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Du Grain à moudre

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Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

Ecoutez l'émission 39 minutes

La loi doit-elle imposer le devoir de mémoire ? 9

10.01.2012 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobileaudio

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Sauf avis contraire de la prochaine Conférence des Présidents du Sénat, c’est le 23 janvier prochain que la Haute assemblée examinera la proposition de loi sanctionnant la négation des génocides. Pas n’importe quels génocides : ceux reconnus par la loi française : celui des Juifs pendant la seconde guerre mondiale ; et celui des Arméniens en 1915.

Le texte, déjà adopté par l’Assemblée fin décembre, et qui a provoqué une nouvelle crise diplomatique avec la Turquie, prévoit de punir les contrevenants d’une peine pouvant aller jusqu’à 1 an de prison et une amende de 45 000 euros. En mai dernier, cette proposition avait été rejetée par les sénateurs, mais à la faveur du changement récent de majorité, celle-ci devrait faire l’objet d’un consensus.

Nicolas Offenstadt, Pieter Lagrou et Sophie Wahnich J-C Francis ©Radio France

La mission parlementaire qui préconisait en 2008 de ne pas ajouter de nouvelles « lois mémorielles » n’aura donc pas été entendue. Pas plus que les historiens, nombreux, qui depuis quelques années s’élèvent contre ce qu’ils considèrent à la fois comme une instrumentalisation de l’Histoire par le politique, et comme une entrave à leurs travaux de recherche.

Encore que toutes les lois mémorielles ne font pas l’objet d’un même rejet. Peut-on vraiment comparer la loi Gayssot de 1990 qui crée le délit de négationnisme du génocide des juifs à celle de mai 2001 (dite loi Taubira) sur la reconnaissance de la traite de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Ou bien encore la loi de 2005 portant reconnaissance de la Nation en faveur des Français rapatriés : loi fortement médiatisée à cause de feu son article sur le rôle positif de la colonisation.

Pour revenir sur cette problématique lourde de débats passionnés, nous avons choisi ce soir de réunir 3 historiens qui appartiennent à une génération qui n’a pas connu la guerre. Histoire d’apporter peut-être d’autres réponses à la question suivante : la loi doit-elle imposer le devoir de mémoire ?

 

Sandrine Lefranc J Gacon ©Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et le contrepoint de Julie Gacon : aujourd'hui Sandrine Lefranc, politiste, chargée de recherche CNRS à l'Institut des Sciences sociales du Politique (ISP)

 

 

Une interview à retrouver ici dans son intégralité :

Lecture
 

 

Retrouvez dans chaque émission "l'Archive du jour" avec notre partenaire.

Invité(s) :
Pieter Lagrou, professeur d'histoire contemporaine à l'université libre de Bruxelles, membre de l'Institut d'Histoire du Temps Présent
Nicolas Offenstadt, historien, maître de conférences à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.
Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherches au CNRS

Thème(s) : Idées| Histoire| Idées| Politique

Lien(s)

Liberté pour l'HistoireL’association Liberté pour l’Histoire vise à faire reconnaître la dimension spécifique de la recherche historique et à défendre la liberté d’expression des historiens contre les interventions politiques et la pression de l’actualité dans l’écriture de l’histoire.www.lph-asso.fr/

9 commentaires

Portrait de Anonyme Geschichte14.01.2012

A propos de génocide, n'oublions pas la Vendée car des archives récemment exhumées prouvent que cela a été prémédité :
http://www.atlantico.fr/decryptage/vendee-genocide-memoricide-reynald-se...

Portrait de Anonyme Yep12.01.2012

Salut,

je comprends la réponse longue de l'Optimiste - vers quel meilleur va-t-il ? - la formule que j'ai employée était de toute façon rédigée pour blesser.

Passons sur les six millions. Il y en eut plus d'après Nuit et Brouillard, et moins si l'on tient compte de la révision du chiffre officiel des morts par les autorités du musée d'Auschwitz. Des 4.000.000 de victimes à Auschwitz avancés par l'accusation soviétique, confirmés par le « tribunal international militaire » de Nuremberg, nous en sommes à 1.100.000. Et qu'en dit la Croix-Rouge ? Comptabilité macabre. Certes... la raison est un monstre au regard froid, mais enfin, entre les images d'archives montrant l'accusation produisant des « têtes réduites de polonais » et le procès d'Ilse Koch, on finit par se refroidir pour la cause.

Une « bien mauvaise idée » ? Vraiment ? Et la morale s'invite. Pas même l'éthique. En définitive pas si sûr que l'idée soit mauvaise. On doit bien finir par réussir à soliloquer à plusieurs. La meilleure option reste toujours d'inviter autrui dans la dispute, fût-il radicalement d'une opinion contraire, pour échapper au psittacisme.

