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 Du grain à moudre

Du Grain à moudre | 10-11

Syndiquer le contenu par Brice Couturier, Louise Tourret Le site de l'émission
Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

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La présidentielle tournera-t-elle autour des valeurs ? 3

07.07.2011 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Il y a peu de chances qu’on nous promette, l’an prochain, de nous changer la vie, comme en 1981. Aucun candidat sérieux n’osera s’engager à mettre fin à la fracture sociale et au chômage, comme en 1995. Les sondages montrent que les Français sont bien dégrisés de leur passion atavique pour la politique ; ils ont cessé « d’en attendre le miracle » - comme le leur reprochait tant Emmanuel Berl.

Le passage de la crise a rendu aussi nos dirigeants plus modestes ; elle les a contraints à un pragmatisme qui confine souvent à l’art de surfer sur d’énormes vagues en tentant de faire comme s’ils les dirigeaient… On peut leur appliquer le mot de Cocteau : « puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur »…

L’état de nos finances et de nos budgets sociaux, endettés pour des décennies, a rétréci les marges de manœuvre. Oubliés, le volontarisme politique, la « rupture » et les mouvements de menton en direction de la « dictature des marchés » : dés 2013 et pour longtemps, ce sera, au choix, rigueur de droite ou gauche de rigueur ; la hausse des prélèvements est absolument inévitable et la répartition de l’effort sera moins conditionnée par les préférences idéologiques que par la nécessité de renforcer « l’attractivité du territoire ». Zygmunt Bauman nous avait prévenu : face à la mondialisation, les politiques font semblant de décider. En réalité, ils subissent. Cela risque d’ôter aux campagnes électorales une part de leurs enjeux.

Heureusement, il reste le terrain des « valeurs » où le débat droite / gauche pourrait retrouver une part de sa pertinence. Non seulement, les questions de société ont le mérite de demeurer de notre souveraineté, mais elles servent en outre de révélateur aux divergences qui existent entre le Parti de l’Ordre et celui du Mouvement. L’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples homosexuels ne concerne directement que très peu d’électeurs, mais elle contribuera à conférer quelque intérêt à la campagne électorale en marquant les camps en présence. Il en va de même pour la double nationalité des immigrés.

Reste à savoir si ces questions dites « culturelles » ne risquent pas de faire exploser la gauche comme la droite, où les positions sont loin d’être unanimes.

Invité(s) :
Etienne Schweisguth, directeur de recherche CNRS au CEE, Centre d’études européennes de Sciences Po
Stéphane Rozès, politologue, directeur de la société CAP ("Conseils, Analyses et Perspectives").
François Taillandier, ecrivain

Thème(s) : Information| Débat| Politique| Société| Opinion| élection présidentielle

3 commentaires

Portrait de Anonyme titi09.07.2011

mouais.. comme si rien n'était possible ou plutot imaginable, comme si la mondialisation nous était extérieure un bon débat homo de droite gauche tradi vous trouvez que ça sauve la mise ? pitoyable

Portrait de Anonyme Cindy08.07.2011

Ce chapeau vaut son pesant d'or! C'est une caricature de la pensée unique de l'Establishment: IL N'Y A PAS DE PLAN B en matière économique et sociale! Seul enjeu: les "valeurs" et encore, c'est ultra-ciblé: mariage homo et double nationalité. Vous plaisantez Couturier ou quoi?

Portrait de Anonyme Joseph07.07.2011

La présidentielle (7/7/2011) : Vous jugez que dans tous les domaines, nos "politiques font semblant de décider", mais qu'en réalité "ils subissent". C'est vrai, y compris dans le domaine des "valeurs". Car tout se tient, et le bateau coule, ce que voient bien la plupart des gens (aucun intervenant ne l'a dit !) et ce qui constitue peut-être une des causes de l'individualisme, chacun se cramponnant à sa bouée. Sauve-qui-peut et tant pis pour les canards boiteux !
Je regrette que vous n'ayez pas mentionné la candidature de Christine Boutin, laquelle voit bien le désastre et se présente uniquement pour rappeler la valeur de la personne humaine, surtout quand elle est faible. En effet nous avons pris la faiblesse en grippe et, cherchant à l'éradiquer, nous allons à notre perte, la faiblesse étant notre vraie valeur et le fond précieux, irremplaçable, de notre être.
Joseph