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Du Grain à moudre

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Emission Du Grain à moudre

du lundi au jeudi de 18h20 à 19h

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Y a-t-il un risque populiste à gauche ? 12

26.01.2012 - 18:20 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

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A force de ne plus en parler, il avait fini par disparaître. Et si 2012 signait son grand retour, à la faveur de la présidentielle ?

Lui : le peuple, dont il est de bon ton de se réclamer aujourd’hui, pour promettre en retour l’exercice d’un pouvoir re-légitimé.

Le problème avec le peuple, c’est qu’il ne revient jamais seul, mais accompagné, dès lors qu’on fait un peu trop appel à lui, de son côté obscur : le populisme.

Le populisme : un style davantage que des idées, le registre de l’émotion plutôt que celui de la raison, des promesses de changement immédiat, des cibles obsessionnelles comme la dénonciation des élites et la défiance vis-à-vis de l’étranger.

A droite, et en Europe, les populistes grignotent du terrain : le phénomène n’en finit plus d’être analysé.

Ce soir, c’est à son flanc gauche que nous avons choisi de nous intéresser. Car après tout, s’il est un élément constitutif de ce qu’est (ou de ce qu’a été la gauche), c’est bien le peuple.

Y a-t-il un populisme de gauche ? Est-il plus ou moins dangereux que celui de droite ? A petite dose, peut-il avoir un intérêt dans une stratégie de reconquête du pouvoir ? Et comment doser sans se laisser déborder ?

Bref, « Y a-t-il un risque populiste à gauche ? »

 

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Invité(s) :
Christophe Bourseiller, écrivain, journaliste, professeur à Science Po Paris, comédien...
Laurent Bouvet, professeur de science politique à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et enseignant à Sciences Po Paris
Tzvetan Todorov, critique, historien et philosophe, directeur de recherches au CNRS

Thème(s) : Idées| Histoire| Politique| Société

12 commentaires

Portrait de Anonyme Anonyme31.01.2012

Désolé mais je ne vois toujours pas ce que recouvre la notion de « populisme ».
Poser à priori la question du « risque populiste » …à gauche renvoie immédiatement à quelqu’un comme JL Mélenchon.

Sur le Front National pourquoi ne pas tout simplement le qualifier de démagogique, de raciste ou de néo-fasciste. Ce n’est pas le cas ? En quoi la notion de « populisme » est plus apte à décrire le discours de ce parti ?

En revanche il faut avouer que cette notion est bien commode pour mener deux opérations simultanées :
1- D’un côté en qualifiant le FN de « populiste » vous occultez les racines historiques de ce parti et du coup vous relégitimez l’arrivée du FN sur la scène politique au même rang qu’un autre parti.
2- D’un autre côté en requalifiant un parti démocratique comme le Parti de Gauche de « populiste » vous disqualifiez d’avance un candidat comme Mélenchon, incontestablement démocrate, républicain et antiraciste.

Par ailleurs pour les besoins de la cause vous procédez à une révision complète du sens politique et culturel du mot « populiste ». Souvenez-vous du prix populiste en littérature. Ont été déclarés populistes en leur temps Marcel Aymé, Eugène Dabit, Jules Romain, Jean Paul Sartre, René Fallet, plus récemment Denis Tillinac, Jean Vautrin, Gérard Mordillat, etc…

Si l’on suit votre raisonnement, même Spinoza (et ses multitudes) serait qualifié par vos invités de …populiste ! Machiavel ? Populiste ! Rousseau ? Populiste ! Jaurès ? Populiste !
Tous ceux qui entendent traduire les espérances populaires seraient suspects ? Au font ne serait-ce pas le peuple lui-même qui serait toujours suspect ?

Pourtant Annie Collovald, sociologue, a fait une excellente étude démontrant la vacuité de cette notion dans « Le populisme du Front National, un dangereux contresens ». Pourquoi ne pas l’inviter ? Pourquoi inviter toujours les tenants de la même thèse à quelques nuances près ?

