La cogestion allemande peut-elle nous servir de modèle ? 24H - France - Allemagne 2
Taxation des CDD, et création de droits rechargeables pour les chômeurs d'un côté ; mise en place de mesures de flexibilité au sein des entreprises de l'autre : ils ont fini par s'entendre !
Marc Landré du Figaro avait donc vu juste mardi dernier dans cette même émission, en pronostiquant la conclusion d'un accord entre les partenaires sociaux, à l'issue de l'ultime négociation au Medef sur la sécurisation de l'emploi (puisque tel était le nom donné à ces discussions).
Tous ceux qui promettaient un échec, arguant de la trop grande divergence de points de vue entre le patronat et les syndicats, tous ceux là se sont donc trompés (même si, il faut le rappeler, ni la CGT, ni FO n'ont signé cet accord).
C'est fait, mais ce fut compliqué. Le gouvernement a dû se montrer menaçant : "attention, nous allons légiférer sans tenir compte de votre avis" pour que la discussion se débloque.
Ce fut compliqué…et ce n'est pas fini car que va-t-il se passer à présent ?
Le texte doit être validé par les organisations. Il y aura ensuite une loi pour transposer l'accord, laquelle devrait être présentée en conseil des ministres début mars, pour une promulgation attendue au mois de mai. Ainsi va la démocratie sociale en France : c'est encore et toujours le Parlement qui a le dernier mot. D'autres façons de faire existent pourtant, au moins aussi efficaces. Et c'est la raison de notre présence aujourd'hui en Allemagne.
Gerd Leutner, Lise Jolly et Dirk Schneemann H. Gardette © Radio France
Avez-vous déjà entendu parler du Mitbestimmung, que l'on pourrait traduire, de manière un peu approximative par "cogestion"?
Connaissez-vous la Sozialpartnerschaft, le partenariat social qui régit les relations entre syndicats et patronats allemands depuis l'après-guerre ? Un modèle, encore un, qui lui a vraiment fait la preuve de son efficacité.
De ce côté-ci du Rhin, la concertation prime sur tout le reste, la grève n'intervient qu'en tout dernier ressort.
Pourtant, ce modèle risque de ne pas sortir indemne de la crise.
Trop pesant pour certains patrons allemands, qui y voient un frein dans une économie toujours plus concurrentielle. Dans ces conditions, "la cogestion allemande peut-elle nous servir de modèle ?"
Reportage de Jean-Marc CHARDON.
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Document(s)
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La cogestion allemande à l'épreuve de la globalisation Regards sur l'économie allemande, CIRAC, 2005 -
Les arguments des débats sur la cogestion allemande Cahiers de recherche de l'Observatoire du management alternatif, HEC, 2010
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Les instances de représentation des salariés dans l'établissement : les cas de l'Allemagne, de la France et de l'Europe Cahiers du CRISES, UQAM, Montréal, 2003 -
Cinquante ans de rapports entre patrons et ouvriers en Allemagne II. Depuis 1945 : La République fédérale allemande Presses de la Fondation Nationale des sciences politiques, 1970





2 commentaires
Monsieur Gardette,
J’ai écouté l’émission que vous avez présenté, ce jour (15/01/2013), à 18H30. L’idée de confronter les idées reçues qu’Allemand et Français nourrissent les uns sur les autres présentait un intérêt certain. Pourtant, et soyez assuré que je fait en toute gentillesse, je vais vous exprimer une critique qui m’apparaît comme grave .
A votre écoute, mon impression d’auditeur est que le « modèle social allemand », ce sont vos mots, serait caractérisé par une volonté commune des acteurs sociaux de maintenir le niveau d’intensité des conflits au plus bas possible. Cette acceptation était d’autant plus naturelle pour l’auditeur ignorant de mœurs allemandes que je suis, qu’au delà de quelques points de détails, vos invités exprimait cordialement un même avis sur le sujet.
Tout ceci était fort intéressant jusqu’à ce que vous décriviez les comités d’entreprises français, et plus particulièrement celui de radio France, comme n’ayant pour seule fonction que d’offrir des tarifs préférentiels pour les vacances des enfants ! Peut-être votre intervention n’était-elle qu’un trait d’humour, mais comme aucun de vos invités ne l’a relevé comme tel, et que personne ne l’a ne serait ce qu’un peu nuancé, votre intervention passe pour une affirmation après d’auditeur peu au fait de ce qu’est, en France, un comité d’entreprise, comme une vérité.
Hors, vous savez bien que le comité d’entreprise Français n’est pas la caricature que vous en avez faite. Le fait qu’aucun de vos invités n’ai contredit vos dires me fait me poser la question suivante : en quoi les descriptions, analyses et avis exprimés dans votre émission seraient-ils moins une suite d’idées reçu que votre propos sur les comité d’entreprises?
Il y a là, Monsieur, un problème de crédibilité, que je suis surpris de trouver sur France Culture.
Monsieur, je tiens à préciser que je ne suis motivé par aucun intérêt particulier. Je ne suis pas syndicaliste, au contraire, ma profession d’artisan Matelassier litier me rangerait plutôt parmi les patrons.
Dans l’attente de vous lire, je pris, Monsieur, d’accepter mes salutations respectueuses.
Patrice Sebille
Cher monsieur,
Merci d'avoir pris la peine de nous écrire ce message. Je comprends tout à fait votre désapprobation, mais la remarque à propos du CE à la française se voulait simplement humoristique, et en réaction au sourire très appuyé d'un des invités. N'y voyez en aucun cas une remise en cause de la fonction essentielle de cette organisation, en particulier celle de Radio France, que je fréquente assidument.
Bien à vous
HG
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