Pourquoi les Allemands, tout en délocalisant, créent aussi des emplois ? 4
15.06.2011 - 18:20
PSA va-t-il fermer son usine d’Aulnay-sous-Bois ? Le premier constructeur automobile français y emploie 3 600 personnes. Que deviendraient-elles si Peugeot s’avisait d’aller faire fabriquer la C3 ailleurs, comme il en est tenté ? Les pouvoirs publics sont immédiatement montés au créneau : le premier ministre a rappelé au patron de Peugeot que son entreprise demeure « redevable vis-à-vis de la nation qui l’a aidée lors de la crise financière ». Fort bien, mais les spécialistes de l’automobile, eux, vont répétant que, en tous les cas, les petits modèles bon marché n’ont plus vocation à être produits en France. Pour rester compétitif, il faut en délocaliser le montage dans les pays à bas coûts de main d’œuvre.
Le bon sens élémentaire nous suggère qu’un emploi délocalisé est un emploi perdu. En est-on si sur ? La baisse sur les coûts de production permet d’augmenter ses parts de marché, donc d’embaucher davantage de salariés, et de payer davantage de charges et d’impôts. Les Allemands ont délocalisé une bonne part de leur production automobile en Slovaquie, en République tchèque et leur industrie ne s’en porte pas mal, qu’on sache.
En Allemagne, en effet, 20 % des emplois sont fournis par l’industrie, contre seulement 13 % en France. Et si cette proportion est en baisse constante dans toute l’Europe, force est de constater que, chez nous, ce déclin est plus brutal et plus rapide. L’industrie employait encore 16 % des Français 2000. Doit-on considérer cette désindustrialisation comme un phénomène normal, comparable à celui qu’on a connu dans l’agriculture qui, d’employeur majoritaire dans les années 30 est tombé à 3 % de la population active ? Les emplois dans les services suffisent-ils à compenser les emplois industriels perdus ? Doit-on incriminer les délocalisations, les interdire comme le réclament certains partis politiques ?
On se souvient que l’un des grands mérites de l’Europe, avec ses petites nations, est de permettre de comparer les solutions locales à l’aune de leurs performances respectives. Qu’avons-nous à apprendre de la réussite allemande dans le domaine de l’industrie ?
Invité(s) :
Etienne Wasmer
Patrick Artus
El Mouhoub Mouhoud
Thème(s) : Information| Economie



4 commentaires
Brice parle de l'"opinion", et des délocalisations heureuses, il a dû croiser Casanova dans les locaux de France-Culture, ou fréquenter des cercles où l'ouvrier n'entre pas ... Et puis , en parlant d'Haiti, on ne parle pas d'infrastructures pourries - même si c'est vrai- on choisit ses mots.
Majuscule à "allemands", svp (c'est un nom et non un adjectif). Qu'il est pénible de devoir sans cesse rappeler aux journalistes les règles élémentaires de la langue ! Cet accès de mauvaise humeur mise à part, merci pour votre émission, à mes oreilles l'une des meilleures de France Culture.
Ou sont les embauches de salariés?? Ou sont payés les impôts ?? La nature et les niveaux de salaires des jobs allemands ne sont pas du tout enviables, tout se délocalise y compris la R&D maintenant, croyez vous vraiment que l'Allemagne soit un modèle sur le long terme, qui sont vraiment les gagnants en Allemagne, la finance, point. Votre présentation de l'émission me choque. J'aimerais savoir qui travaille vraiment avec des allemands dans votre panel!!! Où est l'humain dans votre réflexion???
C'est ça...La baisse sur les coûts de production permet d’augmenter ses parts de marché, donc d’embaucher davantage de salariés, et de payer davantage de charges et d’impôts. Embaucher des salariés où? Même la R&D est délocalisée maintenant!! Les impôts sont payés en France comme Total ou EADS qui a mis son siège aux Pays Bas... Quel tissu de contre vérités dans votre introduction!! Et si pour vous l'Allemagne est un modèle avec le niveau et la nature des emplois créés, les salaires horaires, etc,... allez donc voir la réalité de la pauvreté rampante.