Pour finir je crois que votre émission sur le « risque populiste à gauche » est avant tout une opération politique de disqualification à priori de tout ce qui ce dit un peu plus à la gauche du PS. Actuellement il n’est pas un jour sans que la presse se fasse l’écho d’une menace, d’une poussée populiste, qualifiant tout et son contraire de populisme.

Derrière l’accusation de populisme ne se cache-t-il pas plutôt la méfiance, la peur et la haine du peuple ?
Quand vous décidez de faire des émissions sur des postulats aussi partisans essayez au moins de respecter les auditeurs de France Culture en invitant de véritables contradicteurs. Merci d’avance.

Portrait de Anonyme Jordi GRAU28.01.2012

Bonjour.

J'ai écouté ce matin en différé votre émission sur le populisme. Je l'ai trouvée assez intéressante. J'aurais cependant deux ou trois remarques à faire à ce sujet :

- le mot "populisme" est employé aujourd'hui à tort et à travers, et notamment pour discréditer tous ceux qui se permettent de critiquer les dérives oligarchiques de la démocratie. Il me semble qu'il vaudrait mieux parler de "démagogie", qui recouvre assez bien ce que disait Todorov, quand il parlait d'un certain style de discours politique qui flatte le peuple en faisant miroiter une solution miracle à court terme.

- Un des intervenants (M. Bouvet, je crois) reprenait la distinction romaine entre populus (l'ensemble des citoyens) et plebs (les classes populaires). Implicitement, il reprenait à son compte le mépris des patriciens à l'égard des basses classes. Or, ce mépris ne me paraît pas justifié. Certes, les classes populaires peuvent se tromper, et l'histoire l'a montré maintes et maintes fois. Mais les classes dominantes ne valent pas mieux, me semble-t-il. Hitler n'était pas plus apprécié par les classes populaires que par la grande bourgeoisie allemande, par exemple.

- Le même intervenant, si ma mémoire est bonne, a mis un peu dans le même sac racisme et lutte des classes. Or, les deux choses sont bien différentes. Les discours racistes sont le plus souvent démagogiques (pas toujours, car il a existé un véritable racisme à l'égard des classes populaires). Mais un discours appelant à la lutte des classes n'est pas nécessairement démagogique. Quand des hommes politiques (Thorez ou Mélenchon, par exemple) disent que le pouvoir et la richesse de la France sont concentrés entre les mains d'une petite minorité, ils font un constat lucide et difficilement contestable. Quand ils disent qu'il faut répartir de façon plus équitable ce pouvoir et cette richesse, il ne font rien que réaffirmer une vieille exigence démocratique. D'ailleurs, en ce moment, ce sont plutôt les oligarques qui mènent une lutte des classes, en imposant aux classes populaires d'immenses sacrifices tout en se montrant d'une indulgence coupable envers les plus riches, et notamment envers les principaux responsables de la crise (banquiers, notamment). Comme le disait Warren Buffet il y a quelques années, alors qu'il était encore l'homme le plus fortuné du monde : la guerre des classes est une réalité, et c'est nous, les riches, qui sommes en train de la gagner.

Portrait de HG HG28.01.2012

Bonjour

Je ne crois pas que Laurent Bouvet ait fait le moindre lien entre racisme et lutte des classes. La lecture de son excellent livre, "Le sens du peuple" devrait vous en persuader.

Merci pour ce commentaire.

Portrait de Anonyme Anonyme27.01.2012

Monsieur Gardette, je n'ai pas entendu l'émission mais je viens de lire votre chapeau (en tourt cas le court texte qui présente l'émission, plus haut sur cette page web).

C'est un texte pensée unique, standart, qui ne présente donc aucun intérêt.

