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Du Grain à moudre

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Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

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Intermittents du spectacle : va-t-on vers une nouvelle crise ? 18

21.02.2012 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobileaudio

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Ce n’est plus une mise en garde, pas même un rappel à l’ordre : plutôt un réquisitoire doublé d’une injonction qu’a délivré le 7 février dernier la Cour des comptes, à propos du régime d’indemnisation des intermittents du spectacle, dans le cadre de son rapport annuel. Une petite bombe d’une dizaine de pages, intitulée « la persistance d’une dérive massive ». « Dans le contexte actuel des finances publiques » écrivent les juges, « cette situation n’est pas soutenable »

De quelle situation parle-t-on ? D’un déficit chronique d’un milliard d’euros par an pour un peu plus de 100 000 bénéficiaires : soit environ un tiers du déficit total de l’assurance chômage, alors que ce régime ne concerne que 3% des demandeurs d’emploi.

Pierre-Michel Menger, Jean Voirin et Nicolas Prissette J-C Francis ©Radio France

Pour la Cour des comptes, ça ne peut plus durer. Il est urgent de réformer un système marqué par « l’inertie face aux abus et aux fraudes ». Réformer, par exemple en demandant aux employeurs de cotiser davantage., ou encore en différenciant le traitement des artistes de celui des techniciens du spectacle (puisque ces deux corps forment la grande famille des intermittents).

Cette dernière démarche, et les juges le mentionnent, avait d’ailleurs été initié en 2003 : année fameuse où la signature d’un nouveau protocole avait déclenché un important mouvement de protestation, entrainant l’annulation de plusieurs festivals. Presque dix ans après, rien ne semble avoir vraiment changé. Peut-être même peut-on parler d’une dégradation de la situation.

Est-ce la raison pour laquelle ce dossier, déjà brûlant, est aujourd’hui considéré comme particulièrement explosif ? Va-t-on vers une nouvelle crise de l’intermittence du spectacle ?


Et le contrepoint de Julie Gacon.

Sans eux, pas de spectacles, et pourtant les auteurs ont un statut encore précaire. Les auteurs - scénaristes, auteurs de théâtre non salariés... - ne bénéficient pas d'assurance-chômage entre deux projets, seulement de droits d'auteur. Sophie Deschamps est la présidente de la SACD, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques: elle-même scénariste, elle a connu différents statuts dans sa carrière.

 

Lecture
 

 

Retrouvez dans chaque émission "l'Archive du jour" avec notre partenaire.

Invité(s) :
Pierre-Michel Menger, sociologue
Nicolas Prissette, journaliste
Jean Voirin, secrétaire général de la CGT-spectacle

Thème(s) : Idées| Crise| Débat| Société| Cour des comptes| intermittent

18 commentaires

Portrait de Anonyme fabrice toussaint29.02.2012

merci a laurent
je tiens a rappeler que l'intermittence est une aide temporaire.
Pour la plupart d'entre nous il est malheureux que le fruit de nos efforts soit
vendu si peu cher que nous n'imaginions pas pouvoir vivre sans cette aide.
un fonctionnaire dans un orchestre(si peu engagé physiquement et artistiquement parlant
pour certains...desolé je me lache un peu)touche un salaire aisé.
apres, c'est un choix (ou pas) de participer a la culture de maniere independante

je ne sais pas ou nous en sommes mais je sais que pour pas mal d'activités indirectement
liées a la creation il nous est proposé d'etre payé en cachets
jusqu'au titulaire cameran chez france 3 ou ARTE qui se sait en pleine securité de l'emploi (employé a plein temps) mais qui se fait payer en cachet et qui de surcroit va toucher l'intermittence
j'avais meme entendu dire que johny(haliday!) ou catherine deneuve touchaient l'intermittence(proportionnellement a leur cachets bien sur)
legende urbaine ou peut etre meme est ce encore le cas aujourd'hui

je pense comme laurent que ce que touche un intermittent doit etre inversement proportionnel aux cachets
comme c'est le cas pour le RSA(anciennement RMI)

vivre dans le luxe ne sera jamais un but pour quiconque sait que l'art, comme la science peuvent nous faire regretter de ne pas avoir l'eternité pour nos recherches.

