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En mai 2010, l’Union Européenne, la Banque Centrale européenne et le Fonds Monétaire International ont accordé à la Grèce un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans. La Grèce ne remplit pas les objectifs de redressement économique sur les cinq premiers mois de l’année, ce qui fait redouter aux observateurs une banqueroute et un risque de contagion au reste de la zone euro. Les bailleurs de fonds à la Grèce ont donc imposé un plan supplémentaire de réduction des déficits.
Le Premier ministre Georges Papandréou doit faire voter ce nouveau plan d’austérité avant la fin du mois de juin. Ce deuxième plan en un an doit permettre d’économiser 28 milliards d’euros d’ici 2015 et de dégager 50 milliards d’euros de recettes de privatisations, dont 6 milliards dès 2011. Une « taxe de solidarité » exceptionnelle pour les salariés du privé, du public et pour les professions libérales est notamment prévue. Ces mesures ont été approuvées mercredi par le Conseil des ministres à l’issue de négociations entre le nouveau ministre des finances Evangelos Vénizélos et une délégation de l’UE et du FMI. Elles seront soumises mercredi prochain au Parlement en séance plénière avant le vote en urgence de leur loi d’application jeudi. « La priorité c’est que la Grèce s’aide elle-même, afin que les autres Européens puissent lui venir en aide », a commenté le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, qui a également appelé à un « consensus transpartisan ». L’opposition de droite refuse de soutenir le plan d’austérité du gouvernement socialiste.
De leur côté, les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro ont subordonné le versement de la nouvelle tranche de 12 milliards d’euros à l’adoption du plan par le Parlement grec. Ils doivent se prononcer le 3 juillet lors d’une réunion extraordinaire de l’Eurogroupe. Les membres de l’Union Européenne peinent à s’entendre pour mettre en place un deuxième plan qui pourrait s’élever à plus de 100 milliards d’euros. Les divergences portent notamment sur la contribution des banques privées créancières de la Grèce à un nouveau plan d’aide. L’Allemagne et la France insistent sur l’importance de cette contribution, mais la BCE et ses principaux partenaires bancaires redoutent qu’une telle mesure n’affole les marchés financiers et n’aggrave la crise. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a proposé mardi un plan d’urgence complémentaire pour relancer la croissance en Grèce. Ce plan propose également de lutter contre le chômage, en débloquant jusqu’à 1 milliard d’euros sur budget de l’UE.
Le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Timothy Geithner, a critiqué la gestion européenne de la crise : « une règle simple dans la gestion des crises est qu’il vaut mieux avoir une stratégie déclarée, simple, claire, unique. Cela aiderait ». Le président de la Banque centrale américaine Ben Bernanke estime de son côté que « s'il y a une incapacité à résoudre cette situation, cela constituerait une menace pour les systèmes financiers européens, le système financier mondial et pour l’unité politique de l’Europe ». La dette publique grecque atteindra 158 % du PIB à la fin de 2011. Sans le versement de la nouvelle tranche, la Grèce se retrouvera en défaut de paiement courant juillet.
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