Après la lutte contre la violence faite aux femmes en 2010, et la lutte contre la solitude l’an dernier, c’est donc l’autisme qui a été choisi comme "Grande cause nationale" en 2012. Un label officiel qui devrait notamment permettre à ce handicap de bénéficier d’une large exposition médiatique. Donc d’être mieux compris. Donc d’être mieux pris en charge.
Dorota Chadzynski, Chantal Lheureux-Davidse et Marcel Hérault C Leclère ©Radio France
C’est en tout cas le souhait de ceux qui vivent et travaillent avec des autistes. L’autisme : 600 000 personnes en France, dont 180 000 enfants. Une prévalence en hausse constante : aujourd’hui, un enfant sur 150 naitrait avec ce trouble, ce qui ne veut pas obligatoirement dire que le handicap progresse mais qu’il est plus largement diagnostiqué. Vous l’avez entendu dans le journal, ce jeudi avait lieu à l’Assemblée nationale les 1ères rencontres parlementaires consacrées à l’autisme. Lesquelles faisaient notamment le constat du retard considérable pris par la France sur ce sujet, sur le plan de la recherche comme sur celui de la prise en charge. Il est vrai que la querelle entre tenants d’une approche psychanalytique d’une part, comportementaliste d’autre part, il est vrai que cette querelle aura longtemps été un frein à une approche plus raisonnée (et sans doute plus efficace) de ce handicap. Approche raisonnée que nous allons essayer d’avoir ce soir pour répondre à la question suivante : comment soigner l’autisme ?
Et le contrepoint de Julie Gacon.
Aujourd'hui, la prise en charge d'adultes autistes, avec Fabienne Pinilo, psychologue clinicienne.
A retrouver ici dans son intégralité :
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Aujourd'hui, un extrait d'un documentaire de Jean Daive réalisé pour l'émission Les Nuits Magnétiques de France Culture dans une école pour enfants autistes à Tel Aviv (diffusion 12 septembre 1995).
Invité(s) :
Dorota Chadzynski, psychomotricienne
Chantal Lheureux-Davidse, psychologue clinicienne, psychanalyste
Marcel Hérault, président de la Fédération Sésame Autisme
Thème(s) : Idées| Psychanalyse| Santé| autisme
Document(s)
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Scolariser des élèves avec autisme et TED Dunod. Collection Enfances. Psychologie et pédagogie, 2012 -
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13 commentaires
je n'ai pas eu la chance d'écouter cette émission, mais je sais bien que personne ne puisse parler de l'autisme infantile mieux que mme lheureux à qui je présente mes sincères félicitations.
Des invités qui confondent TEACCH et PECS est-ce vraiment sérieux ?
Les autistes étant principalement affectés dans la communication, qui peut croire que c'est en mettant ensemble des personnes atteintes d'un déficit communicationnel que ces personnes évolueront mieux que s'ils étaient en milieu ordinaire.
Les études comparatives indiquent clairement que c'est le milieu ordinaire qui donnent les meilleurs résultats (réf sur demande).
Prenez le temps de regarder ce qu'on peut faire avec des adultes autistes même après qu'ils aient passé des années à végéter en institution.
http://video.tvguide.com/Wretches+--26+Jabberers/Featurette+-+Stand+Up+f...
TEACCH et PECS ont été introduits en France par l'expertise profane des parents envers et contre les marchands de prises en charge inadaptées il y a plus de 30 ans et maintenant que la HAS reconnait ces méthodes, les marchands reprennent le discours mais visiblement sans avoir étudié sérieusement ces réponses au handicap autisme.
Le minimum des fondamentaux de l'autisme à connaitre c'est que l'autisme çà ne se soigne pas c'est une différence neurologique à vie.
Je lis les commentaires et la seule question qui me vient est : savez vous réellement en quoi consiste une prise en charge d'orientation analytique pour des personnes avec autisme ?
