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L'Esprit Public

L'Esprit Public│09-10

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Emission L'Esprit Public

le dimanche de 11h à midi

Guy Verhofstadt

15.08.2010 - 11:00

Vous êtes né en en 1953 à Termonde, en Belgique. La politique est presque une vocation chez vous. Etudiant, vous présidez l'association des étudiants libéraux flamands avant de devenir en 1976 conseiller communal de Gand. De 1977 à 1981, vous devenez le secrétaire de Willy De Clercq, président du Parti libéral flamand (PVV), dont vous devenez à votre tour président. En 1985, vous quittez ce poste pour entrer à la Chambre des Représentants, puis êtes nommé « vice-Premier ministre, ministre du Budget, de la Politique scientifique et du Plan » dans le gouvernement Martens VI. Après la chute de ce dernier, vous êtes élu à la Chambre des représentants de 1988 à 1991. En 1992, vous transformez le PVV en un nouveau parti, le VLD (Parti des Libéraux et démocrates flamands), qui intègre plusieurs éléments de la droite traditionnelle. Après les élections fédérales de 1999, vous devenez Premier ministre, fonction que vous occuperez jusqu’en 2008.
    Vous dirigez trois gouvernements successifs : la « coalition Arc-en-ciel » regroupant libéraux, socialistes et écologistes en 1999, la « coalition violette » regroupant socialistes et libéraux en 2003 puis une troisième coalition entre 2007 et 2008, dans des conditions particulières. Après les élections fédérales de 2007, dans un contexte de crise entre wallons et flamands, vous acceptez d’assurer l’intérim gouvernemental jusqu’en mars 2008, comme vous le demande le roi Albert II, pour permettre à la Belgique de retrouver la stabilité. Vous êtes ensuite élu député européen en juin 2009, et vous présidez l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) au Parlement européen.

    En février, dans une tribune du journal Le Monde intitulée « Il y a quelque chose de pourri en République française », vous fustigiez le débat sur l’identité nationale lancé par Eric Besson en octobre 2009, le qualifiant de « stérile » et de « défouloir au remugle vichyste ». Vous affirmiez « l'essentiel n'est pas d'où l'on vient mais où l'on va ».
    Dans votre ouvrage Sortir de la crise (Actes Sud, 2009) vous écrivez «L'économie est mondialisée. Par contre, le champ politique continue de fonctionner sur la base des Etats-nations nés il y a deux siècles. Cette absence d'équilibre nous éclate désormais en pleine figure ».  Selon vous, l’Europe doit prendre la tête de la refonte du système économique mondial. Vous affirmez « la Chine, l'Inde et d'autres «marchés émergents» n'en sont pas encore capables. Les États-Unis, dans les prochaines années, vont surtout devoir balayer devant leur porte et rectifier nombre d'excès et de déséquilibres ». Dans Les Etats-Unis d’Europe (2006), vous défendiez déjà l’idée d’une « nouvelle Europe » fédérale dotée d’une communauté de citoyens et d’une entité politique propres. Cette union qui dépasserait largement le simple cadre de la zone économique répond selon vous à une vraie demande des citoyens. C’est également, dites-vous « la seule option pour le vieux continent ». Enfin, en mai, vous déclariez dans un entretien au Monde : « je critique la méthode utilisée en ce moment pour la gestion de l'Europe : on opte pour l'intergouvernemental au détriment du communautaire. Cette méthode a créé de l'incertitude, affaibli l'euro et alimenté les sentiments anti-européens ». Quel est selon vous, Guy Verhofstadt, le rôle que joue l’identité nationale ou régionale dans la construction de l’identité politique ? En Belgique aussi bien qu’en Europe, quel autre lien peut rattacher l’individu à la communauté politique ?

Invité(s) :
Max Gallo
Jean-Louis Bourlanges

Thème(s) : Information| Europe| Crise| Institution| crise