pas d'adresse ou vous écrire sur le site de France Culture, je passe donc par votre blog.
Quel bonheur d'entendre Rony Brauman (21.10.11) vous remettre à votre place.
Développer l'esprit critique et restaurer l'exercice de la raison face à l'émotion, ne semblent pas vous intéresser. En ce qui vous concerne, je partage entièrement l'avis de Rony Brauman. Entièrement.
Stefan Brochard
aujourd'hui 12/04/2001 fier d'avoir "eu l'audace" d'inviter obséquieusement OPDA ?
M. Couturier bonjour,
je vous ecris via ce post, car impossible de trouver votre adresse sur le site de l'emission !
Bravo pour votre émission ! Les sujets sont toujours très justes.
A titre d'information, lorsque le technicien dépose le fichier pour le podcast, en postant une toute petite ligne de description sur la thématique de l'émission,
vous pourriez économiser plusieurs centaines de klg d'émission carbone sur l'année.
Je suis spécialiste de ce domaine (j'ai déjà fait un bilan carbone pour RFI) , je vous passe les détails, si vous souhaitez des explications, n'hésitez pas à me contacter (06 09 71 28 02) mais je n'ai aucune intention commerciale en écrivant ces lignes !
Très bonne journée
Brice Couturier, allez voir votre article sur " Niqab pas Français " et mon commentaire s'il paraît.
Le vendredi 17 septembre un prêcheur musulman appelait avec un portevoix à la destruction des codes de la république et ravivait les menaces d’agression contre Christine Tasin à l’aide de citations mensongères. Cela se passait à Limoges. Cet évènement n’a pas été diffusé par la presse.
La presse, les politiques, les sociologues appointés, préfèrent écrire que cette dame et Riposte Laïque, association qu’elle anime sont des suppôts d’extrême droite. Les gloussements rhétoriques avec « ismes » et « phobes » leur servent d'argumentaire. Cette dame est menacée de mort. Ce type de condamnation est devenu habituel. Il tue la liberté d’expression. La prudence engage, comme à certaines époques, à compatir en silence ou parler par prétérition.
Je ne sais si cette dissymétrie de traitement vous donne du grain à moudre. Je trouve, quant-à-moi, que les discours anesthésiants de ceux qui ont la parole est porteuse de bien des troubles.
Deux remarques : d'une part, il est vrai que le comportement incivique de cet homme est tout à fait scandaleux, dans la mesure où il viole la loi. Il est tout aussi vrai que la sécession de certains groupes entament le sentiment de solidarité et d'entr'appartenance nécessaire à une politique massive de redistribution -- encore que, vous m'accorderez qu'il ne saurait pour autant être prétexte à imposer une conception substantielle du Bien. Mais cela entraîne-t-il que la réaction du Ministre soit autre chose qu'une manoeuvre politicienne ? Je crois notre ministre bien loin de ces nobles considérations et c'est faire preuve de naïveté au mieux, que de se réfugier derrière la sensibilité populaire pour dédouaner une exploitation aussi médiocre de la part de cet Auvergnat patenté. Attention, cela ne signifie nullement que j'aie pour cet individu une quelconque indulgence, mais je ne crois pas l'alternative aussi tranchée : je réclame le droit de déplorer le comportement de cet individu dans la mesure où il viole la loi, tout en répugnant à l'approbation d'une exploitation politique, tout aussi préjudiciable, je le note au passage, à la solidarité commune.
Plus gênant dans votre billet me semble le rapprochement de cette question avec la question de la défense des valeurs, comme s'il était finalement contraire à ces valeurs (car relevant de l'attitude dénoncée par D. Schnapper) de regretter qu'un ministre de la République souhaite faire appliquer une loi qui n'existe pas, sous le seul prétexte que le comportement visé choque la sensibilité populaire ! C'est au contraire montrer le peu de cas que nous faisons de nos propres principes de droits, qui fondent pourtant l'édifice de toute société politiquement libérale, c'est à dire libre.