Cette grande violence à l'encontre des psychanalystes est elle réellement fondée sur des faits actuels et avérés ?
Comment se fait il qu'en 2012 on nous rabâche encore que les psychanalystes considèrent l'autisme comme ayant pour origine un défaut dans la relation mère/enfant ? PERSONNE ne pense ça à l'heure actuelle. Vous ne trouverez pas un psychanalyste ou un psychologue clinicien d'orientation analytique qui soutienne cette thèse. Et pourtant c'est ce qui sort dès les premières minutes de l'émission dans la bouche de Monsieur Hérault...
Cela est bien dommage. Si toute l'énergie dépensée à haïr les psychanalystes pouvait être mise au service de la recherche la vie des personnes autistes ne serait déjà plus la même.
Etonnant de voir que même sur FCul, l'anathème, la haine, l'appel à l'éradication et au lynchage des psychanalyses est de mise. En tous cas, on lit là des propos très humanistes en effet !!!
Alors ! oui la psychanalyse déplait, oui elle attire la haine
mais parce qu'elle a pointé une donnée de la condition humaine qui est intolérable : il y a un hiatus, une absence de continuité, entre la théorie et l'acte. Ce qui conduit à devoir renoncer à l'idéal cartésien de l'être humain comme "maître et possesseur de la nature" ! Descartes pensait même abolir la mort et peut être la souffrance ! En effet, il imaginait que de la connaissance d'une chose découlait un modèle d'action (technique) pour s'en servir. Il avait juste oublié que le sujet de l'action et de la connaissance était le même que son objet.
Il existe donc une différence entre la science et la thérapeutique. La thérapeutique, la science ou plutôt les sciences (tant elles sont peu unifiables en termes de méthodes et de résultats), et la philosophe ont des buts et des manières différentes. Il y a des points de dialogue, il y a aussi des points de lutte de pouvoir où chacune veut s'emparer des pouvoirs de l'autre. Il y aussi l'espérance religieuse de tout unifier sous la Vérité, mais cela reste au mieux une espérance...La science se veut parfois religion, c'est le mal de notre époque, ainsi les Experts, la Qualité, les personne Avec Autisme...
Le refus de renoncer fantasmatiquement (car le réel lui insiste ! nous souffrons, nous mourrons...) à cet Idéal est la donnée même du monde actuel. Il n'est donc pas étonnant que la psychanalyse gène partout dans le "monde civilisé", hormis la France paraît-il...il y a le discours du complot et celui de l'intolérable exception qu'est la France !
Oui les psychanalyses, certains psychanalystes disent des conneries, mais ils ne sont pas les seuls. Il y a aussi beaucoup de gens et parmi les psychiatres notamment, qui se disent psychanalystes et qui ne le sont point, ni par leur pensée, ni par leurs actes, ni par leur parole et parfois même ni par leur formation.
Mais ce qui me surprend le plus c'est qu'on accuse souvent les psychanalyses de "culpabiliser" les parents. Alors que la notion même d'inconscient devrait rendre cette démarche absurde ! Quand un pédiatre explique à une maman ou un papa comment s'y prendre avec son enfant, on ne pense pas qu'il culpabilise les parents, mais voilà il n'est pas un "psy", on a tellement peur du "psy", de cela qui viendrait nous dire que nous sommes "pas normal", c'est vrai ! mais justement ce que vient dire la psychanalyse là, est libérateur : "personne n'est normal....!" étonnant non ? "Etre anormal c'est normal" surprenant non ?
