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François Rachline, Norbert Gaillard, Philippe Simonnot ©Radio France/Pierre Lepoutre
Tant que la France sera debout, on ne touchera pas au Mont Saint-Michel, ni à la Tour Eiffel. On ne touchera pas non plus au bœuf bourguignon, à Jeanne d’Arc, à Molière. Tant que la France sera la France, pas question de faire le moindre mal à notre plus précieux bijou, notre « trésor national » pour reprendre la formule d’Alain Minc : le triple A. Or voilà qu’un danger menace la patrie : il y a tout juste une semaine, l’agence de notation Moody’s décrétait la mise sous surveillance des finances françaises, se donnant 3 mois pour déterminer si la note maximum dont bénéficie notre pays est toujours justifiée.
Depuis, branle bas de combat. A Bercy notamment. « Nous serons là pour conserver ce triple A » assure François Baroin, le ministre de l’Economie et des finances, « c’est une condition nécessaire pour protéger notre modèle social…Nous mettrons tout en œuvre pour ne pas être dégradés ». Tout en œuvre : on en saura peut-être davantage jeudi soir si Nicolas Sarkozy intervient à la télévision à propos de la crise économique et financière. Ce qui est à peu près sûr, c’est que de nouvelles mesures d’austérité devraient être annoncées, comme ailleurs, dans les pays d’Europe confrontés à une dégradation de leur note, et surtout (car il ne s’agit pas de se tromper de mal) de leur dette.
En Grèce, en Italie, au Portugal, en Espagne…les plans de rigueur se succèdent, sans autoriser pour autant les Européens à imaginer une sortie de crise. Tandis que de l’autre côté de l’Atlantique, Barack Obama bataille avec le Congrès pour tenter de faire adopter une toute autre politique : un vaste plan de relance. Est-ce bien que la note des Etats-Unis ait été dégradée dans le courant de l’été ? Alors quelle est la bonne politique à suivre ? Faut-il se rire du AAA ?
"De l'argent, en France, il y en a." ©Radio France/Julie Gacon
"Si agences de notation il doit y avoir, elles pourraient etre publiques et européennes." ©Radio France/Julie Gacon
Ecoutez le contrepoint de Julie Gacon. Si vous aviez raté la manifestation pour un carosse dans le cortège de la CGT, ou la remise du diplôme de fils à papa à Jean Sarkozy, découvrez la dernière opération du collectif Sauvons les riches. Ce lundi 24 octobre au matin, le rendez-vous était fixé à neuf heures devant le siège parisien de l'agence de notation Moody's pour réclamer une notation des agences de notations.
Invité(s) :
Norbert Gaillard, docteur en économie, consultant pour la Banque Mondiale
Philippe Simonnot, docteur en économie
François Rachline, conseiller spécial du président du Conseil économique, social et environnemental, professeur à Sciences Po
Thème(s) : Idées| Economie| Finance| agences de notation






18 commentaires
J'applaudis triplement à votre excellent titre !
L'ensemble des salaires, bonus, stock options et dividendes perçus en 2007 par les patrons du CAC 40 représentait 161 millions d'Euros (L'argent des Français, Jacques Marseille)soit 4O Euros par personne si on les distribuait aux 3,7 millions de Français les plus pauvres. Les auditeurs qui pensent qu'il y a un énorme pactole à confisquer aux riches n'ont tout simplement pas le sens des ordres de grandeur. Pour mémoire, la dette de la France est de l'ordre de 1600 milliards d'Euros.
Je comprends la frustration d'auditeurs qui rêvent encore du Grand Soir mais ce n'était pas le sujet et j'ai trouvé votre émission équilibrée et instructive.
j'ai été attiré par votre émission par la présence simultanée d'un orthodoxe de la création monétaire P. Simonnot et de F. Rachline qui dans 2 livres nous a montré comment l'argent se crée ex nihilo :
- soit par les banques privées, mais elle le font en contrepartie de dettes (c'est une monnaie "temporaire" et inflationniste qui se crée et se "décrée" en fonction des demandes et remboursements de crédit)
- soit par les institutions souveraines banques centrales directement ou indirectement dans la main des états (ou qui devraient l'être ...mais dans l'UE on a cru devoir les rendre "indépendantes"! indépendantes de qui de quoi ? sûrement pas de l'influence délétère et auto réalisatrice des agences de notation...): dans ce cas on crée de la monnaie sans contrepartie de dette, elle est donc permanente et déflationniste et peut donc servir de levier pour la croissance.
