Le 11 septembre n'aurait-il fait que raviver une culture de guerre consubstantielle à l'Amérique? La guerre serait-elle le moteur de cette démocratie unique et fascinante ?
Les Etats-Unis et la guerre forment un couple indissoluble. Née d'une guerre
d'indépendance, façonnée au gré d'un expansionnisme fatal aux peuples indiens,
devenue moderne lors de la guerre de Sécession, acteur majeur des conflits
mondiaux du XXe siècle, la nation américaine semble exister surtout
quand elle se bat. Deux siècles et demi d'histoire parlent d'eux-mêmes : avec
une soixantaine d'interventions dans de multiples pays, de Cuba à l'Irak, du
Japon au Vietnam et naturellement par deux fois en Europe, « l'Oncle Sam » s'est
lancé dans une campagne, en moyenne, tous les quatre ans.
Après le 11
septembre 2001 commence une guerre « contre le terrorisme » permettant plus que
jamais aux Etats-Unis de revendiquer un leadership mondial. Encore faut-il, dans
une démocratie, obtenir le soutien de la population, défi de plus en plus
difficile à relever. Le recours : vivifier une culture de guerre profondément
ancrée dans la conscience populaire américaine. Au-delà du monde de la politique
et de l'information, tous les secteurs de la société - l'enseignement, le sport,
la chanson, le cinéma, la télévision, les biens de consommation - sont soudain
gagnés par la contagion militariste. En face, les opposants, irréductibles,
peinent à se faire entendre. Mais pour combien de temps ?
Né en 1980,
Thomas Rabino est un historien spécialisé dans l'histoire de la Résistance et la
civilisation américaine. Chercheur, journaliste, il pilote la création du musée
Jean-Moulin à Saint-Andiol.
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