On examine pas suffisamment de quoi il s'agit dans le comportementalisme, théorie dont sont issues les thérapeutiques dites éducatives ("pédagogiques" faut quand même pas abuser !) - qui sont plus justement "ré-éducatives" (ABBA, TEACH ou autres, ceci dit en passant : programmes qui coutent très chers (!!!). Il s'agit de méthodes qui proposent de reconditionner des apprentissages erronés (c'est-à-dire : des renforcements positifs de comportement-problèmes), c'est donc que l'enfant a mal appris ! Or l'apprentissage de l'enfant dépend en grande partie de l'environnement. Autrement dit c'est l'environnement qui en est responsable. Le comportementalisme n'a absolument pas besoin d'une théorie génétique (au contraire je dirai) : mais qui se préoccupe de ces contradictions puisque la haine contre la psychanalyse sert de liant et permet de faire bloc, de se sentir bien au chaud dans les certitudes de la Science. N'est-il pas étonnant que dans les milieux comportementalistes, il n'y a aucun débat, conflit d'écoles alors que chez ces "antidémocrates", ces "totalitaires" (cf Onfray) de psychanalystes, les débats contradictoires les plus durs ont été dès le début de mise...
Remarquez ce n'est pas nouveau pour la psychanalyse, tout au long de son histoire elle a été l'objet de la calomnie, des mensonges, des contre-vérités, des approximations les plus ridicules, mais plus grave elle a aussi été considérée comme une pensée décadente, perverse, corruptrice des moeurs , des coeurs et des esprits notamment, n'en déplaise à Mr Onfray, par les nazis qui ont brulés les livres de Freud, mais aussi, après guerre, par les soviétiques et les staliniens de tous les pays, qui préféraient le pavlovisme pour fonder la "psychiatrie rationnelle" (dont on sait ce qu'elle a été dans ces pays - une méthode de lutte contre la dissidence et la déviance en tous genres). A propos de déviance, la psychanalyse aurait longtemps stigmatisé l'homosexualité, mais quid de Eyseneck et de son comparse Mark, fondateurs de l'humanisme cognitiviste, et cependant homophobes, voilà des choses oubliées.
Il ne s'agit pas de dire que la psychanalyse est la panacée, il ne s'agit pas de dire qu'il n'y a pas eu des attitudes rigides, des convictions aveugles qui ont fait dire ou faire pas mal d'anneries en son nom, mais au fond pas plus que les autres. Dépassons la psychanalyse mais sans régresser en deçà d'elle vers les joies infantiles des localisations cérébrales et de la croyance au parallélisme psychocérébral ! Comme l'a écrit F. Nietzche : "dieu est mort, mais il sera long le temps avant que nous en ayons fini avec son ombre !" Et combien il avait vu juste. Dans leur volonté systémique d'incarner la Divinité sur terre tous les régimes totalitaires et dictatoriaux se sont méfiés vivement de la psychanalyse, pourquoi ? Parce qu'elle dément justement le fait qu'on puisse se passer de l'intermédiaire d'un être humain vivant singulier et non théorisable (mais terrorisable, justement pour cela) pour effectuer le hiatus entre la théorie et la pratique, elle dément qu'il y a une causalité mécanique et calculable entre la théorie et la pratique, autrement dit elle avance l'idée que la technique est créatrice, qu'elle n'est pas une simple servante de l'esprit et de la pensée, mais qu'elle sécrète de la théorie. Et cela gène tous ceux qui rêvent de contrôler leur vie et celles des autres (de leur enfants entre autres), qui rêvent de voir le monde par les yeux de la divinité. Pourtant c'est tout ce que nous apprend le XX° siècle. Ainsi de quelle civilisation parle-t-on quand on fustige la psychanalyse comme une antiquité ?!
Merci au collectif des 39, dont le post a été manifestement peu lu, tant l'intérêt pour la chose hors la haine est faible, pour avoir rappelé des évidences que comme psychiatre nous constatons quotidiennement. Mais pour garder espoir, et non espérance, rappelons nous que le temps est long, et que les soi-disant méthodes miracles n'ont pour l'instant produit des résultats que sur une durée de temps relativement modeste. Déjà, malheureusement, des adolescents avec autisme depuis leur plus jeune âge et qui, ayant échappé (il y en a ?!) aux affreux gribous psychanalystes, ont subi les méthodes comportementalistes nous arrivent à cet âge pubertaire en psychiatrie car plus personne n'en veut, tant ils sont ingérables, ni leur parents, ni leur moniteur ABBA ou autres, ni personne, sinon ces "salauds de psychiatres psychanalystes", s'ils ont de la chance, psychiatres psychiatriques, s'ils en ont moins.....