F Rachline le sait et je suis surpris, mais sans doute est ce de prudence (la phobie de la planche à billet?...) de l'entendre dire "on aura de plus en plus de mal à trouver de l'argent! çà ne cadre pas avec ce qu'il explique bien dans ses livres et que d'autres, que vous pourriez inviter aussi (A. Grandjean et G. Galand "La monnaie dévoilée").
En conclusion j'ai apprécié votre émission et vous incite à recommencer sur ce thème qui ne va pas se démoder! avec d'autres auteurs...(F Lordon cité par un autre contributeur serait évidemment un bon choix.
AM
Ce que je regrette ou peut être n'est je pas écouté d'une oreille assez attentive, c'est que le sujet n'a pas été traité. Il n'a que très peu été question des agences de notation alors qu'il y avait un spécialiste. Par exemple, quels sont leurs critères ? Ces derniers diffèrent -ils d'une agence à une autre ? Sont elles réellement indépendantes (le fait que les trois principales soient américaines ne pose -t-il pas problème)? Y-a-t-il des règles spécifiques de gouvernance pour ces agences de notation? Sont elles les même que pour les agences d'audit ? Quel est l'écart entre la réalité et la règle (et on sait que la séparation du conseil et de l'audit après l'affaire Enron, si elle est respectée, ne consiste parfois qu'en un simple changement de nom pour l'une des deux activités)
Il faut pas avoir peur de rentrer dans le détail, parce que j'ai eu l'impression d'entendre un peu des banalités.Soyons précis.
A vrai dire, l'émission ne portait pas sur les agences de notation, mais sur les politiques économiques qu'elles induisent. Raison pour laquelle nous n'avons pas davantage creusé leur mode de fonctionnement (déjà bien abordé dans de précédentes émissions de la chaine)
Merci pour votre écoute
Propos écœurants de conformisme de tous ces experts en dogmatisme économique. Du Grain à moudre portait mal son titre aujourd'hui : le grain livré dans l'émission était déjà archi-moulu.
A François Racheline pour qui, je cite : "on aura de plus en plus de mal à trouver de l'argent", je conseille la lecture de l'ouvrage "Les rémunérations obscènes" de Philippe Steiner, nouvellement paru chez Zones. L'auteur examine dans le détail le scandale de l'appropriation des richesses par une caste en collusion avec les politiques. L'argent est facile à trouver.
J'avais trouvé l'émission très intéressante avec des points de vue franchement différents exposés avec courtoisie (keynésianisme vs libéral) et puis à la lecture des commentaires une surprise : l'ignorance fondamentale en économie, l'incompréhension, les poncifs, les contresens.
Bon ; c'est pas demain la veille ....
En tout cas, merci Hervé.
Je suis également atterré que vous n'ayez pas jugé bon d'inviter les économistes du même nom pour casser le raisonnement convenu, correct, obligatoire des auto-proclamés experts de la dette souveraine, dont le discours est repris en boucle par les niais et les malins.
Car enfin, que vouliez-vous que proclament vos invités, sinon les mêmes dogmes avec quelques nuances.
Certes, vous avez fait ce que vous avez pu, mais la partie était impossible puisque vos invités avaient le même jeu!
Imaginez un peu d'inviter un économiste compétent mais humble dont l'objectif serait de s'intéresser aux moyens de mettre l'économie au service de l'homme, de son bien-être, de sa santé, de son instruction, de son épanouissement... Imaginez un peu...
Car enfin, ne sentez-vous pas que le monde dominé par quelques-uns, servilement courtisés par tant d'autres, journalistes également, ne sentez-vous donc pas que ce monde tourne à l'envers?