Je vous propose le chapeau suivant: Comme l'avait déjà dit il y a des années Cornelius Castoriadis, on pourrait qualifier la France d'oligarchie libérale, bon on pourrait choisir d'autres vocables mais il est sûr que la France n'est pas une démocratie. Il n'est qu'à voir la propagande intense qu'on fait, sur France-Culture et partout, partout sur ces médias qui sont les chargés de com de l'oligarchie, pour les deux clones (Sarkozy-Hollande, Sarkollande) pour s'en convaincre définitivement.
Quels pourraient être les moyens juridiques, économiques, institutionnels, etc. , qui peuvent être imaginés pour sortir non pas de cette "carence démocratique" (encore un concept pourri) , mais du système oligarchique, pour enfin fonder une démocratie en France.
Le problème est de si grande importance que nous avons décidé de faire une série de 10 émissions sur le sujet.

Ah ça a de la gueule, non, un chapeau comme ça!

Portrait de HG HG28.01.2012

Cher Anonyme,

Si vous le permettez, je vais quand même garder mon chapeau, même si le vôtre est -en effet- (et il suffit de le lire pour s'en convaincre) d'une qualité bien supérieure au mien.

Portrait de Anonyme Anonyme27.01.2012

Le peuple à disparu des écrans radars. Ouvriers invisibles à la télévision et dans la presse, ainsi qu'à la radio...
Mélenchon rend visible les invisibles, c'est ce que vous appelez populisme. Et bien oui Mélenchon est populiste !

Pour lui, les élites ce sont les ouvriers spécialisée qui possèdent un savoir faire, les profs qui réfléchissent sur leur métier, sur l'éducation. Les intellectuels qui critiquent le système en place. Et ils sont les bienvenus dans son combat.

Son combat contre l'oligarchie, bien différente des élites, l'oligarchie des rentiers qui n'ont pas eu à se surpasser pour enrichir notre société, ni financièrement, ni intellectuellement.

Cette volonté qu'à Mélenchon de mettre en avant les élites contre l'oligarchie, c'est l'essence même de la gauche.

Portrait de Anonyme Invert27.01.2012

Très bon échange fort éclairant sur la vitalité des oligarchies qui ont les moyens d'exercer le pouvoir impunément. Le populisme c'est l'affaire de la télé qui oeuvre dans les cerveaux disponibles.
Le populisme c'est Rama, Rachida et Fadela obligées d'assumer un rôle de potiches décoratives.
Le populisme c'est aussi des gens qui font carrière à gauche Besson Kouchner, Jouyet, Allègre pour ensuite faire allégeance à l'autre camp. Montrant au vil peuple que les valeurs n'existent que le temps de chercher "la gamelle".
Le populisme c'est donc l'enfumage des Rastignac.

Le siècle nouveau sera prolifique dans ce sport national.
M.Gardette je vous prie de construire un débat sur le jumelage entre Vichy et Laval...Humour !

Portrait de Anonyme Loulou27.01.2012

Le peuple est la part organique de la société de chair, de sang, pleine de cellules germinales. C'est de la société, le corps, corps par quoi l'on vit, corps par quoi l'on meurt. le peuple veut vivre mais il va mourir. le peuple veut jouir mais il va souffrir. le peuple veut être aimé mais il est si étymologiquement vulgaire qu'il n'inspire que le dégoût. Regardez-les ces imbéciles mangeant leur pizza en regardant la télé. Le peuple veut renaître plus beau dans ses beaux enfants, mais ses enfants ingénus sont des idiots d'un autre temps qui sont sourds aux leçons du passé. le peuple est un éternel insatisfait, un éternel désirant, un éternel sentimental, un éternel espérant, un éternel frustré, un éternel trompé qui cherche à se venger de ceux qui l'ont humilié. Les uns parient sur son progrès, sur son histoire, les autres parient sur sa bêtise ancestrale et espère sa maîtrise. Ce sont les premiers, je crois, que l'on nomme populistes.

Regardons cette belle langue qu'est notre Français. C'est, si je ne m'abuse, au départ la langue du peuple, une espèce de latin parlé ayant subit de multiples influences culturelles en un mot abâtardie. Cette langue tellement rigide et raide n'aura jamais voulu se plier à toute réforme en profondeur de son système. Elle a l'orthographe le plus absurde et le plus compliqué du monde sorte de breloque ridicule, dont les articles, les pronoms personnels alourdissent à n'en plus finir la moindre parole. Si ; comme les mathématiciens le montrent avec la théorie des fractales (que je ne connais pas du tout, je vous préviens donc qu'il se peut que je dise une grosse bêtise) ; d'un détail, il est cette fois possible de se donner une représentation pas totalement fausse de l'ensemble ; le peuple français est comme sa langue française rebelle, compliqué, baveux et insondable dans une Europe qui l'est tout autant. Nous demandons aux peuples de chaque pays de se commuer en un peuple européen. C'est impossible.

