Réalisation : Cédric Aussir
Enregistré en public du Quartz à Brest dans le cadre du Festival Longueur d’ondes le 2 décembre 2011
La radio a accompagné toute ma vie. Je me souviens de la radio qu’on écoutait chez mes parents, qui n’avaient pas de télévision. Elle rythmait les journées, du matin au réveil, au soir au dîner. On pouvait l’écouter attentivement, ou distraitement, ou ne pas l’écouter du tout. Mais, en temps ordinaire, elle était toujours allumée. À certaines voix, à certaines musiques correspondaient certaines activités et certaines heures de la journée. Le son était comme la lumière, toujours là, et nous étions dedans.
Dans le fond, ça n’a jamais changé. Je n’ai jamais eu d’habitude avec la télévision, mais j’ai toujours eu un poste de radio, dans la cuisine, dans le bureau. Plus tard, quand il m’est arrivé de participer à une émission, je n’ai pas pu m’écouter. Pas une fois. Entendre le son de ma voix bouleverserait tous les codes élaborés depuis l’enfance, la distinction entre le dehors et le dedans, le monde et la maison, les autres et moi. M’entendre dans le poste est inconcevable.
L’une des choses que j’apprécie dans la langue que j’habite est de pouvoir écouter Radio France, de passer de l’une à l’autre de ses radios. Pas de publicité, des histoires, de la musique, des documentaires, des gens qui parlent pendant des heures, comme autant de cercles que l’on peut quitter quand ils vous déplaisent ou vous ennuient, retrouver quand on les aime et qu’on les attend. Il n’y a pas tant de langues qui offrent ce luxe.
Saltimbanques est publié aux éditions Thierry Magnier avec des illustrations d’Emmanuelle Houdart
À propos de l’album
Il arrive le plus souvent que les écrivains proposent un texte aux illustrateurs. Pour Saltimbanques, nous avons procédé à l’envers. Emmanuelle Houdart m’a proposé de travailler avec elle sur son prochain album. Elle avait pour projet de dessiner des personnages de cirque, dans sa manière. Elle m’a envoyé ses portraits, au fur et à mesure qu’elle les réalisait. C’est en les regardant que j’ai inventé leur histoire. En somme, c’est moi qui ai été chargée d’illustrer, par des récits écrits, l’univers dessiné qu’elle avait créé.
Je connaissais son travail, et j’avais eu l’occasion de donner un petit texte dans un album qu’elle avait réalisé pour des lecteurs adultes, et qui s’appelle la Garde Robe. Aussi j’avais une très grande confiance dans ce qui m’arriverait de chez elle.
Fabriquer les histoires de ces personnages m’a donné une satisfaction que j’ai rarement éprouvée en écrivant. Les dessins s’affichaient sur l’écran de mon ordinateur, et c’est comme si le plus dur était fait. Quelqu’un s’était donné la peine de les faire vivre. Ils existaient. Je n’avais plus qu’à les écrire. C’était si facile que j’étais inquiète. À ce degré de facilité, ça ne pouvait qu’être mauvais… Heureusement que nous étions deux, et qu’Emmanuelle est une personne très encourageante. Elle était contente, j’ai continué. Je suis très heureuse du résultat.
Lecture : Bruno Putzulu
Johann Riche à l’accordéon
Bruitages : Sophie Bissantz
Equipe Technique : Remi Fessart, Manon Houssin, Stéphane Poitevin
Assistante à la réalisation : Maya Boquet
Invité(s) :
Marie Desplechin
Thème(s) : Création Radiophonique| Bande Dessinée| Littérature Contemporaine| Radio France



