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L'Esprit Public

L'Esprit Public│09-10

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Emission L'Esprit Public

le dimanche de 11h à midi

Les conséquences de la crise grecque

09.05.2010 - 11:00

Les bourses mondiales ont connu cette semaine de très importants mouvements de baisse. La première cause en a été les doutes sur l'activation du plan d'aide de l’UE à la Grèce, puis les abaissements des notes attribuées par les agences spécialisées aux dettes souveraines de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. Peu après cette première vague, une rumeur selon laquelle l’Espagne aurait sollicité un prêt de 280 milliards d'euros auprès du Fonds Monétaire International et de l’UE a fait rechuter l’euro et les bourses européennes mardi.
Le Dow Jones a enregistré jeudi sa plus forte baisse depuis sa création en 1884, en perdant 9,06 % par rapport au début de la journée, avant de se reprendre en clôturant à -3,20 %. L’effondrement de l’indice américain serait dû à l’erreur d'un trader de Citigroup, qui aurait confondu millions et milliards en passant un ordre. Les autres grandes places européennes ont terminé en baisse, et la valeur d’échange de l’euro est descendue jusqu’à 1,2748 dollar pour la première fois depuis mars 2009. Les marchés sont restés sensibles au scénario d'une faillite de la Grèce et au risque de contagion au Portugal et à l'Espagne : vendredi, la bourse de Paris a clôturé en baisse de 4,6 %, Londres a terminé à -2,62% et New York à -1,33%.

François Fillon a annoncé mercredi le gel des dépenses publiques jusqu'à 2013, affirmant « il faut nous rapprocher des critères du pacte de stabilité européen. On voit ce qui se passe quand il n'est pas respecté avec la situation de la Grèce ». « On va baisser la dépense publique. C'est-à-dire la dépense de l'Etat, la dépense des collectivités locales et les dépenses sociales » a-t-il ajouté. Le Premier ministre a évoqué une seule piste : la réalisation de 5 milliards d'euros d'économie en 2 ans sur les niches fiscales et sociales. «On est loin d'un plan de rigueur, qui n'existe pas et qui n'existera pas», s’est-il défendu vendredi.
L'objectif de cette politique budgétaire est de permettre à la France de ramener son déficit public à 6 % du PIB dès 2011 et à 3% du PIB d'ici à 2013 (contre 7,5% en 2009 et 8,2% attendus en 2010). Elle s'y est engagée en janvier vis-à-vis de la Commission européenne afin de revenir dans les clous du pacte de stabilité monétaire.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro ont posé vendredi à Bruxelles les bases d’un mécanisme d'assistance financière susceptible d'assurer la stabilité de la zone euro. Ce mécanisme autorisera la Commission européenne à emprunter des fonds sur les marchés financiers grâce à une garantie des Etats membres de l'UE et de la Banque centrale européenne. « Lundi à l'ouverture des marchés, l'Europe sera prête à défendre l'euro » a déclaré Nicolas Sarkozy. Barack Obama a déclaré vendredi après s’être entretenu avec Angela Merkel : «j'ai clairement fait savoir que les Etats-Unis soutenaient les efforts entrepris et que nous allions continuer à coopérer avec les dirigeants européens et le FMI pendant cette période critique».
Un conseil des ministres des finances doit être organisé cet après-midi à Bruxelles afin d’entériner le projet esquissé lors du sommet de vendredi.

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