Nicolas Véron, Henri Sterdyniak ©Radio France/Pierre Lepoutre
Les ministres des finances de la zone Euro ont beau s’être mis d’accord sur un renforcement du Fonds européen de stabilité. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont beau se préparer à présenter dans les tous prochains jours un projet de révision des traités, en faveur d’une Europe plus intégrée : le malade ne passera peut-être pas l’hiver.
« Il y a plus d’une chance sur deux pour que la monnaie unique n’existe plus à Noël » pronostiquait Jacques Attali en fin de semaine dernière. « Dix journées cruciales pour sauver l’Euro » : c’est le titre, en pleine Une, du journal Le Monde daté de demain.
L’Euro va mal. Mais jusqu’à une période récente, ceux qui prédisaient sa disparition étaient d’abord vus comme des oiseaux de mauvais augure, partisans de la politique du pire.
Quelque chose est-il en train de changer ? En lisant les pages économies du Figaro aujourd’hui, on apprend que les grandes entreprises planchent désormais sur ce scénario d’une sortie de l’euro, « pour le cas où ». C’est donc que l’hypothèse est de plus en plus prise au sérieux.
Les Etats s’y préparent-ils aussi ? Et comment ? Existe-t-il un plan B, un scénario de sortie de l’Euro ?
"On n'a même pas créé une effigie à l'image de l'histoire européenne sur les billets d'euro." - Michel Crépu ©Radio France/Julie Gacon
Ecoutez le contrepoint de Julie Gacon. Michel Crépu, directeur de la revue des Deux Mondes pose la questions des fondements culturels européens. Et si, dès ses premières heures, l'Europe était un malentendu ?
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Invité(s) :
Henri Sterdyniak, économiste, directeur du département économie de la mondialisation de l'OFCE et professeur associé à l'université Paris IX-Dauphine
Nicolas Veron, économiste et membre du think tank européen Bruegel



9 commentaires
à Schmidt
Les altermondialistes tirent la sonnette d'alarme depuis 15 ans. La mondialisation (surtout quand elle est financière) a fait fausse route. Elle aurait pu prendre un autre (alter) chemin.
Les solutions proposées aujourd'hui par des économistes comme Jacques Sapir ou Jacques Généreux sont peu à peu reprises, même par des tenants de l'ordre capitaliste qui comprennent que mieux vaut un contrôle du système que le chaos où nous mène le libéralisme effréné :
fin de l'indépendance de la BCE et des banques centrales, politique monétaire favorable à l'investissement et non à la rente etc. Tout cela est possible en gardant les avantages d'une monnaie commune, sans ses inconvénients...
De toute façon, en cas de problème, la Grèce nous prêtera de l'argent.... c'est ça la solidarité européenne !
On peut dormir sur nos deux oreilles...
A quoi servent les économistes ? Il est atterrant qu'ils soient atterrés APRES ou simplement PENDANT le désastre. C'est TOUT LE MONDE qui est atterré. C'était AVANT qu'il fallait être des économistes.
Pourtant, il est facile de montrer que l'EUROPE N'EXISTE PAS, sur presque tous les plans ni diplomatique, ni militaire, ni culturel, ni social, ni même sportif ! Evidemment pas linguistique etc. Et nous apprenons qu'il n'y avait MEME PAS DE GOUVERNEMENT DE L'EURO. Et à la tête de tout cela, une pléiade d'anciens maos qui ont une vision purement économisante du système. Or, on sait depuis la Lotharingie, que l'economique seul n'a jamais généré un projet politique viable.
Au fond, où en sommes-nous : nous découvrons que nous sommes sur un navire dont les politiques sont totalement incompétents (et, bien sûr, un peu-beaucoup baratineurs, mais nous savions déjà que c'est le jeu) et les "économistes" des diafoirus.
Terrifiant.
Pourquoi ne serait-ce pas plutôt l'Allemagne qui sortirait de l'euro, suivi d une dévaluation pour les autres pays de la zone?
