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Crise de la zone euro, état des lieux - L'actualité politique française

22.01.2012 - 11:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Crise de la zone euro, état des lieux

 

            Vendredi 13 janvier, l’agence de notation américaine Standard and Poor’s  dégradait la note de 9 pays de l’Union Européenne. Etaient abaissées d’un cran les notes de la France, jusque là notée triple A ; de l’Autriche, de la Slovénie, de la Slovaquie et de Malte. Etaient abaissées de deux crans les notes de l’Espagne, de l’Italie, du Portugal et de Chypre. La note de 14 pays, dont la France et l’Espagne, est placée sous « perspective négative », ce qui signifie qu’elles pourraient être dégradées de nouveau dans les deux années à venir. L’« efficacité, la stabilité et la visibilité des politiques et des institutions européennes » sont mises en cause par l’agence, qui met en garde sur le fait « qu'un paquet de réformes ne reposant que sur le seul pilier de l'austérité budgétaire risque de devenir auto-destructeur ». Lundi, c’est la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui était dégradée en conséquence, l’Autriche et la France étant garantes d’un quart de la capacité totale du Fonds (440 milliards d’euros). Le même jour, les marchés européens n’enregistraient pourtant que peu de baisses significatives. Paris clôturait en hausse de 0,89%, tandis que les taux d’obligation émis jeudi étaient en nette baisse : 1,05% pour les titres à 2 ans contre 1,54% lors de la dernière adjudication ; 1,51 contre 2,44 pour les titres à 3 ans, et 1,89 contre 2,82 pour les Bons à 4 ans. Commentant les dégradations, Nicolas Sarkozy déclarait lundi : « Sur le fond des choses, ça ne change rien », tandis que la Chancelière Angela Merkel allait dans le même sens en affirmant : « Je ne vois pas le besoin de changer quelque chose ». Mario Monti notait quant à lui que les dégradations « renforçaient la détermination du gouvernement [italien] à poursuivre la route entreprise d’assainissement du budget, de réformes structurelles et de mesures pour la croissance ».

            Le prochain Conseil européen se tiendra le 30 janvier. Le traité créant le futur dispositif du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) pourrait y être signé, avant d’être ratifié d’ici à juillet. Doté d’un capital libéré de 80 milliards d’euros, le MES serait moins dépendant des Etats actionnaires que le FESF. Le projet de traité visant à renforcer la discipline budgétaire au sein de la zone euro sera également au menu des discussions. Les modalités de ratification du texte, de participation des Etats non membres de la zone euro, et la façon dont la Commission européenne pourra ou non saisir la Cour de justice européenne feront l’objet de débats. Mardi 17 janvier, le social-démocrate allemand Martin Schulz était élu à la tête du Parlement européen. Exigeant de siéger parmi les chefs d’Etat et de gouvernement européen lors des réunions entre les Etats participants au futur accord, il a déclaré : « Les décisions qui nous concernent tous sont prises par les dirigeants à huis clos. Cela rappelle le temps du congrès de Vienne où les intérêts nationaux primaient, et cela en dehors de tout contrôle démocratique ».

            Vendredi 13 janvier, les discussions entre le gouvernement grec et ses créanciers privés ont été interrompues sur le constat d’un désaccord, avant de reprendre mercredi. Mardi prochain, c’est une commission de la Troïka (Union Européenne, BCE, FMI) qui reviendra à Athènes pour examiner les nouvelles mesures à prendre pour permettre le versement du deuxième plan d’aide accordé par l’Union européenne en octobre dernier, d’un montant de 130 milliards d’euros. La Grèce entre dans sa cinquième année consécutive de récession, le taux de chômage y atteint 17,7%.

 

L’actualité politique française

 

            Mercredi, les partenaires sociaux se retrouvaient à l’Elysée pour un sommet, d’abord baptisé « social », puis « pour l’emploi », et enfin « de crise ». Les syndicats se sont très vite rejoints pour s’inquiéter d’un certain « flou » quant au financement des mesures conjoncturelles. Dans un contexte de hausse du chômage (4,9% en 2011), la nécessité de faciliter le recours au temps partiel et de repenser radicalement la formation ont fait  l’unanimité, moins la voix de la CGT : 100 millions seront alloués à la simplification du dispositif actuel ; 40 millions en faveur de programmes concomitants destinés à « former les salariés pendant leur temps libre forcé ». 150 millions d’euros seront débloqués pour que « ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans se [voient] proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation ». M. Sarkozy a promis l'embauche de 1 000 personnes en CDD à Pôle Emploi, organisme qui compte à ce jour 42 000 employés. Cet effort devrait être exclusivement financé par  un « redéploiement » de crédits déjà existants. Enfin 100 millions d'euros supplémentaires seront débloqués pour ressusciter le dispositif « zéro charge » pour les jeunes de moins de 26 ans embauchés dans les entreprises de moins de 10 salariés.

            L’annonce de prochaines mesures « extrêmement puissantes pour doper l'offre de logement » a complété celles concernant l’emploi. Les arbitrages sur ces questions ainsi que sur les réformes structurelles – TVA estampillée « sociale », taxe Tobin et compétitivité nationale – seront vraisemblablement précisés fin janvier, lors d’une allocution présidentielle.

            Mardi, le candidat socialiste se trouvait, symboliquement, à l’aciérie Arcelor Mittal de Gandrange, sauvée en paroles par le président Sarkozy le 4 février 2008, aujourd’hui fermée. François Hollande devance toujours le président sortant dans les intentions de votes au 1er tour : il perd 3 points, à 29 % ; Nicolas Sarkozy, lui, recule de 2,5 points à 23 %. La candidate du Front National, créditée de 18% d’intentions de vote, tient ce dimanche même à Bordeaux, un meeting sur le thème du « protectionnisme social ». François Bayrou, qui se présente comme l’autre candidat « antisystème » s’affiche désormais à 14 %,  soit le double qu’avant sa déclaration de candidature de début décembre. Jean-Luc Mélenchon - à 7% selon les sondages -  tenait mercredi à Metz un meeting sous l’égide du fondateur de Die Linke allemand, Oskar Lafontaine. Il y a répété ses propositions : SMIC à 1700 euros, instauration d'un salaire maximal mais aussi interdiction des licenciements boursiers.

 

Invités :

 

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, Directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques

 

Brèves :

 

- Philippe Mesnard, Primo Levi (Fayard, 2011)

- Ivan Jablonka, Histoire des grands-parents que je n’ai pas eu (Seuil, 2012)

- Mona Ozouf, La cause des livres (Gallimard, 2011)

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