Les heures et les jours qui nous séparent de la fin octobre vont probablement sembler bien longs à Jean-Marc Ayrault, ainsi qu’à tout son gouvernement. Pourquoi fin octobre ? Parce que, sauf surprise, à cette date-là, le Traité budgétaire européen aura été voté par les parlementaires. Mais en attendant, il va falloir tenir…
Tenir face à ceux, nombreux, qui voient dans ce traité à la fois un déni de démocratie dans la mesure où il n’y aura pas de consultation populaire, et une sanctuarisation des politiques d’austérité avec la désormais fameuse règle d’or, règle qui interdit à chaque pays d’avoir un déficit structurel supérieur à 0,5% de son Produit intérieur brut.
Marie-France Garaud, Thomas Houdaille et Thomas Coutrot J-C Francis © Radio France
Ce matin, le conseil des ministres examinait les deux projets de loi relatifs au nouveau Traité. L’occasion pour le Premier ministre de renouveler un exercice devenu presque quotidien depuis la rentrée : une mise en garde adressée à sa majorité : « ceux qui croient à l’Europe, qui sont sincèrement européens, sauront prendre leurs responsabilités ». Autrement dit, s’opposer au Traité budgétaire européen revient à s’opposer à la construction européenne.
Demain, on commémorera davantage qu’on ne célèbrera le 20ème anniversaire du référendum sur le traité de Maastricht, acte fondateur de la monnaie unique. A l’époque, le Oui l’avait emporté d’une courte majorité. A en croire les enquêtes d’opinion, si c’était à refaire, ce serait non, franchement non, à 64%.
Chacun sait qu’on ne refait pas l’Histoire. Mais s’agissant de la construction européenne : « avons-nous encore le choix ? ».
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Invité(s) :
Thomas Coutrot, économiste, co-président d'ATTAC
Marie-France Garaud, ancienne députée européenne, présidente de l'Institut international de géopolitique
Thomas Houdaille, secrétaire général du think-tank EuropaNova et directeur du programme européen de leadership, 40under40
Thème(s) : Idées| Economie| Débat| Institution| Politique
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Document(s)
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L'Europe mal-traitée : refuser le pacte budgétaire, ouvrir d'autres perspectives en Europe Les Liens qui libèrent, 2012 -
Jalons vers un monde possible : redonner des racines à la démocratie Le Bord de l'eau, 2010





4 commentaires
Je suis tout à fait dáccord avec M. Houdaille, qu'on a déjà perdu notre souveraineté et qu'on peut la regagner en reduisant nos dettes. Tout le monde sait que faire des dettes, ces perdre de l'indépendence et de la liberté. Il faut sortir de cette spirale de la dette en reduisant nos dépenses.
Si nous n'avons pas le choix, c'est que nous sommes dans une dictature qui ne dis pas son nom alors?
Merci de nous avoir donné l'occasion d'entendre un débat bien argumenté et de bonne tenue sur une question politique importante.
Évidemment, on pourrait vous reprocher d'avoir invité deux partisans du "non" contre un partisan du "oui". D'un autre côté, les deux "nonistes" étaient loin d'être d'accord sur tout, et inviter quatre personnes pour une émission d'un peu plus d'une demi-heure aurait rendu sans doute trop court le temps de parole de chacun. J'imagine que ce doit être parfois la quadrature du cercle d'organiser ce genre de débat.
Merci pour votre message
En effet, trouver le bon équilibre n'est pas chose facile, et convier 4 invités sur un tel sujet aurait sans doute été frustrant, et seulement 2 un peu trop réducteur...quadrature du cercle en effet !
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