ce dont nous avons besoin c'est de temps... l'argent on fait avec ou plutot sans

arretons de courrir apres nos cachets
ameliorons nous afin d'etre remunéré convenablement

ps: trop peu d'artistes s'occuppent de la com la diffusion et l'organisation
d'evenements
c'est comme dans la vie tout le monde veut manger personne veut faire la vaisselle

courage

Portrait de Anonyme Emylia29.02.2012

Je vous relis, tous, à peine une vingtaine de commentaires, et tout est dit, ou presque, de la passion, des sacrifices, de l'accumulation des tâches, des pièges administratifs ridicules, du manque de reconnaissance, de la réalité des gains, de l'exploitation, de l'absurdité du système.
Quand on est presque au bout de la route, on se rend compte, à lire les plus jeunes, les plus récemment arrivés dans les professions du spectacle, que depuis des années, des années... rien n'a changé.
Une chose en tout cas ne changera jamais, c'est sûr: un intermittent du spectacle qui préfère être au chômage plutôt que d'exercer son métier, ça n'existe pas.
Mais tant que le système restera si tordu, il faudra bien pourtant, pour nombre d'entre eux, des périodes de chômage indemnisées, non pas pour se payer des vacances aux Bahamas, une croisière sur le Nil ou une soirée au Fouquet's, mais pour réfléchir, chercher, lire, inventer, répéter, acheter du matériel, bref, pour créer, sans crever de faim pendant ce temps-là, ce temps si nécessaire à tout artiste, nécessaire à la création.
Car sinon, qui va payer tout ça? Bien sûr que ça ne devrait pas marcher comme ça! Mais dans les conditions qui sont faites aujourd'hui aux intermittents du spectacle, je le répète: qui va payer tout ça?
Beaucoup d'intermittents du spectacle sont aussi des créateurs, souvent d'ailleurs par nécessité, pour travailler coûte que coûte, sans attendre les propositions qui ne viennent pas. Et un spectacle, mesdames messieurs du public, ça ne sort pas d'une pochette surprise.
Et encore mesdames messieurs du public, vous qui prenez des cours de théâtre, de danse,...ou qui en faites prendre à vos enfants, et aussi mesdames et messieurs des établissements scolaires ou d'enseignements artistiques, saviez-vous,comme le souligne l'anonyme trapéziste professionnelle (comm.du 28/02),que nous ne pouvons pas utiliser normalement notre savoir-faire dans des cours ou des ateliers permanents, sous peine d'être considéré comme ayant un emploi fixe, et de se voir alors exclure du système de l'intermittence,même s'il s'agit de donner une heure de cours par semaine tout au long de l'année? Que nous ne pouvons pas non plus travailler par intermittence uniquement chez un employeur sous peine d'être considéré comme saisonnier, et donc d'être aussi exclu? (Peut-être cette règle a-t-elle disparu...)
L'UNEDIC fait apparemment appel à de super cerveaux, du genre mathématiciens de haut niveau, chargés d'inventer des règles toujours plus sophistiquées, toujours plus perverses, afin d'exclure le maximum d'intermittents ou de prétendants au système. Car il faut voir de près ce que c'est que les Annexes 8 et 10 qui régissent les professions du spectacle! Une pure merveille technique, un vrai casse-tête, un vrai pousse-au-crime aussi!

Est-ce que quelques grands cerveaux autrement disposés ne pourraient pas plutôt plancher une bonne fois sur une réforme profonde et intelligente du système, qui prenne réellement en compte les spécificités des métiers du spectacle, y compris les spécificités internes, pour en faire un système plus vivable pour les artistes, un peu plus humain, un peu moins policier, et qui arrive enfin à l'équilibre, sur le plan social autant que financier, un système pour accompagner et non pas pour exclure?
Est-ce que vraiment personne en France n'aurait cette intelligence, à la fois technique et humaine, pour réussir ce challenge? Est-ce que vraiment tous ne sont que des machines aux ordres de l'UNEDIC? N'y a-t-il vraiment personne qui sache faire ça, ou bien n'y a-t-il personne pour le VOULOIR?

Enfin pour répondre à la question de Michel (comm.23/02) pour ceux qui ne le sauraient pas: le Président de la Cour des Comptes? Eh bien il est socialiste, le monsieur. Cela nous promet de beaux jours, non?

