Greenpeace, WWF : même combat, mêmes armes ? // Israël, monde arabo-musulman : une nouvelle donne ? 3
Denis Chartier, Frédéric Encel, Bertrand Badie ©Radio France
En première partie, Frédéric Encel et Bertrand Badie débattront sur la nouvelle donne des relations entre Israël et le monde arabo-musulman.
En second sujet, à l'occasion où les ONG Greenpeace et WWF fêtent respectivement leur quarantième et cinquantième anniversaire, nous nous interrogerons avec Denis Chartier, maître de conférence au département géographie de l'Université d'Orléans sur ce qu'il en est aujourd'hui des engagements écologistes associatifs ?
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Invité(s) :
Denis Chartier, maître de conférence au département de géographie de l'Université d'Orléans
Frédéric Encel, directeur d'études à l'institut français de géopolitique de Paris-8 et maître de conférence à Sciences-Po Paris
Bertrand Badie, professeur de relations internationales à Sciences-Po Paris
Thème(s) : Idées| Géopolitique| Proche Orient| Environnement| Morale| Greenpeace| Israël| monde arabe| Turquie







3 commentaires
Savez-vous que le terme "arabo-musulman" dénote ignorance ou racisme (les deux étant souvent liés) car les pays qui comptent le plus de musulmans ne sont pas arabes ?
Le terme ''arabo-musulman'' ne signifie pas que les musulmans sont forcément des Arabes.
Il désigne une zone géographique qui s'étend de l'Afrique du nord à l'Asie centrale : je ne vois pas en quoi son usage dénoterait un quelconque racisme.
HG
Machiavel face à don Quichotte ou... l'Etat israélien face au petit Peuple palestinien.
Et pour ne plus y revenir...
Tentative de reconstitution d'un monde qui gît épars, tel un puzzle dont les pièces ne seront jamais rassemblées puisque son image a été volontairement égarée.
Tentative... d'une seule traite et dans un seul souffle.
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Israël est un allié.
Soit !
Mais alors... il ne peut s'agir que d'un allié dont les pratiques appartiennent désormais à cette région du monde qui n'a de cesse de cultiver une incapacité au pardon et à la compassion envers quiconque ne possède pas les mêmes attributs religieux, ethnique ou politique : énergie redoublée quand il s'agit de pleurer ses morts comme pour mieux ne jamais interroger les causes ; propension à toujours trouver assez de corde pour se pendre ; offrir inlassablement un os à ronger aux populations arabes - toujours le même : Israël ! Et Israël de donner, en retour, un os à ronger aux israéliens - toujours le même : l'antisémitisme et les Etats arabes (et, de temps à autre, l'Europe) ; refus d'assumer ses responsabilités ; désignation sans fin de responsables qu'on ira chercher hors de ses frontières ou bien encore, hors de sa région : Etats-Unis, Europe, demain la chine et bientôt l'Inde - les chasseurs de bouc émissaires se déplaçant à la vitesse de la lumière.
Toute une région donc, tout un monde auquel l'Etat israélien appartient aujourd'hui, sans l'ombre d'un doute, par son mode de pensée et par voie de conséquence, par son mode de fonctionnement et d’action. De cette région, il en a épousé tous les mœurs.
Israël est une démocratie.
Certes !
Des élections libres sont régulièrement organisées, même si l'on est bien en mal de trouver une opposition digne de ce nom ; opposition fantôme diluée à force d'incessants allers et retours entre majorité, opposition, majorité d'opposition et opposition de majorité. Les débats contradictoires vont bon train, les uns n'étant pas dans l’obligation d'écouter et d’entendre les autres.
Si Israël est une démocratie, on ne pourra pas s'empêcher de penser qu'il s'agit là d'une démocratie dont le modèle serait la France des années 50 : Etat démocratique entre deux montées dans le Djebel et, - pour ne pas en être redescendus les mains vides -, deux séances de torture dans les caves d'Alger.
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Rebonds et échos ! (avec effet Larsen)
En France, tensions communautaires sans nombre, vampirisassions par la question israélo-palestinienne de tous les débats touchant de près ou de loin à l'unité et à l'Histoire nationales : celle d'hier, d'aujourd'hui... et de demain.
Dépérissement de nos capacités de raisonnement et d'analyse ; impossibilité d'identifier toute cause susceptible d’engendrer des effets indésirables, et contre lesquels, pourtant, des actions doivent être menées : les uns, ne voyant que les effets, les autres, que les causes.
Quête identitaire incessante, au questionnement alambiqué, voire... labyrinthique, partagée par tous les acteurs en présence : "Qui suis-je, là où je suis ? Et quand j'y suis... y suis-je vraiment et avec qui ? Y suis-je chez moi ou bien, chez eux ? Mais alors… puis-je opter pour une sortie en douce chez un chez moi qui ne serait pas chez eux mais chez nous ?"