En revanche, de plus en plus, chacun de nous croisera fréquemment comme déjà actuellement dans le creux de sa main la face des pièces de monnaie euros ; des membres des pays de l'union, des membres métissés, des membres aux voix empruntes de langages hors union. Quel en sera notre réaction ? Fais-tu partie de mon peuple ? Dois-je t'aimer ou te considérer comme mon concurrent ? Veux tu partager la viande que j'ai chassé autour de mon feu, ou veux-tu me la prendre toute ? Pour cela veux tu m'échanger quelque chose où es-tu prêt à me la prendre de force et à me détruire ?

Pour surmonter ces difficultés, dire à la France vous êtes le peuple de France, aimez vous, aidez vous, donnez pour l'intérêt général. C'est le message qu'on attend d'un personnage aux hautes fonctions politiques. Tenter de nous faire oublier que nous sommes chacun une cellule amibienne de ce peuple ce serait au contraire chercher nous affaiblir, diviser pour mieux régner. La lucidité du rationalisme morbide ne nous aidera pas. Tu vas mourir. Je vais mourir. (si ce n'est pas déjà fait). Ok ! et maintenant on fait quoi ? Le sens de ce peuple c'est son histoire, son avenir qui se trouve dans nos vieux et dans nos jeunes. appeler à l'amour de ce peuple ce n'est pas se connecter qu'au moment présent, c'est s'inscrire dans une filiation, dans une génération, dans une génitalité. Autrement dit, comme dans mon corps se trouve le passé, le présent et l'avenir phylogénétique. Aimer le peuple c'est à dire avoir l'illusion utile (le mythe) de s'éprouver comme en faisant joyeusement et chaotiquement partie est la seule position ancrée dans l'être. L'autre position mettant au centre le savoir et l'avoir, ceux qui les possèdent contre ceux qui ne les possèdent pas est la position caduque. Car, que ce soit sur un tas de merde ou sur tas d'or n'en déplaisent aux transhumanistes nous mourront. Les avoirs et les savoirs finissent toujours par disparaître et par s'effondrer dans nos mémoires ou dans nos mains trop étroites, mais ce qui est ne pourra jamais ne pas avoir été.

Portrait de Anonyme eric26.01.2012

pour moi c'est trés simple le soi disant populisme de gauche en france n'est absolument pas dangereux pour la démocratie,et c'est plutot une bonne nouvelle d'avoir une gauche dans ce pays,je n'ai pas entendu de propos racistes et d'opposition des français les uns contre les autre à gauche,par contre à droite c'est une pluie de bouc émissaires.

Portrait de Anonyme lisztfr26.01.2012

Il y a surtout un risque de poujadisme à FR C.

"Une petite dose de populisme" comme vous dites, ce n'est qu'une petite dose de démagogie.

L

Portrait de Anonyme Louise26.01.2012

Ne faut-il pas aussi s'interroger sur :

Y a-t-il un risque d'autisme élitiste à gauche comme à droite?

Portrait de Gouzon Gouzon26.01.2012

Bonjour, j'espère que vous allez consacrer une grande partie de l'émission à très bien définir ce que recouvre le populisme: j'attends notamment de la rigueur SCIENTIFIQUE de la part de vos invités universitaires, le moins qu'on puisse espérer de ceux-ci... Et que le débat ne se perde pas dans des affirmations creuses, péremptoires et a-réelles (du genre M.le Pen et J-L.Mélenchon sont populistes) comme c'est le cas bien souvent avec le concept de poujadisme trop souvent tourné dans une acception fautive car assimilé à l'extrême-droite par exemple.