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Fictions / Le Feuilleton

Fictions / Le Feuilleton | 10-11

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Dramatique Fictions / Le Feuilleton

du lundi au vendredi de 20h30 à 20h55

Cycle Antonio Lobo Antunes- Mon nom est légion 5/5

01.04.2011 - 20:35

Extraits Choisis par David Oelhoffen

 

Réalisation : Etienne Vallès

 

 

Mon nom est légion est le dernier roman d’António Lobo Antunes traduit en français par Dominique Nedellec et publié aux éditions Christian Bourgois.

 

« Un policier en fin de carrière a reçu pour mission de neutraliser une bande d’adolescents se livrant à « des actes antisociaux à caractère violent » et qui a pour base de repli le Quartier du Premier-Mai, amoncellement hétéroclite d’habitations clandestines au nord-ouest de Lisbonne. Les suspects sont « des métis et des Nègres originaires de ce qu’on appelle les ex-colonies, désignation discutable », et donc naturellement « enclins à la cruauté et à la violence gratuites ». Dans un rapport destiné à sa hiérarchie, le policier détaille l’opération qu’il a pour tâche de superviser. Mais la précision toute professionnelle de « l’agent de première classe » cède bientôt la place à des divagations amères, à des épanchements endoloris : vexations infligées par ses supérieurs et collègues, ratés familiaux et sentimentaux, vague à l’âme abyssal, autant de motifs qui viennent sous sa plume aussi facilement que le descriptif minutieux des exactions commises par les « suspects ».

Le policier n’est cependant que le premier d’une longue série de narrateurs, tous concernés à des titres divers par l’enquête. Au fil des dix-neuf chapitres, près d’une vingtaine de narrateurs se succèdent. Autant dire, l’humanité tout entière. Que lit-on ? Des vraies fausses dépositions, des monologues imaginaires, des confessions fantasmatiques ? En réalité, peu importe qui parle, qui écrit, qui entonne ce chant. Peu importe qu’il s’agisse d’une multitude ou d’une seule et même voix (« mon nom est Légion », dit l’homme possédé de l’Évangile), plus ou moins spectrale. S’il aborde des thèmes comme le racisme primaire – et un passé colonial qui décidément ne passe pas –, les inégalités sociales, les déchirures familiales, l’auteur a tôt fait de leur conférer une dimension universelle et ce qui, à première vue, pouvait relever du fait divers gagne une ampleur et une profondeur bibliques.

 

 

Biographie de l’auteur

 

Né en 1942 sous la dictature salazariste, António Lobo Antunes est issu d’une famille de la grande bourgeoisie portugaise. Médecin, il se spécialise en psychiatrie et exerce à l’hôpital Miguel Bombarda de Lisbonne jusqu’en 1985. Lobo Antunes nourrit son écriture du matériel psychique qui a marqué toute une génération de Portugais : les contradictions d’une bourgeoisie à la fois ravie et mise à mal par la Révolution des œillets, les traumatismes de la guerre coloniale et le retour désœuvré des colons en métropole. António Lobo Antunes a reçu le Prix Union Latine en 2003, le Prix Jérusalem en 2005 et le Prix Camoes, le plus prestigieux du monde lusophone, en 2007.

 

Texte dit par Thomas Sagols et Philippe Magnan

 

 

Assistance technique et montage : Sylvain Dangoise

Prise de son et mixage : Rémi Fessart

Assistante à la réalisation : Delphine Lemer     

 

Invité(s) :
Antonio Lobo Antunes

Thème(s) : Création Radiophonique| Légion