Faut-il avoir peur de l'évaluation? La bibliométrie en question...
02.07.2009 - 21:00
Les fonctionnaires de la transparence ont au moins un avantage sur les citoyens ordinaires : ils ne se trompent jamais. La langue dont ils usent, et les méthodes qu'ils promeuvent, elles sont les instruments d'une culture de l'évaluation entièrement dévolue à des résultats imparables. Cela s'appelle un raisonnement en boucle, il est aujourd'hui largement partagé par les experts qui sont à la tête de nombreux établissements publics, tels les universités, l'hôpital, les institutions de recherche, les productions culturelles, la justice. Qu'est-ce qu'un évaluateur et pourquoi l'évaluation est-elle devenue le critère absolu permettant de mesurer le rendement intellectuel des chercheurs autant que la performativité de nos hôpitaux, voire de nos agents de police ?
Tandis que dans les universités une Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur s'impose comme le bras armé d'un nouveau dirigisme d'Etat, les résultats obtenus par cette nouvelle gestion publique s'avèrent à la vérité pitoyable. La crise des vocations continue ses ravages. Et la France qui était le troisième pays scientifique en 1970 se retrouve aujourd'hui au quatorzième rang. Quel gâchis !
Le pilotage qui a pris la forme d'un dirigisme exceptionnel pourrait bien s'apparenter à une navigation à vue. Et si l'idèologie de l'évaluation n'était que le signe de l'émergence d'une société qui bégaie ? Que faudrait-il faire ?
Il faudrait se donner du temps et repenser à nouveau frais les grandes orientations de la recherche nationale....
Invité(s) :
Heinz Wismann, philologue et philosophe
Barbara Cassin, philologue et philosophe, directrice de recherches au CNRS.
Isabelle This Saint-Jean
Thème(s) : Idées


