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 Du jour au lendemain

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Emission  Du jour au lendemain

du lundi au vendredi de minuit à 0h35

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Cécile Reims

31.01.2012 - 00:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

 

Alain Veinstein reçoit Cécile Reims pour son exposition Cécile Reims graveur au Musée d'art et d'histoire du judaïsme (jusqu'au 11 mars) et pour son catalogue Cécile Reims L'Oeuvre gravé 1945-2011 (Musée Jenisch Vevey)

 

 

Cécile Reims L’Herbier charnel

Cécile Reims L’Herbier charnel
2002-2003 - Burin
Collection Musée Jenisch, Vevey © ADAGP, Paris, 2011

Dès l’enfance en Lituanie, puis à Paris, à Jérusalem ou à Barcelone, Cécile Reims (née en 1927) dessine le monde qui l’entoure.
Juive, clandestine pendant la guerre, puis sauvée d’une grave tuberculose, Cécile Reims se sent le devoir de donner un sens à cette vie de rescapée et « entre en art », comme on entre en religion.

Sa rencontre avec le graveur Joseph Hecht, en 1945, lui fait découvrir le burin, instrument exigeant qui devient son moyen d’expression privilégié. Dans ces premières années naissent les mystérieuses séries Visages d’Espagne, Métamorphoses et Bestiaire de la mort. Mais, afin de soutenir la vocation d’artiste et le travail de Fred Deux (né en 1924), qu’elle rencontre en 1951, l’engagement de Cécile Reims dans la cause artistique prend une autre forme : elle se détache de son propre travail créateur pour devenir graveur d’interprétation, reportant en gravure le dessin d’un autre artiste. Cécile Reims remplit ce rôle de praticien avec un certain bonheur et un immense talent, et collabore secrètement à l’œuvre gravé de nombreux artistes de la veine surréaliste, dont Hans Bellmer de 1966 à 1975, Salvador Dali de 1969 à 1988, Fred Deux de 1970 à 2008, ou Leonor Fini de 1972 à 1995.

Alors que s’insinue en Cécile Reims le manque de s’exprimer en son propre nom, ses pas la guident un jour vers le Museum d’histoire naturelle, et ce sont les planches d’un Traité anatomique de la chenille qui ronge le bois de saule qui forcent un passage, « un accès à elle-même ». Elle grave à son tour la dissection de cet insecte, et l’album La Chenille consacre, en 1986, sa sortie d’une certaine clandestinité, à laquelle met fin définitivement l’importante rétrospective que lui consacre en 2004 la Bibliothèque nationale de France.
Nourrie par l’observation de la nature, des êtres, des paysages qui l’entourent ou des reproductions de terres d’ailleurs, Cécile Reims, à travers nombre de suites et séries fondées sur un questionnement anthropocentrique, offre une libre projection de ses questionnements intérieurs, révèle un sens caché des apparences et cherche à mettre en images ce qui lie l’ensemble de la création.

Invité(s) :
Cécile Reims

Thème(s) : Littérature| Beaux Livres