Je crois dangereux de légitimer ce genre de poussées populistes, non qu'elles soient populistes, mais elles sont précisément contraires à nos valeurs, que je chéris autant que vous. Notre culture, nos valeurs sont précisément celles de la légalité, et non de la dénonciation publique ; celles de la loi et de la procédure judiciaire, et non celle de l'évidence commune et communautariste ; celles d'un bien déontologique, et non celles d'un bien substantiel dans lequel s'enracineraient les moeurs et cette fameuse et redoutable sensibilité populaire. C'est donc au nom même de nos valeurs et de mon attachement à ces valeurs que je répugne à vous suivre, cher Brice, sur ces chemins, dont je mesure certes ce qu'ils doivent chez vous à votre caractère bien intentionné à l'égard du peuple, mais dont je redoute aussi les ornières envasées.
Je ne suis pas venu depuis longtemps. Est-ce que cela marche enfin ?
Je viens seulement voir si ce blog fonctionne enfin...
couturier lisez le discours de jules ferry de 1885 et arretez de raconter des inepties sur la république en danger la république est raciste comme vous couturier
.. en attendant que la discussion reprenne !
Ohé! Y'a quelqu'un?
En guise d'essai ...
Cordialement aux passants du blog ! Ch
If faut se connecter à France Culture.com pour envoyer son commentaire.
Je tente un nouvel essai.
La routine, quoi...
Je fais encore un essai...
Je re-tente ma chance...
Le Blog fonctionne-t-il?
Que pensez-vous, M. Couturier, des analyses développées par Frédéric Lordon :
http://blog.mondediplo.net/2010-05-18-En-route-vers-la-Grande-Depression
Envisagez-vous de l'inviter ?
Un blog tout neuf !
Dommage que l'ancienne adresse ne redirige pas vers ce blog-ci !
Sans un commentaire de Jean C. je n'aurais jamais su qu'il me fallait chercher le nouveau blog à partir du nouveau site de France Culture.
Peut-être devriez-vous faire un ultime post sur l'ancien blog afin de prévenir vos lecteurs abonnés au flux RSS ou ceux qui, comme moi, avaient enregistré l'adresse dans leurs favoris, qu'elle a justement changé !
Cordialement,
Lucas
Monsieur Couturier, c'est incroyable ! Je vous écoute régulièrement, je trouve que certaines émissions sont des contributions majeures à la réflexion, même si je ne suis pas toujours d'accord. Mais quand je vois que sur l'émission sur l'innéisme de la gentillesse, vous invitez encore une psychanalyste, les bras m'en tombent. Si cette personne a un avis intéressant sur le plan scientifique, présentez-la comme psychologue, bon sang ! Mais sur le plan scientifique, présenter un "psychanalyste" comme un statut scientifique est comme présenter un prêtre ou un phrénologue.
Pourquoi ce genre de fêlure, régulièrement ? Perdez-vous votre objectivité scientifique parce que vous avez aimé la psychanalyse ? C'est la seule hypothèse qui me vient. La même remarque s'applique à Mme Clarini d'ailleurs.
Sortons de la préhistoire de la psychologie.
Très cordialement
Bonjour Brice,
Je suis atterré par le nouveau site de France Culture.
Passe encore qu'on l'ait mis en service avant de le tester : cela résulte d'un manque de professionnalisme qui n'est guère étonnant.
Mais, sur le fond et la forme, il marque une régression considérable par rapport à l'ancien.
Pourquoi faut-il, pour accéder à votre blog, passer par l'intermédiaire de votre nom et aller chercher en bas de la page, alors qu'avant on avait un accès direct et simplissime à partir du site de l'émission?
Pourquoi les bibliographies n'apparaissent-elles plus à la suite des renseignement sur chaque émission?
Comment peut-on contacter le producteur de chaque émission?
Pourquoi la présentation des programmes qui est proposée d'emblée est-elle inexploitable (il faut cliquer sur arborescence pour avoir une présentation commode)?
