retour en haut de page
Du Grain à moudre

Du Grain à moudre | 12-13

Syndiquer le contenu par Hervé Gardette Le site de l'émission
Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

Ecoutez l'émission 39 minutes

La pédagogie est-elle dématérialisable ? 14

26.11.2012 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

Ahh, que n’ai-je été étudiant en 2012 plutôt qu’en 1980 et quelques années… A l’époque, la technologie ne nous offrait pas grand-chose pour suivre notre scolarité sans passer par la case grand amphi : il fallait payer, un prix modique certes, mais payer tout de même, pour récupérer les cours magistraux sur des ronéos composés par des étudiants scrupuleux ou vénaux (ou les 2).

Etre étudiant aujourd’hui est tellement plus simple : il suffit d’être connecté. Internet a dématérialisé le savoir. L’université en ligne avance à petits pas : le lancement de FranceCulturePlus aujourd’hui symbolise bien la mutation qu’est en train de traverser le monde de l’éducation dans son ensemble, et l’enseignement supérieur en particulier (pour le sujet qui nous occupe ce soir).

François Germinet, Emmanuel Davidenkoff, Pierre Tapie et Julien Gautier J-C F © Radio France

Mutation aujourd’hui. Révolution dès demain. Il suffit de regarder ailleurs plutôt que dans le futur pour s’en convaincre. A l’étranger, des universités comme Stanford en Californie ont fait le choix de la démocratisation de l’enseignement en proposant une partie de leurs cours gratuitement sur internet : succès immédiat. En France, grandes écoles et universités peinent à suivre ce mouvement. Pas uniquement par manque de moyens. La culture numérique se diffuse lentement au sein de la communauté éducative. Peut-être par prudence, pas forcément excessive : après tout, il ne suffit pas d’avoir de nouveaux outils pour changer la manière d’enseigner, encore faut-il leur donner un sens. 

« La pédagogie est-elle dématérialisable ? »

 

 

Etienne Delacroix cce info © Licence CC-BY

Et le contrepoint:

 

Poser la question d'un équipement numérique à l'école suppose un vrai travail de formation des professeurs et des élèves à ces outils. Etienne Delacroix est un artiste rencontré samedi au Salon de l'Education. De retour d'un long séjour en Amérique latine, il explique comment il a travaillé, avec des groupes d'étudiants de plusieurs universités, à l'appropriation de cette "culture digitale" dont les élèves d'Europe dit, manquent tant.

 

Lecture
 
Partager

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin...

* Portrait d'Etienne Delacroix sur File Script Magazine

* Entrevue en portugais du sociologue Andre Favilla qui va au coeur du sujet lorsque la chose a vraiment commencé...

* Article ecrit par des étudiants ingenieurs qui ont participé au cours donné a l'école polytechnique de la USP durant les deux années 05-06

* Et quelques vidéos: En Uruguay et au Brésil (vidéo 1, vidéo 2, vidéo 3)
 

 

Suivez-nous aussi sur :

 

 

Invité(s) :
Pierre Tapie, directeur général du groupe ESSEC
François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise
Emmanuel Davidenkoff, directeur de la rédaction de l’Étudiant, chroniqueur sur France Info et producteur sur France Musique
Julien Gautier, professeur de philosophie

Thème(s) : Idées| Débat| Education| Internet| Multimédia

Lien(s)

Question d'éducation - France InfoChronique quotidienne d'Emmanuel Davidenkoff sur France Info
UdemyPlateforme d'e-learning offrant des cours gratuits et payants
CourseraPlateforme d'e-learning regroupant plusieurs universités (USA, Canada, Royaume-Uni, Suisse)
Les profs InternetA lire sur OWNI.fr
La salle de classe planétaireArticle à lire sur LeMonde.fr
Une salle de classe sans profArticle du New York Times traduit sur CourrierInter.com
La révolution mondiale de l'Open educationArticle à lire sur Thot Cursus
France Culture PlusL'e-campus de France Culture
The Flipped Classroom: A Pedagogy for Differentiating Instruction and Teaching Essential SkillsArticle sur la pédagogie inversée à lire sur Scientific Learning
The Flipped Classroom: Pro and Con"La classe inversée: avantages et inconvénients", à lire sur le site Edutopia de la George Lucas Educational Foundation
Rennes : séminaire "Apprendre avec le numérique"Compte-rendu du séminaire à lire sur CaféPédagogique.net

14 commentaires

Portrait de Anonyme Nolan28.11.2012

C'est curieux, ces sempiternelles lectures de sociologie dévoyées à la Bourdieu, avec la "forteresse de l'éducation" qui se protège contre les "gueux" qui voudraient avoir accès à la connaissance. Sortirons-nous un jour de ces lectures fantasmatiques de gauche, pour enfin regarder les choses en face? On a l'impression que le militant de gauche aime à plaquer des systèmes ou des "comptines" politiques pour s'enchanter d'un sentiment d'injustice. La priorité n'est pas à la dématérialisation de l'éducation, mais bien à la réflexion sur les méthodes pédagogiques qui échouent les unes après les autres. Si les élèves ne sont pas armés pour affronter le monde du travail, c'est qu'il y a un problème plus profond que l'éducation à dématérialiser... Il faut parler méthodes et contenus avant de parler tuyaux. Et ce n'est pas forcément un progrès. Il suffit de lire la presse américaine et de voir ce que donnent ces expériences de lycées connectés, où Apple gagne des marchés pour vendre des tablettes, des applications etc. Ce sont des accords entre "schoolboards" et Apple, très séduisants pour les parties concernées, mais qui pédagogiquement n'apportent absolument rien (études à l'appui). Il convient donc d'exercer un minimum d'esprit critique et de ne pas forcément voir les choses en terme de "progrès" et de "retard". Il y a tout simplement des choses qui ne marchent pas, et qui empêchent de se consacrer aux vrais problèmes.