Chers intermittents du spectacle, de tout coeur avec vous! Ne vous laissez pas faire. Agissez ensemble, même si c'est difficile et parfois décevant, c'est le seul moyen de ne pas se faire tordre le cou.

Et bien sûr un grand merci à Hervé GARDETTE, qui a ouvert ce temps de réflexion.

Portrait de Anonyme Anonyme28.02.2012

et ben, moi qui suis jeune et tout juste arrivé dans la vie active, ça promet ! ça pourrait donner envie de baisser les bras avant même d'avoir vraiment commencer.

Pourvu que quelque chose de cohérent et juste arrive dans la gestion des droits d'ici les années à venir, car même si j'ai déjà fait beaucoup de sacrifices et est prêt à en faire encore, ça devient de plus en plus démoralisant.

A continuer comme ça, c'est tout le milieu du spectacle qui risque de s'écrouler pour de bon. Et là, on verra si les intermittents sont toujours des fainéants quand les "bonnes gens" n'auront plus rien ni personne pour égayer leurs vies devenues tristes et insipides.

Portrait de Anonyme Anonyme28.02.2012

Bonjour je suis trapéziste professionnelle, j'ai le statut d'intermittente depuis 6 ans. Grace a ça, je peux vivre, créer, me diffuser envisager de nouvelles créations et continuer a travailler sans l'angoisse d'être dans la précarité. Mon entrainement et mon travail de recherche sur trapèze me prend 4h par jour au minimum...peu de week end, peu de vacances, peu de jour fériée! Mes journées commencent tôt et finissent tard, si je demandais a être rémunéré pour toutes les heures de travail a l'année, je devrais gagner le triple de mon salaire...je souligne au passage que gens de la population active qui travaillent le week end sont payés double et nous ne sommes jamais payé double pour rien! En plus de ça il y a aussi la vie associative a gérer, les taches administrative, la délégation des taches, la rémunération des personnes qui nous accompagnent, les assurances du matériel, les dossiers de presse, de com, de diff, les photographes,les partenaires,la gestion des équipes, la régie tournée, l'entretien des véhicules, du matériel... On est très seul en fait, très peu aidé! Il faut combiner notre art a des choses très concrète... on doit jouer sur de nombreux tableaux, nous sommes en plus très nombreux, de nos jours un travail de qualité artistique moyenne ne sera pas apprécier par les programmateurs. Alors, il faut bosser et mettre du cœur dans nos créations, tout ça c'est tout les jours!
Mon métier est une passion, je l'ai choisit, j'assume, et je fait toutes les choses que je n'aime pas faire pour continuer a créé! mais jamais je n'accepterais qu'on me dise que je ne travaille pas, car je suis plus active que la moyenne, et je ne suis pas la seule....
De plus je profite de ce mail pour souligner, qu'en tant qu'artiste professionnel on n'a même pas le droit de transmettre nos arts. Si on donne des cours ou ateliers, on ne doit pas compter ces heures dans l'intermittence... Du coup le statut d'intervenant artistique n'est pas reconnu pour chacun d'entre nous prendrait énormément de plaisir a transmettre leurs savoir faire...