Merci d’aborder cette Cause Nationale 2012. J’espère que cette émission sur l’autisme n’est que la première d’une série. Malheureusement, une émission intitulée « comment soigner l’autisme ? » sans parler de l’ABA (Analyse Appliquée du Comportement) c’est un peu comme une émission sur Mendeleïev sans évoquer la table périodique des éléments, ou une émission sur Christophe Colomb sans mentionner la découverte de l’Amérique centrale. Pour faire bonne mesure l’équipe de France Culture et Hervé Gardette devraient maintenant inviter quelques experts en ABA qui pourraient clairement répondre à la question « comment soigner l’autisme ? » et plus précisément qu’est ce qu’on sait bien soigner et qu’est ce qui donne plus de difficultés ? Quelles sont les techniques employées ? Qu’est ce qui fait qu’une intervention est efficace ? Comment sélectionner et évaluer un établissement, un programme et/ou un(e) professionnel(le) au niveau de la prise en charge ? Et oui, il existe des critères de soins objectifs et universels quelle que soit « l’obédience » du clinicien…
La méthode ABA a pourtant bien été évoquée au cours de l'émission, mais sans doute trop brièvement. L'occasion pour nous de revenir, dans quelque temps, sur ce sujet.
le site de soutien au film "le mur" a ecrit un article sur l'emission :
http://www.soutenonslemur.org/2012/01/14/france-culture-du-grain-a-moudr...
joli discours à l'antenne mais dans la réalité ???
Mme Pinilo espère avoir plus d'adultes dans les établissements ?? Moi, j'espère le contraire car si l'on applique très précocemment les méthodes comportementales aux jeunes enfants, il seront certainement plus autonomes et plus à même de vivre seul que les adultes actuels qui n'ont eu des "non-prises en charge" à cause de la psychiatrie psychanalytique.
Sachez aussi que les formations internes sont encore maintenant d'obédience psychanalytique donc qui n'aident en rien les adultes.
Et si les choses n'ont pas évoluées en France ce n'est pas à cause de ces "guerres stériles" entre comportementalistes et psychanalystes, c'est à cause des freins que les psychanalystes ont posé partout aussi bien au niveau de l'université qu'au niveau des établissements (hdj, cmp, cmpp, ime, ...)sous leur emprise. Ils ont freiné au maximum toutes les évolutions possibles, ils n'ont pas cherché à évoluer avec les découvertes scientifiques et les nouvelles méthodes de travail. Mais, pour essayer de sauver un minimum leur source de revenu, ils nous inventent la "neuropsychanalyse".. interprétation psychanalytique de résultats scientifiques .. de qui se moque t-on ???
- L'approche psychanalytique de l'autisme est invalidée par la communauté internationale et non reconnue par tous les pays civilisés
- C'est la seule approche reconnue par l'etat français ( 80% des psychiatres ont une vision psychanalytique de l'autisme )
- 99% des parents refusent cette prise en charge.
- seuls les projets de structures à orientation psychanalytique sont financés par l'etat : les projets à orientation educative sont rejetés.
les parents sont pour une aide psychologique, comme tout enfant ayant des difficultés: mais pas pour une therapie psychanalytique, qui est dangereuse et montrée du doigt par le Comite Consultatif National d'Ethique dans un rapport 2007.
La France a ete condamnée par la cour europeenne pour maltraitance des enfants autistes : et a imposé l'etat français d'ouvrir des centres de diagnostic.
