retour en haut de page
 Du grain à moudre

Du Grain à moudre│09-10

Syndiquer le contenu par Julie Clarini, Brice Couturier Le site de l'émission
Emission  Du grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

Les politiques de relance par l’endettement public ont-elles atteint leurs limites ?

12.05.2010 - 18:20

Selon le Premier ministre, il n’y a lieu de parler de tournant de la rigueur en mai 2010, puisque, pour l’instant, il n’y a pas d’augmentation des impôts. On reconnaît là la rhétorique de la « parenthèse dans les réformes » que le gouvernement d’Union de la Gauche avait déjà utilisée en 1983. « Pas de rigueur », donc, mais un plan d’économie de 6 milliards dans les dépenses de l’Etat. Annonce qui s’inscrit dans le prolongement du « plan de secours » de 750 milliards d’euros, destiné à calmer l’inquiétude des marchés face au risque d’une faillite imminente de l’Etat grec, en attendant celles du Portugal ou de l’Espagne. On nous avait pourtant seriné que les déficits publics d’aujourd’hui provoquaient la croissance de demain, celle avec laquelle on pourrait accroître le produit de l’impôt – et donc rembourser les dettes. On disait aussi que la dette publique permettait de soutenir l’activité et donc de créer des emplois. Et qu’il ne fallait pas s’inquiéter outre mesure de l’aggravation de cet endettement public, puisque, n’est-ce pas, un Etat ne peut pas faire faillite...
A ce stade de la crise, le déficit public français égale, cette année, 8,7 % du PIB, la dette publique se monte à 84,4 %. Or, ni la croissance, ni les emplois ne sont au rendez-vous. Quant aux exemples islandais et grec, ils démontrent qu’une défaillance des Etats, incapables de trouver de nouveaux prêteurs pour les aider à payer les intérêts de leurs dettes, ce n’est plus une hypothèse gratuite.

Il y a six moi, cette émission se demandait s’il fallait ou non « pendre les libéraux », que l’immense majorité des commentateurs rendaient responsables du déclenchement de la crise. Etaient, en effet, mis en accusation la dérégulation des marchés financiers, les appétits de profits irrationnels des investisseurs, la frivolité de banquiers imprévoyants. Au vu du cyclone qui menace d’emporter, après la Grèce, un certain nombre de pays européens surendettés, on peut augurer que cela va être, cette fois, au tour des keynésiens de passer à la question.

Invité(s) :
Henri Sterdyniak, économiste, directeur du département économie de la mondialisation de l'OFCE et professeur associé à l'université Paris IX-Dauphine
Jean Marc Daniel, directeur de la revue Sociétal, Professeur d'économie

Thème(s) : Information| Economie| crise économique| faillite des états