Ne sentez-vous pas que la fabrication forcenée de profits tue une partie de l'humanité, et la planète qui nous nourrit et qu'il serait raisonnable de chercher l'issue avant que, avant que...
Soyez France-culture, fichtre: un peu d'audace, sortez des sentiers battus, invitez des inventeurs de différentes perspectives, des proposeurs d'autres solutions, bref créez de vrais débats, s'il-vous-plait!
Amusante, enfin votre petite séquence finale sur Moody's... Mais je ne peux m'empêcher de m'interroger sur votre choix des trublions (bien sympathiques au demeurant) quand la semaine dernière le Front de Gauche s'invitait en humour dans les locaux de l'agence de notation boulevard Haussmann: cela vous aurait échappé ou votre intention était de créer un rideau de fumée sur cette initiative? Pour info: http://www.youtube.com/watch?v=_GdAhW_bdmc
cordialement
PCH
Bonjour,
Je persiste à penser qu'il y a quand même eu du débat dans l'émission, même si celui-ci aurait sans doute pu être encore plus tranché.
L'Opération Andouillette du Front de gauche chez Moody's ne nous avait pas échappée : il me semble qu'elle a été largement relayée par les médias, et je ne comprends pas très bien quel aurait été notre intérêt à vouloir "créer un rideau de fumée" autour cette initiative.
Comme cette page le prouve, nous sommes ouverts à tous les commentaires, et comme vous pourrez vous en rendre compte en consultant nos précédentes émissions, nous ne ''roulons'' pour personne.
Merci pour votre contribution.
Bien entendu qu'il faut se rire du "triple A" !
Mais pas dans la situation actuelle. Pour pouvoir le faire, il faut avoir repris le contrôle de l'émission monétaire. Prérogative régalienne dont nos gouvernants ont volontairement dépossédé l'Etat au profit de la finance privée !!!
Pour la France, dès 1973, via la loi 73-7 du 3 janvier 1973 dont l'article 25 précisait
"Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France". (http://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?cidTexte=JORFTEXT000000334815)
Ca signifie simplement qu'il est interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, ce qui condamnait la France à emprunter à des banques privées, donc à payer des intérêts.
"Comme celui qui a l’argent est toujours le maître de l’autre, le traitant se rend despotique sur le prince même : il n’est pas législateur, mais il le force à donner des lois."
Montesquieu
Il s'agit ni plus ni moins d'un acte de haute trahison.
La loi du 3 janvier 1973 fut réitérée par la loi n° 93-980 du 4 août 1993 qui, par son article 3, interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l'acquisition de titres de leur dette.
Cet article était la transposition en droit français de l'article 104 du traité de Maastricht qui interdisait aux États d’emprunter auprès de leur banque centrale (article devenu l'article 123 du traité de Lisbonne).
Mais si une loi française peut être modifiée ou abrogée par le parlement national, un traité européen ne peut être modifié qu'à l'unanimité des 27 Etats-membres...
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La première chose à faire maintenant, pour pouvoir se rire un jour du "triple A", c'est d'appliquer à notre pays la "procédure de retrait volontaire de l'Union" prévue par l'article 50 du traité de Lisbonne.
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"Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes."
Woodrow Wilson, président des USA de 1913 à 1921, naïf élu avec le financement des futurs propriétaires de la FED (qui appartient à des intérêts privés) pour permettre sa création.
"Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin."
Henry Ford
Bonsoir,
J'étais coincé sur mon pallier, car j'avais oublié les clefs. Il faut bien préciser le contexte pour m'expliquer sur le fait que j'ai pu écouter les trois zozos libéraux déverser leur classique litanie.
Au-delà du fait que l'émission n'a finalement pas porté sur la problématique initiale "faut-il se rire du AAA ?", mais bien plutôt sur "comment mieux s'y prendre pour faire reculer l'Histoire de soixante-dix ans en arrière, et remettre à leur place 30 millions de travailleurs et retraités ?", le plus fâcheux est sans doute que les trois amis n'y connaissent pas grand chose en économie...
Pas un seul pour comprendre (ou admettre) que la crise est consubstantielle du capitalisme, et que c'est ce dernier qu'il faut remettre en cause !
