Bilan du G20 : a-t-on assez parlé du prix des matières premières ? / Que deviennent les salaires en temps de crise ? 3
1er sujet : Bilan du G20 : a-t-on assez parlé du prix des matières premières ?
- Jean-Marie Chevalier : Rapport sur la volatilité des prix du pétrole - Rapport au Ministre des Finances, 2010
http://www.minefe.gouv.fr/services/rap10/100211rapchevalier.pdf
- Bruno Jetin : La taxe Tobin et la solidarité entre les Nations (Descartes&cie, 2002)
2nd sujet : Que deviennent les salaires en temps de crise ?
- BIT (Bureau International du Travail) : Rapport mondial sur les salaires 2010 - 2011 :
- http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/@dgreports/@dcomm/@publ/documents/publication/wcms_146706.pdf
- "L'évolution des salaires en France" par Gilbert Cette, in Futuribles, n° 378, octobre 2011
Invité(s) :
Nicolas Baverez, historien et économiste
Dominique Plihon, professeur d'économie financière à l'Université Paris XIII et président du Conseil scientifique d'Attac France
Xavier Timbeau, directeur du Département Analyse et Prévision OFCE
Olivier Pastré, professeur d'économie à Paris VIII
Marc Jezegabel
Thème(s) : Information| Agriculture| Crise| Finance| G20
Lien(s)
Document(s)
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Dérives du capitalisme financier Albin Michel - Collection Bibliothèque Albin Michel de l'économie, 2004 -
Une brève histoire des crises financières : des tulipes aux subprimes Editeur La Découverte, Paris , 2011 -
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3 commentaires
Deux erreurs de N Baverez:
- Lorsqu'il indique que ces dernières années le PIB a augmenté en moyenne de 1%, il raisonne en volume (après déduction de la hausse des prix). Lorsqu'il évoque ensuite une hausse des salaires de 3 %, il raisonne en valeur (compte tenu de la hausse des prix). Quant aux gains de productivité, ils sont évidemment calculés en volume. Lorsqu'il rapproche donc la croissance du PIB en volume, celle des salaires en valeur et celle de la productivité en volume, il comment donc une erreur qui lui vaudrait une très mauvaise note en macroéconomie 2° année. Les données de l'INSEE montrent d'ailleurs que la croissance du salaire brut moyen en euros constants correspond correspond presque exactement à celle du PIB en euros constants, ce qui explique effectivement la constance du ratio Salaires/PIB.
- S'agissant de l'écart de croissance entre les salaires bruts et les salaires nets, il indique ensuite "C’est l’Etat, avec l’augmentation des charges, qui a récupéré l’essentiel de cette hausse" (des salaires bruts. il commet alors une seconde erreur car les cotisations sociales ne vont pas à l'état mais à la Sécurité sociale qui les redistribue sous forme de prestations aux ménages. Certes l'état fait partie comme la Sécurité sociale (et les collectivités locales)d'un secteur appelé dans les comptes nationaux "Administrations publiques" et les gens ont tendance à confondre l'un et l'autre mais c'est évidemment une erreur qui a comme avantage manifeste de permettre à certains de mouliner la rengaine de l'Etat qui vit au dessus de ses moyens mais qui interdit de comprendre la réalité des problèmes actuels : par exemple la dette publique dont on parle tellement n'est pas la dette de l'Etat mais la dette des Administrations publiques (c.a.d. Etat + collectivités locales + Sécurité sociale) et la dette de l'Etat en France s'explique désormais très largement parce qu'il finance (via la CSG et d'autres transferts) le déficit de la Sécu. Par ailleurs, plus de la moitié des prélèvements obligatoires actuels en France (abusivement confondus avec les impôts, erreur symétrique à la confusion de l'Etat et des Administrations publiques) va désormais au financement de la sécurité sociale. On peut trouver que la sécurité sociale coute trop cher et qu'il faudrait faire des économies à ce niveau mais on ne peut pas dire que les prélèvements qui servent à la financer vont à l'Etat, car la sécurité sociale - qui ne rentre d'ailleurs pas dans le périmètre de la fonction publique - redistribue aux ménages ce qu'elle prélève sous forme de cotisation sociale, der CSG etc. et rend aux Français des services médicaux et autres très concrets et dans d'autres pays marchands, raison pour laquelle l'opinion publique qui est évidemment favorable à la baisse des impôts ne souhaite pas voir réduites les dépenses de la SS.
Quelqu'un pourrait-il se dévouer pour expliquer à M. Baverez (ne serait-ce que les autres "brillants" économistes invités au micro de France Culture !) le concept de "glissement vieillissement-technicité", comme on dit dans la fonction publique, mais qui existe aussi plus ou moins, sous une forme moins rigide, dans le privé : le salaire croît avec l'âge (ancienneté) et la qualification requise par un emploi (promotion) (c'est un peu le b-a-ba du sujet !). Et chaque année les salariés partant en retraite sont remplacés par des salariés ayant un an de moins, eux-mêmes remplacés, etc. ... jusqu'aux salariés ayant un an d'ancienneté eux-mêmes remplacés par de jeunes embauchés. De sorte que si l'on imagine une situation où tout salarié gagnerait 10% de plus qu'un salarié d'un an de moins, et si l'on fait l'hypothèse que toutes les classes d'âge ont le même effectif, alors même dans une économie statique avec une croissance nulle, ni gains de productivité ni même d'inflation, les salaires peuvent (et doivent, sinon cela signifie que les entreprises grugent les salariés) augmenter de 10% chaque année : la masse salariale TOTALE reste alors stable dans cette situation. Les salaires, c'est comme ces escaliers qu'on voir sur des gravures d'Escher, qui montent sans cesse tout en revenant à leur point de départ ! Affirmer que les salaires individuels ne devraient pas croître plus que le PIB ou la productivité est totalement absurde et révèle une totale incompréhension du sujet sur le plan tant logique qu'économique. L'augmentation salariale doit être, pour aller vite, la somme de ce glissement vieillissement-technicité (qui reflète plus ou moins l'évolution de la productivité individuelle), des gains de productivité globaux, et sous certaines conditions très strictes de l'inflation (notamment celle-ci ne doit surtout pas être compensée si elle provient des matières premières), avec comme critère de vérification globale que la masse salariale totale (et non le salaire de chaque individu) ne doit effectivement pas croître plus vite que le PIB (car en pratique le GVT pourrait conduire à ne pas respecter ce critère du fait d'effets de classes d'âge dont l'effectif n'est pas constant). Je trouve un peu embêtant que L'économie en questions installe dans une position d'expert des personnes qui ne connaissent visiblement pas le sujet sur lequel elles s'expriment !
Je vous en supplie, veillez à ne pas vous interrompre les uns les autres de façon aussi intempestive, l'audibilité en souffre ! Un encore un petit peu plus de discipline de la part d'éminents professeurs comme vous, et les auditeurs y gagneront. Même si l'on conçoit que vous soyez des passionnés de votre discipline, et que vous soyez heureux de débattre !
En attendant merci pour l'éclairage que vous nous apportez et l'excellente qualité de cette émission.
JPB