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L'Esprit Public

L'Esprit Public│09-10

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Emission L'Esprit Public

le dimanche de 11h à midi

Le fiasco bleu-La situation politique en Belgique

27.06.2010 - 11:00

 

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        Après avoir annoncé la tenue au mois d’octobre prochain d’Etats généraux du football, Nicolas Sarkozy a reçu jeudi Thierry Henry à l’Elysée. On ignore la teneur de l’entretien entre le président de la République et l’ancien capitaine de l’équipe de France mais cette rencontre est l’un des signes de ce que l’élimination des Bleus de la Coupe du Monde en Afrique du Sud déborde le monde du football et de ses aficionados.

 

       Le bilan sportif de l’équipe de France est sans appel : elle termine à la dernière place de sa poule avec un match nul, deux défaites et un seul but marqué. Depuis l’échec de l’Euro 2008, les hommes de Raymond Domenech n’avaient rien montré qui aurait pu laisser espérer un parcours glorieux dans cette compétition pour laquelle, faut-il le rappeler, ils ne s’étaient qualifiés qu’en match de barrage contre les Irlandais, et grâce à un but entaché d’une faute de main. Si le retentissement pris par cette élimination est plus important qu’en 2002 ou en 2008, c’est qu’elle a été ponctuée d’épisodes, de déclarations et de rumeurs abracadabrantesques. Samedi dernier, le quotidien sportif l’Equipe a publié en Une de violentes insultes que Nicolas Anelka aurait proférées à l’encontre de Raymond Domenech à la mi-temps de France-Mexique. Le soir même, l’avant-centre a été exclu de la sélection nationale par décision de la Fédération Française. Patrice Evra, capitaine de l’équipe, après avoir contesté les propos rapportés, a déclaré vouloir retrouver celui qui les avait signalés à la presse, en déclarant qu’il fallait « éliminer le traître ». L’après-midi du lendemain, pour marquer leur désaccord avec la sanction prise à l’encontre de leur coéquipier, les joueurs ont refusé de s’entraîner et ont informé de leurs motifs par un communiqué lu par le sélectionneur Raymond Domenech.

 

            Pour  de nombreux observateurs ces épisodes témoignent, de l’état de déliquescence de l’équipe de France et des instances dirigeantes du football français. Mercredi, la ministre de la santé et des sports Roselyne Bachelot avait déclaré à l’Assemblée nationale : «Jamais le gouvernement n'aurait dû avoir à s'occuper de football, c'est la responsabilité de la FFF. Je ne peux que constater le désastre d'une équipe de France où des caïds immatures commandent des gamins apeurés, avec un coach désemparé et sans autorité, et une fédération aux abois         Pour d’autres analystes, ils sont un symptôme d’un éclatement de la société française en clans rivaux.

 

     Après avoir rappelé l’engouement qu’avaient suscitées les générations Platini puis Zidane, Alain Finkielkraut a déclaré en début de semaine sur France Inter : « on a plutôt envie de vomir avec la génération caillera, il est temps de ne plus sélectionner des voyous arrogants et inintelligents et de sélectionner des gentlemen. Il faut prendre acte des divisions ethniques et religieuses qui minent cette équipe. L’équipe de France est une bande de voyous qui ne connaît comme morale que celle de la mafia. » Le député socialiste et ancien responsable de SOS Racismes Julien Dray estime pour sa part « qu’on est en train de communautariser les choses ». On assiste – ajoute-t-il – « à une offensive en règle, à un règlement de comptes contre la France métissée de l’équipe de 1998, contre les banlieues. »

 

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Jeudi 17 juin, au terme de quatre jours de consultations, le Roi Albert II a confié le rôle d’informateur à Bart de Wever le grand vainqueur des élections législatives du 13 juin. Le Président de la Nouvelle Alliance Flamande a accepté cette nomination et tente à présent, avec l’autre gagnant de ces élections, le socialiste wallon Elio di Rupo, de former une grande coalition parlementaire.

 

         Le scrutin du 13 juin a instauré de nouveaux rapports de forces en Belgique et souligné l’écart grandissant entre le nord et le sud du pays. En Flandres, pour la première fois, un parti indépendantiste est arrivé en tête des suffrages. La Nouvelle Alliance Flamande (le N-VA) de Bart de Wever a recueilli plus de 28 % des voix, laissant loin derrière elle les Chrétiens démocrates du Premier ministre démissionnaire Yves Leterme, la branche flamande du Parti Socialiste, et les libéraux. Si l’on ajoute aux voix du N-VA celles obtenues par le parti d’extrême droite Vlaams Belang et par la Liste Dedecker, on constate que 44 % des Flamands ont accordé leur suffrage à des formations prônant la disparition de la Belgique. Bart de Wever qui a développé au cours de sa campagne l’idée d’une évaporation de l’état fédéral estime que cette disparition n’est « pas une fin en soi mais une conséquence à long terme des évolutions à venir ». Les vingt-sept sièges obtenus à la Chambre font du N-VA la première force politique flamande, mais pas la première force nationale. Avec vingt-six sièges du côté francophone et treize du côté néerlandophone, c’est le Parti Socialiste qui pèsera le plus lourd dans la nouvelle assemblée.

 

         Si messieurs de Wever et di Rupo réussissent à rassembler une grande coalition parlementaire et à garantir une majorité des deux tiers à un gouvernement, celui-ci devrait s’atteler à une importante réforme de l’Etat, la septième en vingt ans. De part et d’autre on a multiplié cette semaine les déclarations de bonne volonté mais les points de désaccord restent nombreux. Les Francophones semblent disposés à des transferts de compétence en matière de justice, de fiscalité, de politique migratoire, mais refusent la régionalisation la Sécurité sociale et la mise en place d’une cogestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie que Bart de Wever appelle de ses vœux. Il a annoncé mercredi avoir « l’ambition » de former le nouveau gouvernement pour la rentrée parlementaire en octobre, soit trois mois après le début de la présidence belge de l’Union Européenne.

 

         A une échelle plus large, ces élections et le succès du nationalisme flamand sont une nouvelle illustration d’un phénomène européen de montée des populismes, qui se traduit par exemple par la poussée de la Ligue du Nord en Italie ou par celle du PVV de Geert Wilders aux Pays Bas, sans oublier, avec le succès de la droite en Hongrie, l’entrée pour la première fois au parlement d’un parti d’extrême droite, le Jobbik, qui compte 47 élus sur 386.

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Invité(s) :
Max Gallo
Jean-Louis Bourlanges
Michaela Wiegel, correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
Denis Olivennes

Thème(s) : Information| Société