Une plaisanterie court dans les grandes maisons d’édition américaines : le deuxième livre imprimé sur la fabuleuse machine de Gutenberg aurait déjà eu pour sujet la mort de l’édition. Voilà en effet un secteur culturel qui vit hanté par l’idée de sa propre disparition.
Dans ces conditions, l’arrivée du numérique est perçue comme une nouvelle menace. Et pas complètement à tort : la grande librairie du net, Amazon, a non seulement choisi de fixer un prix très bas, moins de 10 dollars, pour les versions numériques à télécharger sur sa tablette Kindle, mais elle est parvenue à négocier des droits numériques exclusifs avec quelques romanciers, évinçant la médiation de l’éditeur.
On comprend pourquoi outre-Atlantique on a vu arriver la tablette d’Apple comme le Messie : jouer l’ipad contre le Kindle, Apple contre Amazon, permet en effet aux éditeurs de retrouver une position de force. Les négociations vont bon train avec Steve Jobs pour que les ouvrages téléchargeables soient proposés, cette fois à 15 dollars.
En France le prix unique du livre protège pour l’instant les éditeurs de questions aussi cruciales. Mais les interrogations sur leur métier sont vives. Jason Epstein, le fondateur du livre de poche aux Etats-Unis, (encore une vision américaine me direz-vous) prédit la disparition des géants de l’édition, l’apparition d’unités éditoriales semi-autonomes et le choix par les auteurs les plus lus de l’auto-édition.
Du côté des éditeurs français, quelles sont les anticipations, les préoccupations, les stratégies ? On en débat aujourd’hui…
Invité(s) :
Antoine Gallimard, président Directeur des éditions Gallimard
Olivier Nora, pDG des éditions Grasset et Fayard
François Gèze, directeur des éditions de la Découverte
Thème(s) : Information| Innovation| nouvelles technologies



2 commentaires
Très instructif, les éditeurs adorent d'un coup d'un seul le numérique. Soit...
Ils ont, disent-uils les leçons des mésaventures de la musique et du cinéma !!!
Mais pas convaincu quand Antoine Gallinard déclare que -25% par rapport au prix du papier est la somme que les lecteurs sont prêts à mettre pour le numérique. Tout en combattant le seuil de 10 euros fixé par Amazon, il assurant que -25% permettra à l'édition de passer le cap.
Erreur fatale ; et pourtant, Monsieur Gèze, vous êtes le premier à reconnaître que si l'offre ne correspond pas à la demande, les éditeurs "se tirent une balle dans les pattes", texto dit...
Soyez magnanimes, admettez qu'il existe un autre écosystème basé sur l'abonnement, à un prix tout autre que celui que vous voulez nous servir et cesser de nous rabâcher que l'éditeur apporte une valeur ajoutée manifeste ; elle apportait, mais bien moins maintenant ! Pourquoi ne parlez-vous jamais des solutions de type publie.net ???
Bjr
Comment est garanti le contenu ?. Autrement dit par quel mécanisme le contenu est-il protégé un peur comme dans 1984 et certains dessins animés de Tex Avery ?
Slts
Jean-Marie COrani