Portrait de Anonyme NORADIAN JEAN12.01.2012

Excellente émission, comme d'habitude.
On y constate que la liberté d'expression à propos du génocide des arméniens par l'état ottoman de 1915 à 1920 est totale. On peut même affirmer comme Sophie WAHNICH : "on ne peut rien prouver"!
Il me semble pourtant qu'en 1915 des témoins ont pris des photos, rédigé des textes publiés dans le monde entier, des diplomates écrits des rapports qui ont également été publiés. Aussi, nous sommes encore plusieurs centaines de milliers à avoir recueillis les paroles et les larmes de nos aieux.
Pour ceux qui le veulent, historiens ou pas, les travaux des historiens sont disponibles.
La seule question à laquelle je souhaiterais que vos invités fassent réponse est : qu'est-ce qui protège les victimes et leurs descendants du déferlement de la propagande d'un état génocidaire sur les terres même ou elles se sont réfugiées.

Portrait de Anonyme O_oct11.01.2012

Bonjour,

Être persuadé d'être dans le vrai, d'être les seuls détenteurs de la vérité, du juste, et se donner à soi-même toutes les excuses pour l'imposer est une folie absolue, c'est une dérive dramatique qui, sous couvert d'arguments prétendus raisonnables, et même vécus de bonne foi comme tels, éloignent absolument de la raison.

La science, c'est le révisionnisme perpétuel et total, et le négationnisme est une forme de révisionnisme. çà, c'est la raison.

Tout ce qui prétend justifier un amendement du paragraphe précédent n'est qu'obscurantisme absurde, irraisonné, déraisonnable sur la durée, et, pire, ouvre (rouvre) la voie au pathos, aux passions, qui aboutissement avec le temps à tous les excès et tous les drames.

Vous pensez qu'il est raisonnable d'imposer au peuple une chape de plomb ?
Vous êtes fous.
Mais pire encore : vous échouerez, et vous obtiendrez exactement le contraire de ce à quoi vous aspirez.
C'est dramatique, profondément dramatique.

Portrait de Anonyme optimiste11.01.2012

Cette émission soulève plusieurs questions.
Ne peut-on pas comparer la loi contre le dénie de négation d'un génocide à la loi du Pakistan (ou dans certains pays occidentaux) qui condamne le blasphème?
Le devoir de mémoire n'était-il pas de la seule responsabilité des historiens, universitaires et enseignants... N'est-il pas de leurs devoirs de proposer une lecture objective des événements?
Le génocide des populations tziganes,homosexuelles, israélites, l’existence des camps de concentrations en France et d'extermination dans d'autres pays d'Europe de centrale et de l'Est, étaient à mon époque l’occasion de sortir pédagogique où le négationnisme confronté aux preuves matérielles ne pouvait exister...les négationnistes pour des imbéciles ou des illuminés...Peut-on condamner les idiots ou des fous?
La diminution du budget dans l'éducation nationale, la réduction des programmes scolaires, n'ont-elles pas transformées ces génocides juifs, tziganes et autres minorités, en détail de l'histoire; réduit ces 6 millions morts à un chiffre dans une colonne perte et profit?
Les lois mémorielles ne sont-elles pas, en réalité un Hold Up par les politiques, gouvernants, d'une histoire où à ma connaissance aucun membre de gouvernement actuel n'a de formation...d'ailleurs, je pense que le nombre de députés ayant une formation d'historien, en étant optimiste, doit se compter sur un seul main.
En acceptant ces lois mémorielles, les historiens ne laissent-ils pas s'ouvrir la boite de Pandore qui permettra une réécriture de l'histoire au gré des convenance gouvernementale?
Que deviendra mai 68? un piquenique?

Portrait de luroluro14 luroluro1410.01.2012

Moins une société repose sur l'éthique, plus elle s'impose de lois.
En outre l’excès de lois tue la loi.
Plus la loi devient moralisante moins les citoyens sont libres de penser juste par eux-mêmes.
L'homme responsable et vertueux n'est pas celui qui craint les lois mais celui qui fait preuve de volonté morale.

Portrait de Anonyme Yep10.01.2012

Salut,

faux débat absolu : où étaient les vilains « négationnistes » pour porter la contradiction ? Terrorisés par les forces du bien se sont-ils terrés comme des pleutres ? Heureusement l'optimiste lexicographe du-dessous a reçu la confirmation qu'il avait un supplément d'âme.

Salutations à Mme Wahnicht, la terroriste des terroristes.

Portrait de HG HG11.01.2012

Inviter un négationniste pour porter la contradiction ? Voilà une bien mauvaise idée à laquelle, avouons-le, nous n'avions pas pensé

Portrait de Anonyme optimiste10.01.2012

Bonjour,

Excellente émission.
Je retiens pour ma part que la cupidité,la jalousie, le désir du bien d'autrui comme prétextes aux meurtres de masse : le génocide Rwandais fut avant tous l’occasion pour des malfrats de tuer, violer et voler sans risque d'être inquiétés par des états complices.
Le terme génocide serait à revoir car les progrès de la science génétique a permis de déterminer que les différences de gènes entre deux individus sont de 1%.
Il est donc plus à propos de parler d’ethnocide que de génocide.