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Olivier Guillard, Marie Battini, Jean Hourcade ©Radio France/Pierre Lepoutre
Il y a encore un an, au lendemain de la libération d’Aung San Suu Kyi, nombreux étaient ceux qui se demandaient quelle valeur accorder à ce geste de mansuétude de la junte birmane. Véritable tournant démocratique ou simple manœuvre de diversion ? En novembre 2010, il n’était pas question de trancher dans l’un ou l’autre sens.
Un an plus tard, le degré de sincérité des dirigeants birmans semble plus facile à mesurer. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 n’est pas retournée en prison. On l’a même vue discuter avec Thien Sien, le nouveau chef de l’Etat : ancien général, ramené à la vie civile. Car autre changement, et pas des moindres : en Birmanie, en 2011, le pouvoir n’est plus assuré, en tout plus officiellement, par des militaires.
Depuis peu, les syndicats sont autorisés, de même que le droit de grève. Une commission des droits de l’homme a été créée. La censure : allégée. Plus audacieux encore : le nouveau régime a pris le risque de se fâcher avec son puissant allié chinois en suspendant un important chantier de centrale hydraulique : la population était contre. Tous ces gages de bonne volonté ont fini par payer. L’Union européenne vient de faire savoir qu’elle souhaitait « vraiment soutenir et encourager cette dynamique du changement ». Les diplomates américains, les représentants de l’ONU sont sur la même ligne. Quant aux voisins de la Birmanie, ils lui promettent désormais de prendre la présidence tournante de l’ASEAN (l’Association des nations d’Asie du Sud-Est) en 2014.
Est-ce à dire que le tournant démocratique a été pris de manière complète et irréversible ? Si plus de six mille détenus ont été libérés le mois dernier, deux cent seulement étaient des prisonniers politiques. Il en resterait encore mille huit cent en prison. Le sort des minorités ethniques n’est pas plus enviable.
Un an après la libération d’Aung San Suu Kyi : où en est le ‘’printemps’’ birman ?
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Invité(s) :
Olivier Guillard, directeur de recherche Asie à l'IRIS
Marie Battini, porte-parole de l'ONG Info-Birmanie
Jean Hourcade, ancien conseiller culturel et de coopération auprès de l'Ambassade de France en Birmanie (2000-2005) et membre du groupe Asie 21
Thème(s) : Idées| Asie| Birmanie
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Document(s)
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Birmanie 2020 : De l'état des lieux aux perspectives Dalloz-Iris. Collection Enjeux stratégiques, 2009 -
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1 commentaire
Je suis allé une quarantaine de fois en Birmanie , à la fois pour des raisons professionnelles et privées, depuis 1997. J'ai toujours été frappé par le décalage entre la réalité quotidienne birmane et l'image "de l'enfer birman" donné complaisamment par les médias occidentaux et alimentés par les opposants birmans à l'étranger; j'étais présent lors des élections d'octobre 2010; il y avait aussi bien à la télévision que dans la presse des déclarations étonnantes de la part de candidats de nouveaux partis , déclarations demandant plus de démocratie, plus d'honnêteté, se plaignant du mauvais système éducatif ou de l'état déplorable du secteur médical; Jamais ce type de déclarations n'aurait été accepté au Vietnam; si la propagande gouvernementale a trouvé un écho favorable dans les campagnes, en revanche,la junte n'avait pas besoin de truquer les élections aux deux chambres dans lesquelles l'armée s'était reservé 25% des sièges. Mes contacts birmans, sur place, se réjouissent de l'évolution et croient en la bonne volonté du nouveau président. J'étais , il y a quinze jours à Yangon; la liberté de parole y avait apparu et les photos d'Aung San Suu Kyi étaient vendues par les vendeurs de journaux à la criée. La jeune génération birmane ne souhaite pas la révolution mais une transition pacifique et attendent surtout la levée de l'embargo américain et européen qui fait souffrir , en premier lieu la population. La France , après avoir "libéré" la Libye, s'honorerait en accompagnant et favorisant cette transition pacifique qui évite, pour l'instant , la violence. Le porte parole du LND vient d'annoncer que le chiffre des prisonniers politiques (le gouvernement qui refusait jusqu'à présent ce terme de prisonniers politiques, parle de "prisonniers de conscience) serait de 500 prisonniers dont 300 membres du LND; sur ces 500, 200 ont été libérés en octobre; meme si le principe demeure condamnable, ce n'est pas le chiffre de 2000 qui était couramment cité; en tout cas nous sommes loin de la Corée du Nord avec laquelle la Birmanie est souvent comparée, bien entendu totalement à tort à mon avis. Baudoin de Pimodan