Maia Vidal ** ©Radio France
Attention séparation du corps et de l’esprit. Le corps reste là. On ne bouge pas. Choisissez votre position, restez confortable. C’est une invitation au voyage sans déplacement physique. Allons chercher ailleurs. Nous partons dans les lieux inconnus, oubliés ou parcourus. Oubliez la géographie. La qualité du voyage dépend de la qualité de votre rêverie. Ce soir on visite un pays intérieur, on entre dans un espace aberrant, c’est à dire souple, mobile aucune limite du réel. La vérité des lieux n’est plus géographique, c’est la votre. L’image de départ ce soir serait celle-là : Mamadou Cissé. Veilleur de nuit pour des grandes compagnies. Les heures défilent. Il est assis. Sort règles et équerres… et dessine. Des villes imaginaires, futuristes. Vues d’avion, vues du ciel. Le corps reste là. On ne bouge pas. La question vient alors : comment on raconte des espaces ? Quand on n’y a pas été ? Si vous avez bien rêvé ce soir vous allez voir, vous pourrez tout raconter, et de façon plus juste, et de façon plus vraie, que si vous vous étiez déplacé.
Le chemin ce soir part là où nous n’avons pas été, ce n’est pas un déplacement physique, nous partons dans un pays intérieur. Avec un veilleur de nuit, un professeur de géographie et un psychanalyste, tout est permis, on est en direct et ça commence maintenant.
Pour la souplesse des frontières ce soir, voilà ceux qui sont là :
Mamadou Cissé, veilleur de nuit et artiste, pour le dessin de ses villes imaginaires.
Frédéric Ferrer, metteur en scène, ancien professeur de géographie, pour ses "petites conférences théâtrales sur des endroits du monde", A la recherche des canards perdus, au Théâtre de la Bastille du 7 au 11 février 2012.
Pierre Bayard, voyageur casanier qui prône le non-voyage. Professeur de littérature française et psychanalyste, pour Comment parler des lieux où l'on n'a pas été ? (Editions de Minuit, 2011).
La chanson c'est Maia Vidal, l'heureuse vagabonde.
Un prière d'insérer avant de terminer, la voix de Théo Angelopoulos.
Qui dit un poème d'Holderlïn en grec : « Dans l’obscurité ils s’agitent, Dans l’obscurité ils marchent, Les héros avancent dans l’obscurité ». Hommage à lui qui faisait hommage au voyage.
Amélie Bonnin ne dessine pas le studio mais l'esprit des lieux. Elle voit pour vous et vous y êtes à travers nous
l'atelier par Amélie Bonnin ©Radio France
Atelier 2 ©Radio France
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