Où en serait on si la France n'avait pas ete condamnée ? Seule la psychose infantils existerait en guise de diagnostic : retrait de l'enfant à sa famille, placement en hopital psychiatrique de jour. quand à l'education..oubliée
Tres peu de choses ont changé depuis....ce sont les associations de parents qui font evoluer les choses en France, des parents freinés par des pros incompétents qui font tout pour les briser.
Puor travailler intelligemment, je crois que les pros, au lieu de remettre les parents à leur place, de les culapbiliser, devraient s'en inspirer, car ce sont eux qui sont à l'initiatives des maigres progres constates en France.
"Il est vrai que la querelle entre tenants d’une approche psychanalytique d’une part, comportementaliste d’autre part, il est vrai que cette querelle aura longtemps été un frein à une approche plus raisonnée (et sans doute plus efficace) de ce handicap"
....oui c'est vrai que si les psychanalystes n'avaient les pleins pouvoirs en imposant leur prise en charge aux autistes français, si les psychanalystes s'etaient retirés du champ de l'autisme ( puisque leur approche est invalidée par la communaute internationale ), on aurait peut etre cumulé moins de retard! qui met un frein à qui ?
Remettez les choses dans leur contexte ; les autres pays civilisés ont mis en place il y a des années d' autres façons de prendre en charge les autistes que par la psychanalyse ( seule reconnue par la france ): des façons qui leur permettent d'etre aujourd'hui moins dependants et de ne pas se retrouver en HP ou institutions, comme cela l'est pour les autistes français qui sont passés par la psychanalyse.
voyez le film de sophie robert, vous comprendrez pourquoi les autistes aujourd'hui sont ce qu'ils sont. qui est en faute professionnelle et continue à l'etre, au lieu de se retirer ?
http://www.soutenonslemur.org/2011/12/01/regardez-le-mur-ou-la-psychanal...
ce film sera montré devant une centaine de pros americains le 27 janvier à philadelphie...j'ai hate de voir leurs reactions !
Si vous ne parlez pas de ce film , les pays etrangers s'en chargeront, et ça vous reviendra dessus bcp plus fort !
Bonjour,
Le film que vous évoquez pose un véritable problème sur la manière dont les témoignages des psychanalystes ont été recueiilis, même si il aborde des questions intéressantes sur le sujet.
Afin que les internautes aient d'autres éléments de jugement sur ce documentaire (qui n'a pour l'instant pas trouvé de diffuseur), vous pouvez également réécouter la chronique de Caroline Eliacheff, du 7 décembre dernier : http://www.franceculture.fr/emission-les-idees-claires-de-caroline-eliacheff-les-idees-claires-de-caroline-eliacheff-2011-12-07
L’autisme, grande cause nationale ?
L'autisme a reçu le label "Grande cause nationale 2012". L'exposition médiatique de ce sujet va s'intensifier, un groupe de travail s'est formé à l’Assemblée Nationale dont les premières rencontres parlementaires débutent jeudi.
Comment ne pas se réjouir de l'intérêt porté à l'autisme face aux insuffisances actuelles de la prise en charge thérapeutique, éducative et pédagogique et des possibilités professionnelles proposée à ces patients (adultes et enfants) ? Cependant, l'aspect polémique et orienté des discours offerts au grand public empêche d'ores et déjà d'être optimiste sur l'issue de ce travail parlementaire. En effet, on nous donne à entendre:
De fausses évidences:
"L'autisme est un trouble neurologique". Faux: si une dimension biologique de l'autisme est une hypothèse forte, les différentes
recherches effectuées sur le sujet, tant sur le plan d'une localisation neurologique (cerveau, cervelet, tronc cérébral), que d'une anomalie génétique ou hormonale (ocytocyne), n'ont pas permis d'établir formellement une origine organique à l'autisme. Il s'agit probablement d'une pathologie liée à l'intrication de plusieurs dimensions (organique, psychopathologique, environnementale, histoire de vie).
Mais ceci est un faux débat car une origine organique à l'autisme ne change rien au fait que ces enfants puissent évoluer grâce aux thérapies relationnelles.
