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Du Grain à moudre

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Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

La faillite, une aubaine pour la Grèce ? 5

21.09.2011 - 18:20

Carlos Quuenan, Jacques Sapir ©Radio France

Le ministre grec des finances serait-il atteint du syndrome de Stockholm ? Ce matin, Evangélos Vénizélos, grand argentier d’un pays sous perfusion, rendait cet étrange hommage à la troïka (FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne) qui impose depuis de longs mois une cure d’austérité sans précédent à la Grèce.

« S’il n’y avait pas le contrôle de la troïka » a déclaré le ministre, « nous aurions de nouveau un dérapage budgétaire…Heureusement que nous sommes sous contrôle, car cela nous permet d’avoir du self-control ». Il n’est pas dit que la population grecque partage l’avis de ses dirigeants. La Grèce : grand malade de l’Europe, dans l’obligation de réduire encore le nombre de ses fonctionnaires, de nationaliser ses services publics à hauteur de 50 milliards d’euros.

La Grèce : pays en récession avec une croissance négative estimée à au moins 5 % en 2011. Une dette de 350 milliards d’euros. Des déficits publics qui rendent totalement obsolètes les fameux critères de Maastricht. Un taux de chômage à 16%.      

Et depuis le début du mois de septembre, une hypothèse devenue crédible : le pays pourrait faire faillite, et provoquer dans sa chute une réaction en chaine dont l’Europe, entre autres, aurait du mal à se remettre.

L’Europe justement. Le 21 juillet dernier, les pays de la zone euro décidaient d’accorder un 2e plan d’aide à Athènes : 159 milliards d’euros (sachant que la totalité de l’aide du 1er plan n’a pas encore été versée). Un gage de la volonté des 27 de sauver coûte que coûte un des leurs…sauf que la Slovaquie, la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche font savoir de plus en plus fort qu’ils n’ont pas l’intention de payer indéfiniment. Qu’entre sacrifier leurs finances, et sacrifier leur allié, et bien c’est la deuxième solution qui a leur préférence.

 

Christian de Boissieu ©Radio France

 

 

Et si la faillite de la Grèce était la moins mauvaise des solutions ? Y compris pour les Grecs ? Question que nous allons poser à nos invités :

- Jacques Sapir, économiste, directeur d'études à l'EHESS et auteur de La démondialisation paru aux édition du Seuil en avril 2011

- Christian de Boissieu, Président du Conseil d'analyse économique (CAE)

- Carlos Quenan, économiste, professeur à l'IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine) - Paris 3

 

 

 

 

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Invité(s) :
Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique (CAE)
Jacques Sapir, économiste et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Carlos Quenan, économiste, professeur à l'IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine) - Paris 3

Thème(s) : Idées| Economie| Argentine| crise financière| faillite| Grèce

Lien(s)

Site du Conseil d'analyse économique (CAE)"Le CAE est une instance pluraliste composée de 28 économistes reconnus et de sensibilités diverses et de six membres de droit qui représentent les grandes administrations économiques et sociales." Christian de Boissieu, Président du CAEwww.cae.gouv.fr

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5 commentaires

Portrait de Anonyme Ygorf23.09.2011

La question qui n'a pas été posée et dont dépend pour une bonne part le caractère supportable ou non de la sortie de l'€ de la Grèce est la suivante : en supposant que la Grèce sorte de l'€ et que le gouvernement rétablisse une nouvelle monnaie au taux de départ de 1€ pour 1 nouveau drachme, les dettes des grecs resteront-elles en € ou seront-elles converties en nouvelles drachmes au taux de 1 pour 1 ? Dans le premier cas, la charge de leur dette risque d'augmenter du montant de la dévalorisation immédiate du drachme (40% ?, et plus si l'inflation continue à faire baisser le drachme), dans le second la charge de leur dette s'allègera au rythme rapide de la dépréciation de la drachme.
Je n'ai trouvé aucune réponse à cette question. Est-ce parce qu'il n'y en a pas ? La première solution mettrait - me semble t-il - un poids insupportable sur les grecs. La seconde ferait sans doute de la sortie de l'€ la meilleure de toutes les mauvaises solutions qui s'offrent à eux mais au prix d'un choc dans le système financier et monétaire international dont on ne sait s'il pourrait le supporter - pour ne pas parler de l'€, de l'UE, et des mauvaises idées que cela pourrait donner à d'autres si ce plan réussissait. Ceci étant, si le gouvernement grec tentait le coup, que pourraient faire les autres pays ? Envoyer les canonnières pour obtenir la cession de recettes fiscales grecques comme on l'a fait pour la Chine ? J'ai des doutes.

Portrait de Anonyme Pancho Villa22.09.2011

Vous m'avez fait une fausse joie en mentionnant la situation de l'Islande. Finalement vous n'en avez dit que deux mots. Pourtant il aurait été intéressant de développer. Les référendums et les nationalisations partielles islandaises pourraient nous servir d'exemples en ces temps de crise.

Portrait de HG HG22.09.2011 Oui, l'Islande aurait effectivement mérité que l'on s'y attarde, mais nous avons fait le choix de prendre comme autre exemple le cas argentin, qui présente l'avantage d'offrir davantage de recul. Mais n'ayez crainte : l'année radiophonique est longue et nous aurons sans doute l'occasion de revenir sur la situation islandaise. HG
Portrait de Anonyme BROCHARD21.09.2011

La Russie est le plus gros exportateur de gaz et le plus gros producteur de pétrole du monde. Faire des comparaisons entre la Russie de 1998 et la Grèce de 2011 est grotesque. La Grèce est le troisième producteur mondial d'huile d'olive mais surtout le premier producteur d'ouzo, voilà sans doute ce qui alimente les délires démondialistes de M. Sapir...

Portrait de Anonyme Victor Ticolly21.09.2011

Merci M.Gardette pour votre émission de ce soir.
Privé de la jolie Broué vous restez pertinent.
Ce soir vous m'avez procuré un petit plaisir.
Celui de nous donner à voir de nos oreilles qui n'en croient pas leurs yeux le sieur De Boissieu.
Ce citoyen qui déplore le temps perdu pour sauver la Grèce et qui poursuit un discours contraire.
"Il faut leur laisser le temps"
"Il ne faut pas se presser dans les délais pour la Grèce et le Portugal"

En fait, il nous donne à entendre la maladie de Chirac.
Il fait du chiraquisme sans le savoir.

Peut-être aussi qu'il souhaite que l'effondrement survienne après MAI 2012 sans éclabousser le petit nerveux qui fait preuve d'impuissance.
Ce petit nerveux aurait cimenter l'Europe en faisant adopter le TCE.
On voit le résultat du CIMENTAGE.......!