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L'Esprit Public

L'Esprit Public│09-10

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Emission L'Esprit Public

le dimanche de 11h à midi

Kofi Yamgnane

08.08.2010 - 11:00

«Si je porte le prénom de Kofi, c’est parce que je suis un garçon né le vendredi et que l’on n’attendait pas… Autant dire que bien que fils de vendredi, je suis né sans Robinson pour me tenir en laisse, dans la brousse au fin fond du Togo ». C’est ainsi que vous vous présentez, Kofi Yamgnane. De vous, vous dites également : « Je crois seulement en une puissance universelle qui est présente dans le cosmos et qui maintient sa cohésion: en cela, je suis profondément l’Africain que je n’ai jamais cessé d’être... Je crois donc au destin. » Avant de nous intéresser au vôtre, permettez-moi de résumer votre parcours.

 

         Vous êtes né en 1945 à Bandjeni, au Togo. Après des études à Brest, vous devenez ingénieur à la direction départementale de l'équipement de Quimper en 1973, et obtenez la nationalité française en 1975. Vous adhérez au Parti Socialiste et devenez conseiller municipal à Saint-Coulitz (Finistère) en 1983, avant d’en être élu maire en 1989. Vous devenez à cette occasion le premier noir de France à occuper cette fonction. Deux ans plus tard, vous êtes nommé secrétaire d'État aux affaires sociales et à l'intégration dans le gouvernement d’Édith Cresson, puis en 1992 dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Vous avez également été conseiller général, conseiller régional et député dans le Finistère, et vous avez fait partie du Conseil national du Parti Socialiste. Il est de mon devoir d’ajouter que vous avez reçu le Prix de l'humour politique en 1992 pour vous être qualifié de « breton d'après la marée noire ».

 

         Après des missions de conciliation au Togo, vous avez été déclaré « persona non grata » sur le territoire togolais jusqu’en 2008. En 2005, après le décès du président Gnassingbé Eyadema et à la prise du pouvoir par son fils Faure Gnassingbé, vous avez soutenu le candidat unique de l'opposition, Emmanuel Bob Akitani, et vous avez vivement mis en cause la validité du scrutin marqué par la mort de 500 personnes. Dans un communiqué de presse, vous affirmiez «le coup d’Etat perpétré le 5 février 2005 au Togo à la suite de la mort du président Gnassingbé Eyadéma a trouvé son habillage légal dans la mascarade électorale».

         En 2009, vous vous déclarez candidat à l’élection présidentielle du 4 mars 2010, mais la Cour constitutionnelle du Togo invalide votre candidature un mois avant le scrutin, au motif que votre date de naissance diffère de celle indiquée sur votre passeport togolais. Vous vous rangez par la suite derrière le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) de Jean-Pierre Fabre, dont vous devenez le porte-parole. C’est le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), du président sortant Faure Gnassingbé qui remporte cette élection à un tour. Au mois de mars, vous déclariez dans Le Parisien : «ces élections ont quand même coûté la bagatelle de 17 millions d’euros : les Etats-Unis ont donné 1 million et l’Union européenne 16 millions pour que cela se déroule dans de bonnes conditions, et cela n’a pas été le cas. Les citoyens européens sont en droit de dire que c’est amoral de donner autant d’argent pour qu’il soit détourné par le régime de Faure Gnassingbé. Il est temps que cela s’arrête ». Pouvez-vous nous éclairer sur les dessous de cette élection ?

Invité(s) :
Max Gallo
Jean-Louis Bourlanges

Thème(s) : Information| Election