Pourquoi les programmes des émissions à venir (sujet, invités) ont-ils disparu?
Pourquoi les archives ont-elles été réduite à presque rien?
Avec ce que d'autres que moi ont pu dire, la liste des doléances doit être longue...Vous qui connaissez mieux que moi les arcanes et dédales de France Culture, pouvez-vous s'il vous plaît faire suivre ce message à qui de droit, et aussi au directeur de France Culture (s'il y a encore un capitaine sur ce bateau ivre...)? Dites-leur aussi que nous aimerions avoir des réponses (qui ne soient pas en langue de bois)à toutes ces questions. A propos, j'en ajoute une dernière : pourquoi ce qu'on tape est-il si clair que c'en est illisible?
Merci.
J B Henriet
PS 1 En tout cas, continuez vote blog
PS 2 A quelle adresse internet peut-on vous joindre directement?
m... alors, tous nos commentaires, nos empoignades, nos déchirements... à jamais disparues dans le trou noir kafkaien de ce site
ah mais Alain est là !
Les affaires reprennent !
A toutes fins utiles, voice l'adresse de l'ancien blog :
franceculture-blogs.com/bricecouturier
Il fonctionne toujours et justement, j'y avais répondu à Saturnin la chosee suivante, le 12 mai :
@saturnin
Il me semble que vous avez mal écouté (à moins que ce soit moi…). L’intervenant de mardi soir ne disait pas qu’il fallait supprimer l’enseignement privé, mais qu’il fallait cesser de le subventionner.
Idéologiquement, cela peut se défendre (personnellement, je serais plutôt favorable), mais politiquement, c’est à peu près injouable (un million de personnes défilant à Versailles ont fait manger son chapeau à Alain Savary, alors ministre de l’Education nationale), et économiquement ce serait une catastrophe. En effet, la plupart des élèves du privé passeraient dans le public, faute de moyens. Or un élève du public coûte à peu près deux fois plus cher aux contribuables qu’un élève du privé. Ce n’est donc pas le moment de faire du purisme laïque, vu l’état de nos finances publiques !
Il faut d’ailleurs se rappeler que c’est précisément parce que le service public de l’Education nationale était à cette époque débordé par la vague démographique du baby-boom, aggravée (si je puis ainsi m’exprimer) par l’élévation générale du niveau de vie et la toute nouvelle propension des filles à faire des études secondaires, que la loi Debré a été votée.
C’est d’ailleurs aussi à cause de cette situation qu’on a décidé de créer des établissements mixtes dans les petites villes où il aurait été économiquement insupportable d’ouvrir deux collèges et à plus forte raison deux lycées. Dans les grandes villes, où il y avait déjà plusieurs établissements, la mixité est venue plus de dix ans plus tard. On n’a donc pas mélangé les filles et les garçons pour des raisons philosophiques ou psychologiques, mais par souci d’économie. C’est la raison pour laquelle la mixité n’a jamais été pensée en tant que telle. Or elle pose (au moins) deux problèmes. D’abord, celui de la différence de maturité (j’ai eu des classes terminales où j’avais devant moi des femmes et des gamins), ensuite celui des tropismes intellectuels (j’ai eu des terminales scientifiques avec deux filles et trente garçons et des terminales littéraires avec deux garçons et trente filles). Il paraît que c’est sans importance ; je n’en crois rien.
Où l’on voit, ici comme ailleurs, que les sous passent souvent avant les idées.
De nouveau Bonjour, Brice
Le mot que je vous ai déposé ici il y a quelques minutes, je le suppose en attente de validation.
Je ne crois pas qu'il soit bien utile de le valider.
C'était une info à votre intention, dans l'espoir que vous la ferez remonter aux gens concernés.
Cordialement
LN
Que sont nos commentaires devenus ?
Bonjour cher M. Couturier
Je teste l'écriture sur votre blog (avec un billet hors-sujet, excusez-moi).
