Festival d'Avignon 2010 "Hommage à Alain Crombecque"
16.07.2010 - 20:00
Hommage à Alain Crombecque,
Proposé par France Culture avec le Festival d’Avignon et le Festival d’Automne à Paris, sous le patronage de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication
Premier volet : les années avignonnaises
Emission présentée par Joelle Gayot avec le concours de Jean-Pierre Thibaudat
Avec : Sami Frey, Michèle Guigon, Jacques Bonnaffé, Valérie Dreville, et Patrice Chéreau
Archives INA
Réalisation : Jacques Taroni
Assistant de réalisation : Benjamin Hû
Cet hommage a été imaginé en deux parties. Le premier volet parcourra les années durant lesquelles Alain Crombecque dirigea le Festival d’Avignon (1985-1992). Le deuxième volet aura lieu à Paris aux Bouffes du Nord le 28 novembre 2010 et sera consacré aux années du Festival d’Automne à Paris et aux liens particuliers d’Alain Crombecque avec la musique, les arts plastiques, ou le théâtre… Les deux soirées sont à chaque fois enregistrées et diffusées en direct sur France Culture
Ce 16 juillet, on entendra la voix d’Alain Crombecque et celles d’acteurs, d’artistes, d’œuvres théâtrales et musicales qui firent le bonheur des festivals dirigés par Alain Crombecque. Plusieurs acteurs viendront en direct dire des textes d’auteurs qui ont alors marqué et jalonné le festival. Les spectateurs, les artistes qui ont traversé ces huit années avignonnaises se souviendront, les plus jeunes découvriront. On évoquera aussi la relation privilégiée qu’entretenait Alain Crombecque avec Alain Trutat, responsable des émissions dramatiques sur France Culture. Une complicité qui se traduit aujourd’hui par la richesse des enregistrements retrouvés dans les archives de l’INA, qu’il s’agisse de captations ou de programmes communs, en particulier ceux liés à la poésie.
Blandine Masson
« Quel festivalier d’Avignon ne l’a pas vu, droit sur son solex, enfiler les rues et même les ruelles à un train de sénateur, vêtu d’une veste en tweed sans âge, faisant la tournée des lieux du Festival non seulement les soirs de première mais tous les soirs. Tout au long de ces épuisantes semaines de juillet, sous le cagnard et le feu des médias, il demeurait disponible, prenant le temps de bavarder, de prendre un verre. Il avait l’air de ralentir le sablier des heures. Ce n’était pas un homme pressé. On ne l’a jamais vu stressé, crispé, sauf les toutes dernières semaines de sa vie, comme si son corps, avant lui, présageait la brutale échéance qui l’attendait un matin dans un wagon du métropolitain. Alain était un homme hors temps.
Très tôt (et donc très jeune), au début des années soixante, organisant à Lyon une exposition de peintres contemporains comme la ville n’en avait sans doute jamais connue, il fut du côté des artistes. Près d’eux, jamais devant eux. Ce fut le cas un peu plus tard lorsqu’il mit sur pied des festivals de théâtre (mais aussi de musique, etc.) pour l’UNEF à Marseille et à Paris (et même sous les fenêtres de Jean Vilar du côté de Mouffetard), puis en devenant l’administrateur du Grand Magic Circus ou de Claude Régy, et plus tard encore en étant à côté de Patrice Chéreau lors de l’aventure de Nanterre-Amandiers. Cela perdurera lorsque, devenu un homme public malgré lui, il fut nommé directeur du Festival d’Avignon et n’eut de cesse de se placer sous l’aile de Jean Vilar et de René Char.
Dans son dernier éditorial en tête du programme du Festival d’Automne 2009, à propos de Robert Wilson, invité pour la dix-neuvième fois, il parlait de fidélité. Ce n’était pas un homme de ruptures. D’Alain Trutat (à France Culture) à Alain Cuny (qu’il fit revenir en Avignon et qu’il accompagna jusqu’au bout, veillant après sa disparition à la conservation de ses archives), en passant par les artistes iraniens ou américains, Tadeusz Kantor, Antoine Vitez ou Peter Brook et bien d’autres, il versait tout son savoir-faire en matière de production, de diplomatie, de relations, et tout autant son art discret de la persuasion, au compte d’artistes connus ou pas, d’amis connus ou pas. Alain était un homme de belles fidélités. »
Jean-Pierre Thibaudat.
Thème(s) : Arts & Spectacles| Littérature| Alain Crombecque

