Eric Valmir, notre correspond à Rome, vient de publier « Italie Belle et impossible », aux éditions Editalie
Au départ, il y avait la proposition de plusieurs éditeurs d’écrire un texte sur Berlusconi et de raconter la société italienne à travers sa figure politique et le succès de son empire médiatique. J’ai refusé cette démarche. Il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur le Président du Conseil.
Ensuite, il était question
d’aborder les 150 ans de l’unité italienne. Mais tant d’historiens ont étudié la
période avec la précision du scientifique. L’incontournable Histoire de l’Italie de Pierre Milza, ou l’Histoire
de l’Italie du Risorgimento à nos jours de Sergio Romano sont des oeuvres de
référence.
En revanche, donner la parole à la société civile et retranscrire
dans un livre les reportages et les interviews réalisés ces cinq dernières
années était un exercice qui me plaisait davantage. Aucune démonstration et
jugement de valeurs. Simplement rencontrer, écouter, échanger. Mettre en
relation avec les faits d’actualité et l’Histoire du pays les ressentis et
sentiments d’aujourd’hui.
Et au fil des chapitres, une vision s’impose. Celle d’une société civile forte et créatrice déconnectée du pouvoir. Un décalage entre les intérêts de la classe politique dirigeante et les aspirations des citoyens. Un décalage qui inéluctablement nous amène à ce référendum des 12 et 13 juin, ce ras de marée électoral contre un système. Plus qu’un vote contre Berlusconi, c’est le rejet d’un système qui s’est exprimé.
Dans ce livre, Silvio
Berlusconi, il en est très peu question. Bien évidemment, des passages lui sont
consacrés. Difficile de l’ignorer surtout au vu du rôle qu’il a joué ces quinze
dernières années, mais il n’est pas le protagoniste central de ce texte.
Vivre dans un pays, ce n’est pas le réduire à ses gouvernants, c’est le
parcourir du nord au sud en prenant le temps de s’arrêter et de s’intéresser au
quotidien des uns et des autres. A l’arrivée, il ne reste qu’une somme de
nuances et de contradictions, qui additionnées forment l’âme du belpaese. Et on
très loin du Bunga Bunga.
Thème(s) : Information| Débat| Italie