Allez, relisons Marx et le "Stade Suprême du capitalisme"de Lénine, tout y est... concernant l'analyse du moins !
@HG:
Vous m'aurez mal compris, ou je me suis mal exprimé.
Ce que je voulais manifester, c'est qu'un débat entre un ultralibéral et l'un des économistes que je vous ai cités eût été davantage incisif et instructif.
Je n'ai pas émis le souhait d'organiser une table ronde Lordon/Généreux/Sapir, mais bien un débat authentiquement contradictoire.
Encore que, puisque vous tendez la perche, une discussion qui sorte un peu du ronron habituel, ça changerait un peu, non ? A moins que ce ne soit justement un flot de commentaires négatifs qui soit recherché ?
Lors de l'émission, le plus curieux (et le plus étrange) c'est que c'est l'animateur qui posait des questions qui allaient à rebrousse-poil de leurs convictions.
Cela dit, je maintiens que les points de vue de vos invités étaient -très loin- d'être diamétralement opposés.
Quoiqu'il en soit, merci pour votre réponse, et à la liberté laissée aux commentaires des communs du mortel.
Le principe des notations en l'état actuel est-il légitime ?
Faut-il prendre au sérieux le processus des notations tel que défini actuellement ?
Hé bien, pour débattre des agences de notation et de la situation économique des Etats, vous avez invité qui ? un social libéral, un libéral et un ultra libéral. Bravo pour l'objectivité de votre émission...
Ce que l'auditeur retiendra, c'est le catéchisme habituel : "on ne peut pas faire autrement, c'est à cause de la faute des gouvernements des 30 dernières années,il faut réduire les dépenses publiques, il ne faut pas casser le thermomètre, c'est comme ça gnagnagni gnagnagna".
Au moins on a appris une chose : après les retraites, le prochain pillage des libéraux, c'est les budgets de la sécurité sociale et de l'éducation qui vont être siphonnés pour aller vers le privé.
Franchement, avec un ultra libéral comme invité, vous auriez pu A MINIMA inviter un économiste comme Frédéric Lordon, Jacques Généreux ou Jacques Sapir, là il y aurait eu un vrai débat.
Et c'est France Culture en plus ! Honte à vous...
Je ne suis pas sûr que si nous avions proposé un débat avec un des économistes que vous citez mais sans un contradicteur "ultra libéral", nous aurions eu autant de réactions négatives.
Il me semble tout de même qu'il y a eu du débat, et que les positions défendues par François Rachline étaient très éloignées de celles de Philippe Simonnot.
Mais cet espace Commentaire est là pour laisser à tous la possibiité de s'exprimer, donc merci pour vos contributions.
Les agences défendent le modèle néolibéral qui privatise les profits et fais prendre les pertes en charge par l'ensemble des peuples, bref qui siphonne la richesse crée par tous au profit de quelques uns...ça dure depuis que le monde est monde ce combat. Vous ne parlez pas de l'homme jamais, il n'y a que les gauches qui ont apporté un peu de progrès social et le front populaire des améliorations significatives, ça sert à quoi autrement. Et quel scandale c'est exemple de la chemise Dites un peu quelle est la part du cout de revient quel qu'il soit par rapport au prix de vente et aux marges intermédiaires......ça ne compte pas!!!
La pensée unique est encore en train de frapper.. Quand donc inviteriez vous des gens d'opinion différentes. Lequel de vos invités fait partie des économistes atterrés?? J'aimerais entendre des points de vue différents, sur la répartition des richesses par exemple et la fin du néolibéralisme, du capitalisme financier sauvage, d'autres modes de financement de la dette....comme aux USA par exemple
Pouvez-vous commenter le fait que le successeur de M. Trichet à la BCE a quelques responsabilités dans la faillite de la Grèce ? Ce banquier n'est pas étranger à la banque Lehman Brothers... Comment se fait-il qu'aucun banquier ne soit inquiété par la justice ?
Pouvez-vous aussi préciser que la faillite de la Grèce rapporte beaucoup d'argent à court terme.