En partenariat avec Philosophie magazine : Le temps des politiques est-il compatible avec celui de la politique ? 4
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Peut-être ne connaissez-vous pas de la date précise du premier tour de la présidentielle française. Mais pour peu que vous soyez des téléspectateurs assidus des chaines d’information continue, vous ne pouvez pas ignorer qu’il ne reste plus que 54 jours avant cette échéance. Demain, 53, jeudi 52, et ainsi de suite jusqu’au jour J. Un compte à rebours qui finit par être oppressant, traduction médiatique d’un phénomène plus large, notre sujet ce soir : l’accélération du temps.
Olivier Rouquan, Martin Gros, Gilles FinchelsteinG Lombard ©Radio France
Pas n’importe quel temps : celui du champ politique. Il y a le temps de la campagne électorale, celui de la parole, ou plutôt des promesses. Il y a le temps de la mandature, celui de l’action, à condition qu’elle soit visible, bien plus qu’efficace. Et puis il y a cet autre temps, un peu oublié semble-t-il : celui de la réflexion, des projets à long terme, de ceux qui transcendent le calendrier électoral.
Dans son dernier ouvrage, La 3e révolution industrielle, Jérémy Rifkin s’interroge notamment sur la quantité d’énergie dont on a besoin aujourd’hui pour construire une automobile. « Il s’avère » écrit l’intellectuel américain «qu’on en utilise beaucoup plus que le nécessaire. Notre obsession de la rapidité dans la fabrication a un coût : la dépense d’énergie supplémentaire. Et utiliser davantage d’énergie signifie en gaspiller davantage »
On pourrait appliquer ce constat à l’exercice de l’Etat : à vouloir agir toujours plus vite, ne crée-t-on pas davantage de problèmes qu’on n’en résout ? Le temps des politiques est-il compatible avec celui de la politique ?
Le bonus de Gabriel Lombard.
Nicolas Israël est philosophe et professeur de philosophie en classe préparatoire, il a écrit notamment Spinoza : Le temps de la vigilance (Payot, 2001). Dans cet entretien, il rappelle les conditions de rédaction du Traité politique par Spinoza (1632- 1677) et la pertinence de ses concepts pour penser la politique aujourd'hui. Si les affects gouvernent la multitude, ils ne condamnent pas la politique au populisme. L'Etat garantit au citoyen la sécurité, et le citoyen en retour peut développer sa vigilance face aux dévoiements de la politique.
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Invité(s) :
Martin Legros, rédacteur en chef de Philosophie Magazine
Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès
Olivier Rouquan, politologue
Thème(s) : Idées| Philosophie| Sociologie| Débat| Idées| Politique
Lien(s)
Document(s)
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Penser le temps politique. Entretiens philosophiques à contretemps avec Daniel Innerarity Presses universitaires de Laval , 2011 -
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4 commentaires
J'ai bien apprécié l'idée du conditionnement de société par le temps et plus généralement les analyses qui ont été développées mais je regrette qu'à aucun moment (sauf inattention de ma part) il n'ait été fait référence à l'amélioration tangentielle des moyens de productions et aux mécanismes capitalistes qui consistent à raccourcir les cycles de production et de vente, à évoluer technologiquement et à intensifier le travail pour augmenter la rentabilité conjuguée du capital investi et de la coordination des contributions par le travail. Je me demande si, dans une émission où il était question de politique, c'est de l'inculture ou du parti pris résultant de la propagande ou le résultat de l'éducation dans une société de capitalisme triomphant courant à sa perte. Il me semble que ces considérations auraient eu la densité stratégique du temps long, beaucoup plus grande que les considérations éphémères sur le rapport au temps de tel ou tel candidat président ou camarade futur président. Mais par rapport aux autres radios, c'était vraiment très bien. Je vais podcaster et réutiliser pour mes formations à "l'efficacité tranquille"
Bonsoir,
Merci beaucoup pour la qualité de vos émissions. Les thèmes sont souvent très intéressants et très bien traités, je pense.
Dommage que votre émission ne dure que trente minutes.
Une fidèle auditrice de France Culture (chaîne de radio que j'adore).
Longue vie à votre émission,
Bien à vous,
Nunziatina de simone
Merci pour votre message. L'émission dure un peu plus que 30 minutes (40 en fait) mais c'est vrai que le temps y passe souvent trop vite ! A bientôt.
Bonjour,
Je vais peut-être enfoncer des portes ouvertes, mais ça fait parfois du bien d'extérioriser notre colère.
A mon sens, il faut distinguer 3 temps en politique :
- Celui du politicien,
- Celui de l'organisation de la société au sens grecque du terme,
- celui de l'organisation de l'environnement.
Le troisième est lié au long terme et devrai tendre à harmoniser la société humaine et ses interactions avec les autres êtres.
Le second, du moyen terme, que situerai à une dizaine d'année vue la complexité atteinte par nos société et la rémanence de pensée des nos congénères.
Le troisième, le temps d'un mandat, est complètement pervertis par l’orgueil, la corruption, le clientèlisme, le peu de clairvoyance, la lâcheté de nos politiciens. Cette perversion rend, du même coup, les deux autres temps pourtant fondamentaux, inexistants.