Bravo pour le titre de cette émission, mais n'aurait-il pas été plus judicieux d'inviter au moins un invité qui ne sont pas un eurolâtre dogmatique ?
Le débat sur la sortie de l'euro n'est que trop rare et l'on peut constater, au vu des dénégations et des airs gênés des intervenants, qu'il n'entre définitivement pas dans le schéma de pensée de l'omniprésente cléricature européiste.
Du haut du prône que leur offrent les médias, ils ressassent inlassablement leur doxa : 1°/ l'euro est un instrument merveilleux qui nous a protégé et nous protège, 2°/ le fédéralisme européen est notre seul et unique horizon...
Amen mes chers frères et soeurs !
Rappelons au passage que ce Nicolas Véron est membre du "think tank" Bruegel, lequel fut fondé et présidé par... Mario Monti, le nouveau gauleiter de l'Italie ! Parmi les généreux contributeurs de Bruegel on trouve Goldman Sachs (et oui !), BP, Daimler-Chrysler, EADS, Euronext, Suez, Nokia...
A vrai dire, notre intention n'était pas de refaire un débat : "Pour ou contre l'Euro", mais bien d'examiner le ou les scénarios de sortie de l'Euro (si ceux ci existent)
Nous avions donc fait le choix d'inviter 2 économistes aux approches sensiblement différentes (un membre du think tank Bruegel et un économiste atterré) Pour mémoire, Henri Sterdyniak a coordonné l'ouvrage "20 ans d'aveuglement : l'Europe au bord du gouffre", dans lequel il signait l'article intitulé : “Crise de la zone euro. Il est urgent de changer d’Europe".
Merci en tout cas pour votre contribution ainsi qu'aux autres internautes...
Sortir de l'Euro ? Cela est envisagé par un mouvement de gauche depuis un bout de temps, et l'actualité donne toute sa place à son analyse...
« l’Appel des 1 000 pour sortir de l’Euro et construire une monnaie commune »
http://www.m-pep.org/spip.php?article1911
Hypothèses sur la sortie de l’Euro. "S’il faut sortir de l’euro ..." de Jacques Sapir
http://www.m-pep.org/spip.php?article2034
et l'ouvrage « SORTIR DE L'EURO » de Jacques Nikonoff
http://www.m-pep.org/spip.php?article2021
Au cours de l'émission, on a pu apprécier que l'austérité brandie comme épouvantail est bien sûr le risque encouru en cas de ...sortie de l'euro...
Quand DSK a annoncé qu'une guerre des monnaies se préparait et qu'en tant que directeur du FMI il ferait tout pour l'éviter, il ne lui a pas fallut un mois pour se retrouver hors course...
De Mélenchon à Parisot, l'hypothèse d'une attaque concertée contre l'euro via les agences de notation américaines a été reprise mais bien peu écoutée.
Les EU connaissent une crise majeure et le seul moyen pour que le dollar ne perde pas sa place de monnaie mondiale c'est d'attaquer l'euro.
L'euro jouant son rôle de monnaie forte et ne pouvant être attaqué directement, l'attaque se fait via les dettes des Etats de la zone euro.
Complaisance où incompétence, les dirigeants européens passés (Grèce, Italie, Espagne...) présents (Sarkozy, Merkel...) et futurs (Hollande...), sont incapables de prendre les mesures nécessaires pour enrayer le mécanisme.
Pour avoir des solutions simples, efficaces et réalistes, il faut tourner son regard vers la gauche du PS.
vos invités semblent terriblement gênés pour répondre à une question simple "impact PRATIQUE sur l'épargne ", alors que ce n'est pas la question la plus compliquée...
nous cache-t-on quelque chose ?
pourquoi cette gêne à simuler pareille chose, intellectuellement parlant ?
on a clairement le sentiment de toucher à un tabou, à du non politiquement correct ...
effrayant