le samedi de 20h à 21h
Festival d'Avignon 2010 "Les sonnets de Shakespeare"
17.07.2010 - 20:00
Les sonnets de Shakespeare
Nouvelle traduction : Frédéric Boyer
Editions P.O.L.
Lecture dirigée par Jean-Baptiste Sastre
Réalisation : Laure Egoroff
Assistante de réalisation : Marie Placais
Avec : Axel Bogousslavsky, Pascal Bongard, Frédéric Boyer, Cécile Braud, Jean-Charles Clichet, Florence Delay, Jérôme Derre, Bénédicte Guilbert, Yvain Juillard, Alexandre Pallu, Denis Podalydès de la Comédie- Française, Anne-Catherine Regniers, Nathalie Richard, Bruno Sermone.
« […] Interpellations, malédictions, serments, regrets, éloges, prières et supplications... Chaque sonnet ouvre un presque désespoir. La voix du poème est celle d’un prisonnier du temps et de l’amour. Le sonnet se fait ici exorcisme, aurait dit Henri Michaux. Et pour reprendre une de leurs expressions favorites, les sonnets shakespeariens capturent par distillation dans les mots et le chant poétique une infinité de pensées et d’images. Oui, c’est un langage de sorcier. Et si, longtemps, j’ai voulu traduire les sonnets de Shakespeare, c’est exactement pour l’étrange cruauté de ce chamane amoureux, enflammé et glacial. […] Chamane parce que sa poésie traite de façon crue et directe de réalités qui appartiennent à la fois à la nature et à l’invisible : le sacrifice du coeur et de l’âme, le culte des ancêtres, la distillation des êtres et des pensées dans le temps, l’érotisme, l’inspiration littéraire, le sexe, le chagrin, l’animalité, la trahison, la jalousie, la mort et le pourrissement, la survie et la postérité... On a souvent voulu célébrer la complexité, voire l’obscurité, de ces sonnets. J’ai préféré ne pas m’attarder plus que de raison sur leur trop prétendue intraduisibilité, et privilégier leur voix pathétique ou drôle, nostalgique ou ironique. Le poète, dans l’amour et l’amitié, est servile, esclave, masochiste, passionné et cruel. Il bouscule le langage, les genres et les sexes, les étiquettes. Multiplie les rythmes, les répétitions, les jeux de mots, les équivoques. Dans l’éloge, il devient funambule. Son admiration est tranchante comme une dague. Ces sonnets ont une brièveté poignante, jusque dans les images les plus conventionnelles on entend le couteau du temps qui déchire, dépèce notre sensiblerie. Oui, j’ai tenté de traduire au plus simple, presque drastiquement Shakespeare, dans un vers libre qui tente non pas de calquer ou reproduire le vers anglais mais de reconstruire en français contemporain la singularité de cette voix poétique, férocement intime et déguisée. Jusqu’à faire entendre l’ironie comme la douleur de ces sonnets dans une certaine économie, avec simplicité, et une très certaine noirceur assumée. […] »
Frédéric Boyer.
Suivi d’un entretien avec Frédéric Boyer et Jean-Baptiste Sastre par Sophie Nauleau
Rediffusion du 23/01/2010 à l'occasion de la disparition de Bernard Giraudeau
Luis Sepúlveda, Lecture par Bernard Giraudeau et Luis Sepúlveda
Réalisation : Myron Meerson.
Enregistré en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe le 17 octobre 2009.
Lecture organisée par l’Odéon-Théâtre de l’Europe avec les éditions Métailié, en partenariat avec France Culture.
A l’occasion de la parution de L’ombre de ce que nous avons été le 14 janvier 2010 aux éditions Métailié, Luis Sepúlveda et Bernard Giraudeau pour la version française, lisent des passages des œuvres suivantes, toutes publiées aux éditions Métailié : Le Vieux qui lisait des romans d’amour (traduit par François Maspero), La Lampe d’Aladino (traduit par Bertille Hausberg) et L’ombre de ce que nous avons été (traduit également par Bertille Hausberg) qui a reçu en Espagne le Prix Primavera 2009.
Invité(s) :
Luis Sepùlveda, écrivain
Thème(s) : Création Radiophonique| Littérature| Shakespeare