"Le vrai problème est un grand retard diagnostique, qui montre l'insuffisance de formation des pédopsychiatres".
Faux: la raison de l'augmentation du nombre d'enfants autistes dépistés (passant de 1 enfant sur 2000 à 1 sur 150, environ) est l'élargissement des critères d'inclusion dans ce diagnostic de la classification DSM.
En effet, les "troubles envahissants du développement" ou "désordres du spectre autistiques" composent une acception de l'autisme beaucoup plus large que par le passé et conduisent à appeler "autistes" des enfants ou adultes qui précédemment auraient reçu un autre diagnostic (schizophrénie infantile, dysharmonie évolutive...). Ceci aux dépens de la
finesse diagnostique et, du coup, de la finesse des prises en charge, moins ajustées à la singularité de chaque patient.
Par ailleurs, cette fausse évidence entraîne une confusion entre "diagnostic" et "prise en charge". Que le diagnostic soit posé tôt ou tard, la vraie question est celle des modalités de suivi des enfants présentant des particularités de développement, qui ne peut être réglée par un protocole préétabli et ce, quel que soit leur diagnostic.
Enfin, le diagnostic d'autisme est souvent posé tardivement parce que la clinique des enfants, de tous les enfants, est fluctuante et réversible, il est donc parfois dangereux voire traumatisant pour un enfant et pour ses parents de poser trop rapidement un diagnostic d'autisme. Il existe également un temps nécessaire aux parents pour accepter la pathologie de leur enfant et ce temps est propre à chacun. Si certains souhaitent un diagnostic le plus précoce possible, d'autres au contraire préfèrent que toutes les autres options diagnostiques soient éliminées précédemment.
"Les pédopsychiatres français refusent de se mettre à jour de l'évolution des connaissances et persistent à utiliser des classifications vieillottes telle la CFTMEA".
Faux: la plupart des pédopsychiatres français sont plus qu'à jour des scandales accompagnant la création des diagnostics DSM: alliances objectives entre médecins, compagnies pharmaceutiques et financeurs de l'industrie de la santé. Cette classification dite athéorique est au contraire profondément idéologique dans le sens d'une vision mécaniciste de l'être humain et se situe au carrefour d'enjeux financiers importants. Ceci lui ôte toute objectivité et toute scientificité.
Un faux procès fait à la Psychanalyse:
"La Psychanalyse est inefficace et inadaptée pour les enfants autistes". Faux: tout d'abord, la « Psychanalyse » n'existe pas. Il y a des psychanalyses, différents
courants dans la psychanalyse d'enfants, qui travaillent différemment, comme il y a différents courants à l'intérieur du cognitivisme.
L'objet général de la psychanalyse des enfants autistes est de réduire leurs angoisses, de libérer leurs capacités d'apprentissage, de permettre qu'ils trouvent du plaisir dans les échanges émotionnels et affectifs avec les personnes qui les entourent, de permettre qu'ils gagnent du champ dans les choix de vie les concernant. Il s'agit d'un travail au long cours dont les résultats ne sont pas évaluables avec des critères mécanicistes. Ainsi, les méthodes psychothérapiques sont complémentaires des méthodes éducatives et pédagogiques. L'une ne remplace pas l'autre. Il s'agirait que ces différentes théories et pratiques puissent dialoguer sur le mode de la controverse et non sur celui de la polémique éliminationniste.
Le vrai problème n'est pas celui de la méthode employée (psychanalyse, cognitivisme, pédagogie) mais celui de l'intensivité des suivis au cas par cas. Toute méthode, appliquée de manière intensive et raisonnée (au cas par cas pour chaque enfant) et avec un fort engagement des soignants, éducateurs, pédagogues, aboutit à des progrès chez l'enfant autiste.