Portrait de Anonyme PIEL27.11.2012

Il y a un véritable intérêt des étudiants pour ces cours.

Personnellement, j'aimerais que le savoir s'ouvre.

Il est étonnant que l'on trouve dans les kiosques des centaines de magazine culturels mais aucun qui à la manière du pariscope nous tiendrait au courant des évènements intellectuels qui se déroulent près de chez nous.

Conférences,débats , colloques qui sont réservés à une élite qui est jalouse de son savoir.

Portrait de Anonyme Jean-Marie Gilliot27.11.2012

Concernant les MOOCs, il y a déjà une première expérience en cours :
http://itypa.mooc.fr ouverte à tous.

Portrait de Anonyme MC27.11.2012

Bonjour,
Connaissez-vous la UOC? une université en ligne catalane qui fonctionne depuis plus de 10 ans et qui continue de se développer, du 1er cycle universitaire au doctorat:
http://www.uoc.edu/portal/fr/index.html
Un campus virtuel d'étudiant et de profs. L'enseignement se fait par le web. Uniquement les examens sont présentiels. Elle a un grand succès auprès de personnes qui travaillent et ne pourraient jamais assister à des cours à l'université.

Portrait de HG HG27.11.2012

merci à vous et à Christophe (ci-dessous) pour ces informations complémentaires

Portrait de Anonyme Batier Christophe27.11.2012

Pour compléter les échanges :
1-Site d'anatomie à l'Université Lyon1 : http://anatomie3d.univ-lyon1.fr/
2- Causerie autour de la pédagogie inversée : http://youtu.be/kYbxdfGxRi4

Portrait de Anonyme Kercoz27.11.2012

Merci pour initier ce débat .
en premier lieu l'auditeur ne peut que consater que les intervenents sont sur un mode défensif et tendent a defendre un "lieu de pouvoir" .( réaction normale)
- la certitude de réussite de ce mode d'enseignement repose sur un caractere social tres puissant : la validation de sa "valeur" ou l'augmentation de la valeur de sa "face" lors d'interactions publique (mise en scène) /Goffman .
La reconnaissance de cette valeur est validée par les intervenants et pas uniquement par l'(enseignant .
L' addiction aux blogs -forums découle de ce caractere qui fonctionne de meme sous l' arbre a palabre et au troquet du coin .
Il faut avoir participé a un forum de qualité pour savoir que cet outil "booste" le cognitif ds le domaine échangé .
- On remarque aussi que l 'invalidation de participants non homogène se fait "naturellement" par l' abandon de l'intervention ....un enseignement de ce type éliminerait le "népotisme" ou la seule présence au cours valide l' individu ...
- On peut imaginer un forum dédié a une matiere , a plusieurs niveaux concentriques , oui le niveau superieur n'est accessible qu'avec inscription et validation du niveau inferieur "ouvert" . Le niveau inferieur participant aux discussions ...interventions n'apparaissant pas au premier niveau ....
Le role du prof se rapproche de celui d' un moderateur et de bifurcateur pour initier de nouveaux "fils" ....Les intervenants produisent des references ( textes , video , extraits de conf , citations, etc ...) qui font que le sujet progresse sans le prof ou sous une direction -contradiction de celui-ci ...
- L' aspect majeur de ce modèle , mle semble t il vertueux par lui meme , provient actuellement qu'il est une solution opportuniste aux crises énergetiques et economiques ....
Ce qui coute cher en energie , c'est le transport d'individus ...l'économie réalisée serait énorme meme si qqs déplacements sont réalisés .
Ce modèle , en outre autorise l'eleve a travailler en étudiant et économise l'obligation du logement urbain qui interdit quasiment la mixité sociale des etudes superieures .
Ce modèle sera bien sur perçu comme une attaque a la reproduction automatique des classes sociales en perturbant ses procédures de réplique.Ce frein sera appuyé par le corps enseignant qui ressent deja ce changement de paradigme comme une perte de pouvoir .

Portrait de Anonyme Loys BONOD27.11.2012

Je serais curieux de savoir quel "pouvoir" a le corps enseignant.