Tout le monde est tenu de se prononcer et de se positionner : l'extrême gauche, les alter-mondialistes, les tribunaux, les rappeurs, les tribuns obscurs aux revendications si peu compréhensibles dans leur exposition, et les intellectuels dont certains d'entre eux choisissent de se replier - parjure suprême -, sur leur appartenance religieuse ou ethnique et qui, de ce fait, cessent d'être des intellectuels pour revêtir les habits de propagandistes ; la classe politique, elle, démissionnaire là aussi, demeurant étrangement silencieuse.
Est-ce pour ne fâcher personne ?.
Et pour finir, la fin justifiant les moyens : culpabilisation, rackets moral et intellectuel, chantage à l'antisémitisme des uns, chantage au racisme des autres dans un labyrinthe infernal de règlements de comptes de toutes sortes, coups tordus, cris d'orfraie, mauvaise foi caractérisée, tartuferie à peine déguisée, pompiers pyromanes en tous genres ; et nombreux sont les cas qui relèvent plus de la médecine de l'âme (psychiatrie et psychanalyse) que d'un positionnement idéologique et politique quel qu’il soit.
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Et puis là-bas, loin mais… tout près d'ici : l’Etat israélien et son armée, toujours à battre le pavé, vaillante, le cœur à l’ouvrage, accompagnée de ses sbires-mercenaires que sont les colons, le Hezbollah et le Hamas.
Le Hezbollah qui poursuit ses propres objectifs au détriment de l’unité libanaise et des palestiniens (et ce faisant, renforce la politique de l’Etat israélien) et dont les membres se lèvent chaque matin avec une seule idée en tête : lancer un missile sur Israël (missile bricolé dans l'arrière-cour de leurs habitations et puis, parce que... faut bien occuper ses journées !!!).
Le Hamas qui remplit magnifiquement le rôle que l’Etat israélien lui a confié. Un Hamas qui se contenterait bien d'un Etat palestinien en Cisjordanie seule, pourvu qu'il en soit à sa tête, tout en se gardant de le faire savoir publiquement pour ne pas démobiliser ses troupes de choc.
Les colons que l'on déplace comme du bétail et qui suivent le mouvement : ligne rouge, ligne verte : Nord, Sud, Est, Ouest.... boucliers humains, les colons ?
Et les autres colons, armés jusqu'aux dents ceux-là, et qui ne bougeront pas !
L’Autorité palestinienne qui n’a d’autorité que le titre, ménageant, telle une chèvre à son piquet, le loup et l’agneau dans sa propre bergerie ; Autorité dont les dirigeants sont le plus souvent dans l'obligation de dormir à la belle étoile, en attendant qu'une place se libère ; l'Etat israélien lui donnant, de temps à autre, un petit coup de pouce lorsque le Hamas outrepasse sa mission que ce même Etat lui a confiée.
Et les morts qui tombent des mains de tout ce beau petit monde, sans discrimination aucune, tout le monde étant la cible de tout le monde, alternativement et successivement : un contre un, deux pour un ; et finalement : tous contre tous pour effectuer le sale boulot de cet Etat qui prospère sur le dos du Peuple israélien (qui tente de vivre à l'intérieur des frontières reconnues par l'ONU), et plus grave encore, sur le dos du plus faible et du plus exposé : le petit Peuple palestinien qui n'a que faire des jeux de ping-pong et de yo-yo de l'Etat israélien et des fantasmes de ceux qui rêvent, dans le meilleur des cas, d'un état binational – vieille lune anti-sioniste -, ou bien, dans le pire... "Pas d'état du tout pour Israël !" mais un Etat dans l'état des Etats-Réunis au sein d'une gigantesque république islamiste qui s'étendrait du pôle Nord au pôle Sud, parce que... The more the merrier… dans un vaste hôpital psychiatrique en guise de monde.
Jamais, dans l'histoire récente, un peuple n'a eu à faire face à une telle coalition rassemblée dans le cadre d'un tournoi, pour un jeu de massacre allègre, sous le patronage de cette machine infernale qu'est l'Etat israélien.
Et avec quel brio !
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Machiavel que l'Etat Israélien a lu dans le texte, et entre les lignes aussi, en long, en large et dans les marges, jusqu’à la caricature (1), avant de compléter l’œuvre du Maître avec quelques chapitres supplémentaires pour une réactualisation qui s'avérait urgente : en effet, le Prince a revêtu les habits de la démocratie...
Machiavel est hilare : l'élève a dépassé ce qu’il croit avoir compris de son Maître. Oui ! Hilare Machiavel ! Face au petit Peuple palestinien incarné pour l'occasion, dans la personne de Don Quichotte avec son espoir illusionné d'un avenir qui semble continuellement lui faire face mais… de dos, quand il trouve encore la force de se retourner, pour mieux le voir disparaître cet avenir, la littérature chevaleresque des Accords d’Oslo ne lui étant plus d’aucun secours.