"La psychanalyse culpabilise les parents d'enfants autistes et notamment les mères". Faux: la culpabilisation des parents est une dérive malheureuse des discours soignants,
éducatifs et pédagogiques de manière générale, et ce, de tout temps et de toutes époques. Certains psychanalystes n'y ont pas échappé et cela est tout à fait affligeant.
La psychanalyse, en elle-même, offre au contraire les outils pour penser cette facilité qui consiste à incriminer les parents comme fautifs. En effet, par le biais des concepts de résistance du ou des thérapeutes, du contre-transfert, de la rivalité imaginaire qui peut surgir entre les équipes soignantes, éducatives, pédagogiques et les parents, la psychanalyse a
construit les outils qui permettent de repérer, d'analyser et de dépasser les mouvements qui amènent un soignant, un éducateur ou un pédagogue à accuser massivement les parents d'un enfant en difficulté.
De fausses nouveautés:
"Avec des rééducations adaptées, un enfant autiste peut progresser et gagner en autonomie, mener une vie professionnelle et amoureuse épanouissante".
Oui, et la même phrase est applicable "avec des soins adaptés". Un faux scandale et un faux espoir:
"Le scandale est le manque d'intégration en école ordinaire des enfants autistes alors que, lorsque celle-ci est possible, ces enfants effectuent des progrès spectaculaires".
Faux: l'intégration scolaire en école ordinaire des enfants autistes est un formidable tremplin pour certains, une simple aide pour d'autres, une corvée douloureuse pour d'autres encore et une souffrance intolérable pour d'autres enfin. Et ce, quels que soient les aménagements effectués.
L'intégration scolaire fait partie des techniques pédagogiques proposées aux enfants autistes, elle ne doit pas remplacer les techniques thérapeutiques ni les techniques éducatives. Ce n'est pas l'un ou l’autre mais les trois ensemble, au cas par cas pour chaque enfant.
Le triomphalisme des discours présentant l'intégration scolaire comme seule méthode faisant progresser l'enfant risque de provoquer de faux espoirs et, en conséquence, de lourdes déceptions pour les parents d'enfants qui ne peuvent supporter l'école et devront rester à domicile, sans place dans un établissement spécialisé.
Un vrai scandale: la pénurie de places en établissements spécialisés et adaptés, en France, pour les enfants et les adultes en difficultés.
Il est scandaleux de devoir envoyer son enfant en Belgique car aucun établissement français adapté ne peut l'accueillir faute de place.
Il est également scandaleux de voir certains établissements inadaptés à la prise en charge d’enfants autistes (IME, ITEP) être mis en avant pour palier à l'insuffisance du service public ou à l'absence d'hôpitaux de jour dignes de ce nom. Ces établissements se voient souvent obligés de refuser les enfants les plus en difficulté, dans l'incapacité de leur offrir un accueil adéquat.
Cela produit une ségrégation honteuse et c'est à cela que devraient s'atteler les pouvoirs publics!
Au total : quel sera l'effet de la mise en place du groupe parlementaire de travail sur l'autisme ? Au vu de la forte partialité des discours tenus, gageons que les conclusions aboutiront à la mise à l'écart des théories et pratiques psychanalytiques (pour des raisons idéologiques) et à une loi renforçant l'obligation scolaire des enfants en difficulté sans augmenter le nombre de places en établissements spécialisés (plus économique et plus démagogique à la veille des élections).
C'est alors que nous, patients, parents, soignants, nous aurons beaucoup perdu. Espérons que cette année sera aussi celle de la pensée et de la controverse, pas seulement celle du populisme et de la réduction des dépenses de santé.
www.collectifpsychiatrie.fr
Journée d’action des 39, le samedi 17 mars 2012 à Montreuil, "La Parole Errante à la Maison de l'Arbre", 9 rue François Debergue, 93100 - Montreuil-sous-Bois, Metro Croix de Chavaux.(métro ligne 9) Inscriptions : http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=9
J'ai bien aimé l'explication sur l'apport de la psychanalyse. Cela mérite d'être approfondi.