Portrait de Anonyme Emylia27.02.2012

Coucou me revoilà.
Hier, je n'ai pas voulu mélanger les genres, et pourtant j'avais à communiquer une chose d'importance, une chose sidérante et honteuse, qui montre, s'il en est besoin, comment les intermittents sont considérés et traités. Des moins que rien qu'on peut sans risque priver de leurs droits les plus élémentaires. Qu'on peut gruger en douce sans faire de bruit.
Mais ceux que cette affaire concerne sont nombreux, ils l'ignorent dans la plupart des cas, du bruit, il faut donc en faire.
Récit technique:
En 2004, face à la mobilisation, (eh oui, ça arrive quand même), l'Etat a mis en place un premier fonds de soutien pour pallier les effets néfastes du protocole. En effet, l'UNEDIC réduisait à 10 mois et demi la période de recherche des heures travaillées ouvrant des droits aux allocations de perte d'emploi, au lieu de 12 mois.
Ce dispositif provisoire a pris différentes formes et s'est appelé au fil des ans AFSP (Allocation du Fonds Spécifique Provisoire), AFT (Allocation du Fonds Transitoire), APS (Allocation de Professionnalisation et Solidarité), AT (Allocation de Fin de Droits).
Ces fonds sont financés par l'Etat et gérés par l'UNEDIC, chargée de verser via Pôle Emploi les allocations aux ayants droit.
Les prélèvements habituels et obligatoires de cotisations pour la retraite complémentaire ont été effectués au passage par l'UNEDIC (acte visible sur les relevés mensuels d'indemnisation chômage.
Tout pourrait sembler aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que les caisses de retraite complémentaires AGIRC ARRCO ont encaissé ces cotisatios sans jamais attribuer de points de retraite en compensation.
Pourquoi?
Une toute récente nouvelle négociation sur le sujet entre Etat, Syndicats et caisses de retraite complémentaires nous apprend par la voix du SYNDEAC cette chose hallucinante:
Les cotisations perçues par AGIRC ARRCO sont uniquement la part salariale prélevée sur l'allocation des intermittents.
L'Etat n'a jamais versé la part patronale que la loi pourtant lui impose, refuse de la payer, enjoint les caisses de retraite de "faire comme si", c'est à dire d'attribuer les points de retraite à partir de la seule cotisation salariale. Incroyable??? On ne sait plus trop...
Les caisses de retraite complémentaires ont refusé le deal, arguant du fait de son illégalité.
Voilà donc l'Etat français qui se conduit comme le moins honnête des patrons, des caisses de retraite assises tranquillement sur les cotisatios versées pour l'instant à fond perdu par les pauvres intermittents, qui attendent toujours leurs points de retraite!!!
Conclusion, si vous voulez voir un jour honorer vos droits réputés ouverts à la retraite complémentaire, manifestez-vous. Si vous avez été indemnisés entre 2004 et 2008 en AFSP, AFT, ou AT, témoignez publiquement, réclamez votre dû! (Pour APS et AFD, renseignez-vous)
La Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile de France relaie assez bien ce problème. Ecrivez à cap@cip-idf.org ou venez à la permanence ou encore téléphonez. Permanences chaque lundi de 15h à17h30 au 13 bd de Strasbourg Paris 10è M° Strasbourg Saint Denis Tél.01 40 34 59 74

Portrait de Anonyme Emylia27.02.2012

Merci pour cette émission instructive, qui dit des choses sur l'intermittence du spectacle que l'on ne dit jamais. Il est en effet plus facile de montrer du doigt, de condamner sans véritable analyse, sans comparaison réelle avec d'autres situations.

Mais la réalité n'est pas celle qu'on nous dit. Le chapeau que le Gouvernement veut faire porter aux intermittents du spectacle est démesurément grand. La précarité, la course à l'emploi, les lendemains sans aucune assurance, le stress qui va avec, les intermittents du spectacle, ils ont connu ça bien avant tout le monde, bien avant "la crise", qui a si bon dos elle aussi.

Ceux qui croient encore qu'intermittent rime au mieux avec fainéant, au pire avec profiteur, feraient bien de retirer au plus vite les verres déformants que depuis si longtemps on leur met sur les yeux.Les intermittents sont des citoyens et des salariés comme les autres. Ils n'ont pas inventé le système qui les lie souvent dans la douleur à des organismes qui les stigmatisent et leur font parfois la chasse comme à des criminels.

Ce système est d'une perversité absolue. Ils n'en sont pas responsables.

Je vous conseille le texte du SYNAVI sur le site synavi.org à propos du rapport de la Cour des Comptes, dont il est question dans l'émission d'Hervé Gardette. Ce texte intitule, je crois, "Encore un rapport tronqué" eet juste et se passe de tout commentaire.

Dans quelle sorte de pays voulons-nous vivre? Sortons de ce bourbier nauséeux.Comme disait la chanson, FRANCE et CULTURE "sont des mots qui vont si bien ensemble!" Et les intermittents sur qui on crache, ils apportent tant de beauté, tant d'idées, tant de joies! Vouloir les faire passer à la trappe est une bien mauvaise idée, qui ne rapportera que très peu en terme économique, et se paiera très cher au plan de la "civilisation".