Mais j'ai aussi à dire ceci : j'ai conservé une bonne centaine des vos débats du Grain à moudre. Et quand je les réécoute, il m'est utile autant qu'agréable, de consulter la page où je trouverai la liste des invités avec parfois leur pedigree et des références utiles.
Tout cela a disparu.
La page de l'émission n'est plus qu'une ombre de ce qu'elle était.
Aurez vous la gentillesse de signaler aux concepteurs du nouveau système que c'est comme s'ils venaient, non pas d'effacer des archives, mais de condamner l'accès à une bibliothèque...
Cordialement à vous, en attendant l'émission de demain et le retour des milliers de pages qui viennent de passer à la trappe.
LN
Bonjour à tous.
Je suis consterné par la nouvelle version du site de France-Culture. Mais, après tout, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Mais j'ai quand même fini par trouver le nouveau blog de Brice Couturier. Il y a toujours l'article sur le niqab, mais pas les commentaires. J'en profite pour inaugurer en recopiant ici mon dernier message qui, je pense n'aurait plus aucune chance d'être lu à son ancienne adresse. Tant qu'à faire d'écrire, autant être lu, à moins de n'écrire que pour le plaisir d'écrire...
@saturnin
Il me semble que vous avez mal écouté (à moins que ce soit moi…). L’intervenant de mardi soir ne disait pas qu’il fallait supprimer l’enseignement privé, mais qu’il fallait cesser de le subventionner.
Idéologiquement, cela peut se défendre (personnellement, je serais plutôt favorable), mais politiquement, c’est à peu près injouable (un million de personnes défilant à Versailles ont fait manger son chapeau à Alain Savary, alors ministre de l’Education nationale), et économiquement ce serait une catastrophe. En effet, la plupart des élèves du privé passeraient dans le public, faute de moyens. Or un élève du public coûte à peu près deux fois plus cher aux contribuables qu’un élève du privé. Ce n’est donc pas le moment de faire du purisme laïque, vu l’état de nos finances publiques !
Il faut d’ailleurs se rappeler que c’est précisément parce que le service public de l’Education nationale était à l'époque débordé par la vague démographique du baby-boom, aggravée (si je puis ainsi m’exprimer) par l’élévation générale du niveau de vie et la toute nouvelle propension des filles à faire des études secondaires, que la loi Debré a été votée (décembre 1959, si je me souviens bien).
C’est d’ailleurs aussi à cause de cette situation qu’on a décidé de créer des établissements mixtes dans les petites villes où il aurait été économiquement insupportable d’ouvrir deux collèges et à plus forte raison deux lycées. Dans les grandes villes, où il y avait déjà plusieurs établissements, la mixité est venue plus de dix ans plus tard. On n’a donc pas mélangé les filles et les garçons pour des raisons philosophiques ou psychologiques, mais par souci d’économie. C’est la raison pour laquelle la mixité n’a jamais été pensée en tant que telle. Or elle pose (au moins) deux problèmes. D’abord, celui de la différence de maturité (j’ai eu des classes terminales où j’avais devant moi des femmes et des gamins), ensuite celui des tropismes intellectuels (j’ai eu des terminales scientifiques avec deux filles et trente garçons et des terminales littéraires avec deux garçons et trente filles). Il paraît que c’est sans importance ; je n’en crois rien.
Où l’on voit, ici comme ailleurs, que les sous passent souvent avant les idées.
Bonjour à tous sur ce nouveau site. Voyons s'il marche bien.
Tout beau, tout chaud, le nouveau site. L'important, de toute façon, restera le contenu. Là je suis plus inquiet. De mémoire, car je n'ai plus accés au blog précédent, il me semble que Saturnin ait mentionné la "disparition" de l'école privée demandée par deux des intervenants de l'émission sur république/burqa. En fait ils ont demandé l'arrêt des subventions aux écoles religieuses privées, ce qui n'est pas la même chose.
Tiens il n'y a plus de mots de passe. Mais par contre on peut voir son commentaire avant de l'envoyer.
En guise d'essai ...
Cordialement aux passants du blog. Ch
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