Halluciné, ce petit Peuple palestinien, avec son rêve en poche : pouvoir jouir un jour de la protection et de la compétence d’un Etat ; rêve qui est devenu aujourd'hui une nécessité absolue si ce peuple doit continuer d'exister dans des conditions que l'on qualifiera d'humaines. Un Etat debout sur ses deux jambes, dans toute sa plénitude pour offrir à chacun selon ses ambitions, ses aspirations et ses capacités, un environnement et un climat propices à son épanouissement.
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A vouloir organiser le pire pour les autres, on finit toujours par organiser le malheur pour soi-même.
Aussi...
Quand l'Etat israélien, qui, depuis plus de trente ans refuse obstinément d'être adulte et responsable, aura mené sa propre société à un point de non-retour, la boucle bouclée - société à bout de souffle : isolement, dépérissement, atrophie -, avec un mur pour la circonscrire et un couvercle pour la recouvrir, en boomerang d'une politique auto-destructrice car, aucune société moderne dont l'Etat pratique un tel jeu, ne peut y échapper...
Qu'à cela ne tienne ! A tout malheur bonheur est bon ! Ce jour-là, l'Europe sera au rendez-vous. Oui ! L’Europe se fera une joie d'accueillir les meilleurs d'entre eux (ironie de l'histoire - retour à la case départ) pour leur offrir à nouveau, la possibilité de s'ouvrir à l'infinité de tous les possibles et de développer ce génie dont ils ont su faire preuve tout au long des siècles…
Pour sûr, on les bichonnera ! On en fera des prix Nobel. Et on sera gagnants ! Imaginez un peu : + de philosophie, + de peinture, + de musique, plus de science, + de littérature pour l'Europe !
Alors... laissez venir à nous les Spinoza, les Marx, les Freud, les Levinas, les Arendt, les Wittgenstein, les Chagall, les Mahler, les Schoenberg, les Einstein, les Kafka, les Proust !
Mais... de grâce ! Epargnez-nous, de grâce ! Gardez pour vous... tous ceux qui depuis 1967 n'ont eu de cesse d'organiser le malheur pour les autres et pour eux-mêmes : la classe politique de cet Etat, les généraux de son armée et les incontournables colons installés sur une terre sur laquelle la Communauté Internationale ne leur reconnaît aucun droit (la Cisjordanie), trouvant tout naturel d'y travailler, de s'y marier et d'y élever leurs enfants une arme à la ceinture sous la protection d’un barbelé, d'une jeep et de ses soldats.
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Dans un monde moderne (n'en déplaise à Machiavel !), le plus fort n'a qu'un devoir : rendre justice au plus faible, et plus encore lorsque ce dernier est abandonné par ceux qui - issus de ce même peuple -, n'ont ni l'intelligence et/ou l'amour nécessaires pour mener à bien cette entreprise - leurs objectifs chimériques, fantasmés à satiété, passant avant toute autre considération.
Le plus fort restant le plus fort dans le cas de figure qui nous occupe, dans un monde moderne, le plus fort s'interdit d'attiser la haine et d'encourager toute attitude susceptible de condamner le plus faible à ne jamais voir la fin de son calvaire.
Non ! Ce n'est pas seulement une question de justice, c'est aussi une question d'HONNEUR !
Mais... que le plus fort se rassure car, il en sortira plus fort encore, y trouvant là son salut (et accessoirement, un vrai projet pour sa propre société et la région), et le Peuple palestinien, une voie et un avenir souverain qu'il n'appartiendra qu'à lui de construire avec, s'il le désire, l'aide de toutes les bonnes volontés - et pourquoi pas : celle de l'Etat israélien ?!
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P.S : Au sujet de la revendication d’un Etat binational : revendication formulée le plus souvent par des individus qui vivent en dehors de la région concernée.
Cette revendication n’a aucune légitimité puisque dans cette région, elle n’est formulée par aucun de ceux qui sont directement concernés par la création d'un Etat palestinien, à savoir : le peuple palestinien, les Etats arabes qui reconnaissent l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif (et les autres Etats arabes qui attendent de pouvoir le faire une fois que l’Etat israélien se sera retiré de la Cisjordanie ) ; et l’Autorité palestinienne qui n’a qu’un souhait : un Etat qui lui soit propre (même le Hamas se contenterait bien d’un Etat en Cisjordanie seule ; à condition, il est vrai, qu’il soit assuré de le diriger).
Alors, à quoi bon être plus royaliste que le Roi, à savoir : le Peuple palestinien, ses représentants et les Etats arabes de la région ?
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1 – De Machiavel, père de la science politique, et non théoricien dans l’art de se tirer une balle dans le pied, il semblerait que l’Etat israélien n’ait retenu que ceci : affaiblir l’ennemi jusqu’à sa déchéance et sa désintégration sociales et psychologiques sans considération éthique ni morale – l’ennemi ne méritant rien.