Portrait de HG HG24.02.2012

Merci à toutes et à tous pour vos témoignages

Portrait de Anonyme Emmylou24.02.2012

Je suis intermittente depuis plus de 20 ans. "Intermittent" n'étant pas une profession, mais je suis chanteuse musicienne dans une formation.
Pour pouvoir exercer mon métier et vivre toute l'année, nous acception des conditions de travail qu'aucune autre profession n'accepterait.
Exemple :
Cachet global moyen par musicien du groupe : 150 € charges comprises (salariales et patronales).
Net : 77 € Temps de travail :
- 4 h de trajet aller-retour en moyenne
- 2 h d'installation + 1 h de désintallation
- 2 h 30 de concert
Soit un total de : 9 h 30
77.00 € : 9 h 30 = 8.27 € de l'heure

Dans le temps de travail ne sont pas comptabilisés :
le travail de l'instrument, le travail de la voix (avec un prof rémunéré), les répétitions, le prix de l'essence, l'achat du matériel (sono etc...) et ses réparations, achat d'un véhicule adapté pour transporter le matériel, les fournitures pour le fonctionnement (Site web, papeterie, CD démo, photos, vêtements...) sans parler du temps de démarchage qui dure des heures sur des mois.
Au bout du compte, 43 € d'indemnité par jour par les Assedic et un casse tête stressant pour garder le statut depuis la réforme.
C'était plus simple sur 12 mois.
Des catégories d'employeurs exploitent les artistes, les "musiciens" qui ne sont pas toujours bien considérés.

Alors où va l'argent ? Pas chez nous du moins. J'exerce cette profession avec mon mari depuis 25 ans. Nous n'avons jamais travaillé "au noir" et notre but est de continuer d'apporter du bonheur à notre public qui nous adore. Mais cela devient de plus en plus difficile.

Il faudrait effectivement que les débats soient organisés en présence de ceux qui comme nous transpirent sang et eau pour exercer leur métier et qu'ils puissent parler des conditions difficiles, loin de ce monde de rêve que nous apportons.
C'est notre courage, notre détermination, la foi en ce que nous faisons qui ne nous fait pas baisser les bras. Nous ne comptons pas nos heures, y compris pendant le week end, car tout le travail qui est autour ne s'arrête jamais. Venir chanter pendant deux heures devant un micro ne se fait pas en claquant dans les doigts.
La route est rude pour y parvenir. Mais nous ne devrions rencontrer que respect et considération, et non le mépris de ceux qui ne voient que la partie émergée de l'iceberg.

Portrait de Anonyme olivier24.02.2012

Bonjour,

Je suis intermittent en tant que jongleur depuis 3 ans maintenant. Et le chemin est difficile, et jamais assuré. Je voulais rappeler qu'une partie très importante de cachets sont déclarés par des artistes souhaitant devenir intermittent, mais qui n'arrivent pas à avoir le statut. Au final, ces gens cotisent pour ne rien recevoir si ils ne décrochent pas le gros lot !

Un autre point me chiffonne dans ce système. Comment est-ce possible que le système d'indemnisation soit aussi mal fait ? Logiquement, nos indemnisations devraient être couvertes par nos cotisations. Si ce n'est pas le cas, ce sont les gens qui ont instauré cette répartition qui ont créé le problème.
Deuxième question, moi aussi j'incriminais les permittents pour expliquer les dérives. Mais je ne suis plus bien sur de comprendre (et de pouvoir expliquer), en quoi ces permittents sont à la source du déficit. Ils travaillent, côtisent, donc où est le problème ?
Alors oui, je comprends qu'ils "trichent" par rapport à la définition même du statut, mais techniquement avec leur côtisations ils devraient pouvoir payer leurs indemnisations...

De plus, ce n'est pas rappelé ici, mais l'indemnisation des intermittents est bien bien plus courte qu'un salarié du régime général. Et que sa situation est beaucoup plus précaire "dans la vie", avec un horizon de 320 jours, même pas une année ! Vous connaissez beaucoup de statuts qui ne travaillent par sur une année fiscale ?

Portrait de Anonyme dory24.02.2012

Tant qu'on fera uniquement la distinction entre artistes et techniciens, sans se rendre compte que selon les branches ce n'est pas du tout le même rythme de travail, le statut d'intermittent ne sera jamais ni à l'équilibre, ni équitable: il y a autant de différences entre un technicien du spectacle vivant et de l'audiovisuel qu'entre une secrétaire et un ouvier maçon (pourtant tous les deux en CDD)...

