Emission enregistrée à 14h30 depuis la cour Soulage du rectorat de Montpellier et diffusée le soir même
C’est de la culture scientifique ou plutôt de l’inculture scientifique dont nous débattons aujourd’hui. La culture scientifique est-elle en crise au pays de Descartes et de Pascal ?
Combien en connaissons nous de ces littéraires fiers d’être « nul » en maths et de rien entendre à la science ? Et oui il ne parait souvent pas très grave pour les intellectuels français de ne rien comprendre aux lois physique de base, d’être mal à l’aise avec les mathématiques. Les faits aussi sont parlants : même si le bac S regroupe la moitié des lycéen des filières générales, les disciplines scientifiques ont enregistré à l’université une désaffection préoccupante depuis les années 90.
Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, a présenté en début d’année son plan sciences pour l’école. Son but : lutter contre l’innumérisme, « qui est à la maîtrise des nombres, du raisonnement et du calcul ce qu’est l’illettrisme à la maîtrise de la langue ». Ce plan succède à d’autres, comme celui de Claudie Haigneré en 2004 qui avait aussi pour ambition de développer le goût des sciences et des technologies et encourager les vocations. Les résultats sont plus que mitigés .
Comment le comprendre alors que notre existence est plus médicalisée que jamais, que nous consommons des produits issus de technologies de plus en plus complexes que l’on se tourne du coté de notre alimentation ou des équipements ? Notre accès à l’information et au savoir aussi passe de plus en plus par des écrans et des systèmes informatiques qui font le tri pour nous et dont nous sommes peu nombreux à comprendre les arcanes. Comment acceptons-nous tant d’ignorance ?
Est-ce grave ? Peut-être si l’inculture scientifique nourrit une méfiance croissante envers le progrès. Et puisque cette semaine les rencontres de Pétrarque se consacre au populisme, le sentiment de n’avoir que de lointains relais avec l’univers des sciences et des technologies (le manque de débat sur le nucléaire, les nanotechnologies, les crises sanitaires) qui évolueraient à part engendre-t-il un défiance plus générale envers les institutions ? On va se poser la question dans cette émission.
Certes vouloir être un « honnête homme » du 21ème siècle parait impossible quand la masse de savoirs disponibles s’accroît de façon exponentielle. Mais est-ce parce que le tâche parait trop ardue que même les fondamentaux passent à la trappe et que l’illettrisme scientifique progresse ? Que peuvent les scientifiques ? Quelle est leur responsabilité aujourd’hui face à ce que s’avère être tout simplement un enjeu démocratique ?
Invité(s) :
Thierry Brassac, responsable du pôle culture scientifique à l'université Montpellier 2, médiateur scientifique et biologiste de formation.
Frédéric Feu, metteur en scène, scénographe et muséographe, spécialisé dans la vulgarisation scientifique Membre du Centre de l'Imaginaire Scientifique et Technique du Coeur d'Hérault
Pascal Nouvel, biologiste et philosophe.
Thème(s) : Information| Sciences| Débat



4 commentaires
Un sujet passionnant, qui mériterait vraiment d'être approfondi (peut-être sans attendre la prochaine édition des Rencontres).. Notamment, la dimension éducation et citoyenneté , l'aspect enjeu démocratique, me paraissent de la plus haute importance, au regard des "défis à venir", selon l'expression coutumière, et demandent à être développés.
Merci pour ce débat...
Trois personnalités évoquant l'état "d'inculture scientifique" de notre pays,chacun oeuvrant à sa façon pour y remédier.Le sujet est vaste,les discussions ouvertes.Des énergies sont mobilisées,qui peuvent et veulent faire changer cet état de fait.L'émission a bien montré l'importance de l'enjeu qui concerne scientifiques,mais aussi politiques et économistes.
Bravo et merci.
Bonsoir,
Ce que j'ai entendu est affligeant, la science otage du happy few, savant fou,
est une assertion d'un autre âge.
Si l'inculture scientifique en France est un fait que les personnes concernées déplorent, celles-ci font malgré tout l'effort de compréhension lorsqu'elles sont directement confrontées à des questions qui leur sont posées (voir la participation aux diverses enquêtes publiques et celles portées par la CNDP)
Pour le reste, cad les grandes questions nationales comme le nucléaire,la maladie d'Alzheimer ...etc les pouvoirs publics ne permettent pas l'ouverture de débats. Comment voulez-vous que la population puisse s'y impliquer?
Dans ces conditions je ne m'étonne pas que de nombreux jeunes rejettent les sciences..ce qui a pour conséquence de mettre sur le marché de un certain nombre d'entre eux issus de 3e cycle universitaire qui ne possèdent pas l'outil scientifique ou technique indispensable à l'exercice de la profession à laquelle ils aspirent.
Exemple: le bruit est la nuisance principale dont se plaignent les Français, posez la question suivante quelle est la définition d'un décibel (A)? les gens ne la connaissent pas, mais les étudiants en "sciences humaines" non plus.
Je considère que tout étudiant en 2011 doit posséder un socle technique et scientifique du premier cycle universitaire ce qui nous permettrait de disposer de journalistes ayant un minimum de culture scientifique.
Bien à vous
GG.
NB.Prenez l'initiative de réaliser une véritable émission sur la science son enseignement et son application en opérant une distinction nette entre sciences exactes et "sciences inexactes"
arte diffusait une belle fenêtre sur la science, Archimède, dommage que vous l'ayez oubliée..... A mon avis une ouverture exceptionnelle sur la science au grand public.
XM