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le dimanche de 11h à midi

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La réforme des retraites - La situation de Nicolas Sarkozy

12.09.2010 - 11:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

La réforme des retraites

 

         Le projet de loi portant sur la réforme des retraites est débattu depuis mardi à l’Assemblée Nationale. Il prévoit une série de mesures visant à assurer l'équilibre du système de retraites en 2018. Dès juillet 2011, l’âge minimum légal sera relevé de 4 mois tous les ans, pour atteindre 62 ans en 2018.  La durée de cotisation continuera d'augmenter, comme le prévoyait la réforme de 2003, et elle devrait atteindre 41,5 ans en 2020. L'âge minimum pour bénéficier d’une retraite à taux plein, passera de 65 à 67 ans, quelle que soit la durée de cotisation.

         Mardi, un important mouvement de grève a été suivi par tous les secteurs de la fonction publique (les hôpitaux, les écoles, La Poste et le Pôle Emploi notamment). Des manifestations ont eu lieu dans tout le pays, réunissant entre 1,12 million selon la police et 2,73 millions de personnes selon la CGT. D’après un sondage selon un sondage BVA pour Canal+ paru jeudi, 8 français sur 10 jugent que la journée d'action du 7 septembre est un succès pour les syndicats et l'opposition et 62 % espèrent une poursuite de la contestation.

         Mercredi, Nicolas Sarkozy a annoncé en Conseil des ministres des aménagements à la réforme des retraites dans trois domaines : les carrières longues, le cas des polypensionnés et la prise en compte de la pénibilité, qui assure le maintien de la retraite à 60 ans à toute personne ayant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 20 %. Le chef de l’Etat a annoncé sa volonté d’étendre le régime de pénibilité aux agriculteurs et de l’ouvrir au cas par cas à toute personne présentant un taux d'incapacité de 10 %. Il a néanmoins affirmé : «c’est une réforme essentielle. Nous devons assurer aux Français que leurs retraites et celles de leurs enfants seront payées ».

         La Cour des comptes a prôné mercredi des mesures additionnelles immédiates pour redresser les comptes des retraites, sans attendre 2018. Didier Migaud, le président de la Cour, a néanmoins rappelé que cette décision n’avait « pas à interférer dans un débat politique ».

         Les syndicats ont appelé à une  nouvelle journée de grève le 23 septembre et à une mobilisation le 15 septembre, jour où le projet de loi doit être voté à l’Assemblée nationale.

 

La situation de Nicolas Sarkozy

Des manifestations ont eu lieu samedi dernier dans toute la France pour protester contre la politique sécuritaire menée par le gouvernement. Un appel à manifester contre « la xénophobie et la politique du pilori » et « les stratégies de stigmatisation et de discrimination » avait été lancé dans la semaine par 130 associations, syndicats et partis politiques dont le PS, les Verts, le PC, le Nouveau Parti Anticapitaliste et le Parti de Gauche. Le mouvement de protestation a réuni 77 000 personnes selon la police et 100 000 personnes selon les organisateurs.

         Le 30 juillet, Nicolas Sarkozy avait affirmé dans un discours prononcé à Grenoble « nous subissons les conséquences de cinquante années d'immigration insuffisamment régulée », et avait annoncé sa volonté d’« accélérer les démantèlements de camps sauvages de Roms». L’ONU a dénoncé des « discriminations raciales massives », et le Parlement européen a adopté jeudi une résolution sans caractère obligatoire demandant à la France et aux autres Etats de l'Union Européenne de « suspendre immédiatement » les expulsions de Roms. Eric Besson a répondu « Le Parlement européen est sorti de ses prérogatives et nous n'avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique » a-t-il affirmé.

         A Grenoble, le chef de l’Etat avait également proposé que « la nationalité puisse être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'une personne dépositaire de l'autorité publique ». Brice Hortefeux a déposé un amendement à ce sujet dans le projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration, qu’Eric Besson présentera à l’Assemblée Nationale à partir du 27 septembre. Mardi, Nicolas Sarkozy a assuré que la déchéance de la nationalité ne sera pas étendue aux polygames comme le souhaitait le ministre de l’intérieur.

         Enfin, la commission des lois du Sénat a rejeté mercredi des amendements du gouvernement au projet de loi sur la sécurité intérieure, dite Loppsi 2, sur les peines planchers, les mineurs et l'aggravation des peines pour meurtre de policiers. La loi, qui avait été adoptée en février en première lecture par l'Assemblée nationale, fixe les grandes orientations des forces de l'ordre pour une durée de 5 ans.

         Nicolas Sarkozy est également fragilisé par les suites de l’affaire Bettencourt,. Eric Woerth, ministre du Travail a multiplié les déclarations contradictoires, notamment sur son rôle dans l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. « La position d'Eric Woerth n'est plus tenable au plan moral et elle est intenable au plan politique», a déclaré François Hollande la semaine dernière. La vielle, François Fillon affirmait dans un communiqué « je tiens à redire toute ma confiance en Eric Woerth qui fait face à une campagne de dénigrement inacceptable. Eric Woerth mènera à son terme au Parlement cette réforme des retraites qu'il a entreprise »

         Nicolas Sarkozy a prévu un remaniement gouvernemental en novembre, après la fin de l'examen de la réforme des retraites par le Parlement.

 

Invité(s) :
Jean-Louis Bourlanges, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris
Max Gallo, romancier et historien
Philippe Labarde
Eric Le Boucher, rédacteur en chef d'Enjeux-Les Echos et éditorialiste à Slate.fr

Thème(s) : Information| Economie