Portrait de Anonyme Ivan23.02.2012

oui, il faudrait établir une analyse "sociologique" de la répartition des indemnités, quelles catégories professionnelles "intermittentes" emportent la plus grosse part du gateau et pourquoi, quelles sont les intermittences les plus mal logées, pourquoi des artistes qui touchent des droits d'auteur élevés sont ils "aidés" par l'assurance chomage..
éternelles questions!

Portrait de Anonyme Anonyme23.02.2012

Sans parler des graphistes / webdesigners qui grugent pour devenir intermittents...

Portrait de Anonyme Jean-Michel23.02.2012

Le président de la cour des comptes vient d'ou??
HUMMMMMMMMMMMMM

Portrait de Anonyme laurent23.02.2012

Bonjour,
je viens d'écouter votre émission.
je suis comédien et par conséquent, je fais parti des intermittents du spectacle depuis 20 ans.
Pour ma part, je ne comprends pas pourquoi un dossier "brûlant" comme celui-ci est toujours débattu de façon incompréhensible, et surtout pourquoi il manque toujours un représentant du terrain (coordination bien sûr).
je m'explique : vos invités discutent des échanges avec les ministres (qui ont toujours refusés la patate chaude), avec les organisations syndicales, et examinent le dossier sous un angle employeur/employé.
Et ils refusent toujours de voir ce qui fait la spécificité de ce statut, c'est que nous sommes officiellement tous employés, mais tellement dépendant de nos employeurs vu que nous payons aussi les charges patronales...et oui.
je ne m'étend pas la dessus et je vais faire court : Pour réduire le déficit, il ne faut pas réduire le nombre d'intermittent il faut réduire leur coût.
Tant que les syndicats de salariés (cgt, cfdt,...) refuseront de contrer la logique qui consiste à donner les plus grosses indemnités chômage à ceux qui gagnent les plus gros salaires, nous n'en sortirons pas.
Donc pour en sortir, prenez en compte les propositions de la coordination, statut mutualiste, plus tu gagnes en salaire, moins tu gagnes en indemnité chômage. C'est simple, certes ça va à l'encontre de nos logiques salariales, mais c'est l'ouverture vers une idée nouvelle, revenus continus pour une activité discontinue, et surtout pour que les annexes 8 et 10 ne soient plus les boucs émissaires d'un mauvais système.
et en plus, on pourrait les ouvrir aux auteurs, scénaristes, peintres, sculpteurs...
cordialement
laurent

PS : les propositions cgt ont peut être changée vu les propos de monsieur voirin, mais j'en doute ?

Portrait de Anonyme Anonyme23.02.2012

merci pour cette émission, je suis intermittente

Portrait de Anonyme Père Plexus22.02.2012

Les techniciens embauchés par les entrises du spectacle se tiennent par la barbichette : je t'offre suffisamment de contrats précaires à mes conditions de rémunération et de temps de travail pour te permettre d'acquérir le statut d'intermittent. Tu pourras recevoir des indemnités de chômage lorsqu'il n'y aura pas de travail à assurer. Si tu n'es pas satisfait de ces conditions d'emploi, pas de contrat et pas de statut. Va voir au Pôle Emploi.
L'intermittent a donc intérêt à se coucher pour garder son statut en espérant que l'avenir sera un jour meilleur. Et tout cela est financé par les autres travailleurs.
Solution : faire en sorte que les employeurs financent ce déficit pour les amener à offrir des CDI avec statut adapté pour tenir compte de la nature particulière du travail.
La prochaine fois, inviter la CFDT qui a une vision plus constructive de la situation.
Aménagé, débarrassé de ses excès, le régime des intermittents peut servir de modèle pour mettre en oeuvre en France un régime de flexisécurité. Pour la vie culturelle et artistique, ce régime a des conséquences tout à fait positive. Son déficit peut être considéré comme une subvention du ministère de la culture.
Autre effet pervers de l'intermittence : on devient intermittent parce que l'on est artiste ou on se déclare artiste de façon à pouvoir bénéficier du statut des intermittents ?

Portrait de Anonyme samuel22.02.2012

Bonjour,

Je souhaiterais écouter l'émission mais je ne trouve pas de lien permettant cela.
Dans la liste "(ré)écouter", l'émission "du grain à moudre" du mardi 21 février ne figure pas !

Je vous remercie.

Cordialement.

Samuel.

Portrait de HG HG22.02.2012

Bonjour

Petit problème technique...désormais résolu

Bonne écoute