Ah qu’ils doivent s’amuser, les jeunes ! Ils ont fait mentir les experts : depuis des années, les sociologues nous expliquaient que le conflit entre les générations allait exploser : aucun doute, les destins sont trop divergents, jamais les inégalités générationnelles n’ont jamais été aussi criantes, et jamais les seniors n’ont été aussi bien lotis en regard des plus jeunes. De quoi faire tout exploser. Mais comme pour les faire mentir étudiants et surtout lycéens sont descendus dans la rue à la rescousse des plus anciens. Avec une idée derrière la tête : plus vite les seniors partent à la retraite, plus grandes sont leurs chances de trouver un emploi.
Mais l’économie étant une science contre-intuitive, les experts leur sont retombés dessus : cet axiome est faux : à long terme, travail des jeunes et travail des vieux ne s’excluent pas, bien au contraire.
Mais l’économie n’étant pas une science exacte non plus, les avis divergent sur le court terme : il y aura bien un choc du maintien en activité des plus anciens sur le travail des jeunes, affirment certains économistes.
En tout cas, lundi soir, la perspective d'une négociation entre les partenaires sociaux sur l'emploi des jeunes a pris forme, désignant en creux cette question comme l’un des dossiers cruciaux de ces prochains mois. La partie ne sera pas facile : les effets de la crise sur l’emploi perdurent, presque 4 millions de chômeurs en France, nous disent les derniers chiffres de l’INSEE.
Invité(s) :
Guillaume Duval, rédacteur en chef à « Alternatives Economiques »
Monique Dagnaud, sociologue Ancien membre du CSA
Jean Marc Vittori, journaliste aux Echos
Danièle Linhart, sociologue Directrice de recherches au CNRS
Thème(s) : Information| Economie| Sociologie| chômage
Document(s)
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Sommes-nous des paresseux ? : et 30 autres questions sur la France et les Français Seuil. Collection H.C. ESSAIS, 2008 -
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6 commentaires
Dominique Meda a tout à fait raison quant au sentiment vis à vis du travail !
Et cette réforme au lieu d'améliorer les conditions de travail, de donner envie d'y rester, les aggrave, par les amendements sur la pénibilité (qui ne la prennent pas réellement en compte!) et ceux sur la réforme de la médecine du travail qui perdra en qualité ...
Et posons-nous aussi la question de la valeur "travail", celle d'une autre organisation de l'économie avec de nouvelles branches (dans l'environnement par exemple et qui profiterait à la jeunesse), d'une autre façon de produire et de consommer?
Des domaines sont à explorer qui permettraient de mobiliser des énergies contrairement à ce qui se passe actuellement où seulement les chiffres, PIB, déficits etc... sont les seules références qui ne permettent ni d'avancer, ni de donner une espérance!
Lamentable prestation de vos sociologues, avec des propos de café du commerce, et encore au café du commerce on n’oserait pas, de peur de paraître ringard, singer une conversation entre un français et un allemand en imitant l’accent allemand.
Et ces affirmations idiotes sur l’enseignement français qui serait le plus élitiste de tous ! Ces zozos pensent t’ils qu’ils auraient eu une chance d’être acceptés comme under graduate à Harvard ou Cambridge ? Pauvre sociologie française, pauvre CNRS.
Certes la vie n'est pas très simple mais entendre que "la vie est tellement dure aujourd'hui ..." J'ai un grand père qui a fait des travaux très pénibles dans les forges, mon père travaillait 48h par semaine dans les années 70 ! Je suis prof. Et bien il n'y a pas photo. Eux et bien d'autres ont travaillé dur. Aujourd'hui c'est bien plus facile. Et même si les emplois sont peu nombreux, je rappelle que les 30 glorieuses n'ont duré que 30 années par définition. Et par conséquent, la référence au plein emploi n'est pas la norme !
Très bonne émission. Comment faire pour que les problèmes liés au travail qui ont été bien expliqués par les intervenants soient réglés dans le cadre du travail. A mon sens ils ne peuvent pas être réglés dans le cadre des retraites. Et une question un peu provocatrice: à quand une VRAIE réforme de la formation à tous les niveaux. Une formation exigeante ne permettrait-elle pas un meilleur accès à l'emploi. Et enfin une remarque sur les classes prépas: toutes ne sont pas élitistes. Connaissez vous les classes prépas ATS destinées aux étudiants venant de BTS et d'IUT, étudiants souvent de milieu modeste (40% de boursiers en moyenne) qui intègrent une école d'ingénieurs après cette classe; pour la plupart c'est encore un ascenseur social. Pourquoi les journalistes n'en parlent jamais. Venez nous rencontrer et rencontrer nos étudiants!
Huguette Klein, professeure en ATS
Oui , encore une émission qu'on écoute avec intérêt... des intervenants passionnants pour un sujet complexe. Comment saisir mieux encore les écarts de productivité d'un pays à l'autre ? Comment, pour nous, adultes et formés, réagir devant l'absence d'investissement à l'égard de centaines de milliers de personnes qui échappent aux formatages du système scolaire ?
L'accès aux médias animés a transformé le paysage (le contexte ?) de l'instruction, de la scolarisation, du rapport au savoir. Le temps passé devant un écran peut-il compenser le rapport interpersonnel qui avait en charge depuis des millénaires les gestes du métier ? Quelques uns y parviennent qui se jouent des relations directes et se satisfont de techniques informatiques, d'échanges virtuels. Mais pour construire quelle société demain ?
Restent les millions de travailleurs non formés à un autre métier que le leur, celui qui vient de disparaître de notre monde industriel et de production en mutation.
Merci pour toutes ces émissions, qui, à l'heure de l'apéritif, nous ouvrent à une soirée de réflexions, nous laissant parfois avides de prolongations, de repères, mais jamais déçus.
NB
je connais assez bien la Suède, et je pense effectivement qu'il s'agit d'un modèle dont on pourrait s'inspirer; cela étant, nos sociétés sont extrêmement différentes, et la société suédoise est plus souple et plus ouverte. Le France est le pays des "petites cases", et il me semble que les politiques de RH ont vraiment à évoluer. De plus, on ne s'intéresse pas suffisamment à l'épanouissement dans le travail, on a l'impression que beaucoup de gens ne font qu'attendre la retraite pour vivre, ce qui est dramatique...
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