Portrait de Anonyme Kercoz27.11.2012

Simplement le "droit" d' enseigner .
Chaque domaine protège "sa" prérogative par des règles , un langage , des filtres d'adoubements successifs. (voir Bourdieu)
Le net par ses acces au savoir( auto-éducation entre intervenants , possibilité de répétitions et relecture , mais surtout valorisation de l' intervenant "spectacuralisé" au détriment de la "vedette" qu'est l'enseignant ,...montre que l' on peut se passer d'enseignant ( meme si ça reste théorique).
Le "pouvoir" est aussi dans la "sanction"ou validation de l' élève qui passe de l'enseignant aux spectacteurs.....
Le pouvoir existe aussi dans l' acceptation du système népotique de reconduite societale de classes qui va s'amoindrir sinon disparaitre du fait de la mise en public de la validation de la qualité des interactions .

Portrait de Anonyme Loys BONOD27.11.2012

C'est ce discours bourdieusien qui a mené l'école où elle est aujourd'hui : vous répétez un raisonnement mécanique et dépourvu de sens aujourd'hui puisqu'il n'y a pratiquement plus ni sanction ni validation dans l'école. Et depuis que le bac est obtenu par environ 75% d'une classe d'âge, on observe une reproduction sociale inégalée. Qu'en pensez-vous ?

Si vous croyez à des lendemains qui chantent grâce au savoir en ligne, nous pourrons facilement en juger rapidement.

http://www.laviemoderne.net/lames-de-fond/023-je-google-donc-je-sais.html

Portrait de Anonyme kercoz28.11.2012

@lOYS /
Je ne vois pas en quoi Bourdieu Serait responsable de l' endogamie culturelle actuelle .....Les anthropo et surtout les archeo...plaident de plus en plus pour la multiplication des élites comme raison majeure de l' effondrement systémique des civilisations ...le 'turn over social " est tombé a 2% ( 8% en 90 et 28% en 1960) ......
L'enseignement sur NET possède plusieurs interets qui bouleversent le pouvoir ancien
-Il suffit d'avoir participé a des interactions de bon niveau pour constater que l' enseignant "magister" est un diplodocus ....les interactions entre élèves suffisent a faire émerger le savoir avec plus de rapidité et d'efficacité qu'avant .
- La suppression des deplacements physiques et l' acces a des textes pré-digérés , meme avec le risque d'endogamie culturelle et de manipulation societale sont incontournables dans un monde ou l' énergie va etre rationné.
Le bac a 75% permet de selectionner les postulants sur leur classe sociale et leur possibilité financiere plutot que sur leur valeur intrinsèque ....systéme impossible qd la valeur est jugée par vos pairs .

Outre la fonction d'enseignement, les cours du collège de France pare ex, permettent a tout le monde de développer un domaine pour des simples raisons d'interet ou de passion ....Perso j'ai , aujurd'hui , réécouté 3 fois l' émission sur No 1 sur l' energie ds l'antiquité ( 3 fois pour des raisons d' une moindre attention due au fait que je travaillais en meme temps ...

Portrait de Anonyme Loys BONOD28.11.2012

Et il suffit d'avoir enseigné quelques années dans des collèges défavorisés pour savoir que le numérique n'aidera pas ces élèves-là. C'est dans les académies les plus défavorisées (comme Créteil) qu'on a le plus développé le numérique, les écrans, le ludo-éducatif etc. Avec les résultats brillants que l'on constate.

Le numérique éducatif est le dernier avatar du pédagogisme des années 80, lui-même inspiré de La Reproduction et des Héritiers, et qui a débouché sur les réformes et l'école que nous connaissons aujourd'hui. Penser que le "turn-over" permettra de retrouver le turn-over années 60, c'est être bien naïf.

Et je ne parle avec scepticisme du numérique éducatif non pas par préjugé, mais par expérience. Il suffit simplement de vouloir l'entendre et de ne pas considérer son interlocuteur comme un "diplodocus".

Portrait de Anonyme Loys BONOD26.11.2012

Pourquoi confondre dans la même interrogation primaire, secondaire, supérieur et formation continue : est-ce vraiment la même chose ?

Pourquoi mettre sur un plan d'égalité service public et entreprises commerciales (Coursera, Essec etc.) ?

Pourquoi ne parler que du retard supposé de la France et ne jamais poser la question de l'efficacité pédagogique de l'enseignement en ligne et évoquer ses évidentes limites ?

Pourquoi une telle complaisance de France Culture pour ce qui est, paradoxalement, la plus inquiétante menace pour la culture : sa réduction à sa simple potentialité ?

Loys BONOD
www.laviemoderne.net

Portrait de HG HG26.11.2012

Bonsoir
L'émission de ce soir s'intéressait spécifiquement à l'enseignement supérieur, et visait à interroger les pratiques dans le domaine du numérique : question qui ne se résume pas au sempiternel affrontement entre public et privé
Quant au fait de mettre en avant le retard français et de ne pas s'interroger sur les limites d'un tel enseignement, sans doute n'aurez-vous pas écouté l'émission jusqu'au bout : la 1ère idée à été contestée par les invités, la 2ème abordée par l'enseignant en philosophie
Cordialement
Merci pour votre commentaire

Votre commentaire

Type the characters you see in this picture. (Vérification audio)
Tapez les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessus : si vous ne n'arrivez pas à les lire, soumettez le formulaire, une nouvelle image sera générée. Il n'y a pas de distinction majuscule minuscule.