Le projet de François Hollande - La situation politique aux Etats-Unis
A venir, dimanche 5 février 2012 :
L’Esprit public en direct et en public du Théâtre du Vieux-Colombier.
Entrée libre – accès au 21 rue du Vieux-Colombier, 75006, à partir de 10h30.
Réservation souhaitée à comfranceculture@radiofrance.com
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Le projet de François Hollande :
Après son meeting au Bourget, tenu dimanche devant 20. 000 sympathisants, le candidat socialiste a présenté, jeudi, à la Maison des métallos à Paris, ses « 60 engagements pour la France » . Face à « l'ampleur de la crise, et à la difficulté pour l'Europe d’en sortir », François Hollande répond « Si nous voulons réussir, nous devons faire de la justice le seul critère ». L’effort de redressement budgétaire dégagerait 29 milliards d'euros de recettes supplémentaires annuelles en rédimant les niches fiscales. Ce chiffre est mis en regard, dans le programme, des 50 milliards d’euros de cadeaux fiscaux imputés à la droite. De ces 29 milliards, 11,8 seraient prélevés sur les ménages les plus favorisés, 17,3 sur les entreprises. Les finances publiques devraient retrouver l’équilibre en 2017, dernière année du quinquennat, et le processus de désendettement être engagé, avec 80,2% du PIB contre 88,7%. Ce chiffrage repose sur des prévisions de croissance pour 2012 inférieures à celles du gouvernement (0,5% contre 1%) mais optimistes par la suite : 2 à 2,5% de pour la période 2015-2017. La production, l’emploi et la croissance, plutôt que la rigueur, figurent en tête des thèmes abordés : soutien aux PME, création de 500 000 « contrats de génération, instauration d’une banque publique d’investissement, implication des régions dans le cadre d’un « nouvel acte de la décentralisation », impôt progressif sur les sociétés, négociations avec les grandes entreprises françaises sur la « relocalisation », création de 150 000 emplois d'avenir pour les jeunes. Les prémices d’un protectionnisme européen sont dessinées.
Pour ce qui est de la finance, le « véritable adversaire » du Bourget, l’épargne et l’investissement seront séparés des activités de spéculation. Le capital serait imposé au même taux que le travail, et une taxe sur toutes les transactions financières verrait le jour. Les placements dans des paradis fiscaux, la détention de produits dérivés toxiques seraient interdites, tandis que bonus et stock-options se verraient strictement encadrés. L’idée d’une agence publique et européenne de notation est reprise. En matière fiscale, le candidat s’engage à ne pas augmenter les taux de prélèvements obligatoire au-delà de 47%. Une nouvelle tranche d'imposition à 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par an est proposée, contre les 41% en vigueur aujourd’hui. « La fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR) » est également présentée. Institutionnellement, le non-cumul des mandats, la révision de 30% à la baisse des indemnités des membres de l’exécutif, et la rédemption du principe des nominations présidentielles ont valeur de symboles. Le candidat voudrait que soient renforcés les pouvoirs du Parlement et introduire une dose de proportionnelle dans son mode d’élection. Le coût de toutes les mesures annoncées est évalué à 20 milliards d’euros sur l’ensemble du quinquennat qui seraient entièrement compensées par des économies. Le soir de la présentation de ce projet, François Hollande a débattu de ces mesures avec le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, dans une émission de télévision diffusée sur France 2.
La situation politique aux Etats-Unis :
Mardi dernier, Barack Obama prononçait devant le Congrès le traditionnel discours annuel sur l’état de l’Union. Après avoir rappelé qu’il avait tenu sa promesse de retirer les troupes américaines d’Irak et présidé au raid ayant éliminé Oussama Ben Laden, le Président a détaillé la feuille de route de sa fin de mandat. A ceux qui acceptent « un pays où un nombre de plus en plus faible de gens s’en sortent bien », il a opposé la restauration « d’une économie où tout le monde a une chance ». En matière fiscale, il a affirmé que la réforme devrait « suivre la règle Buffet », en référence au milliardaire américain qui s’était publiquement indigné de payer moins d’impôts que sa secrétaire. « Si vous gagnez plus d’un million de dollars par an, vous ne devriez pas payer moins de 30% d’impôts. […] A l’inverse, si vous gagnez moins de 250.000 dollars par an, comme 98% des familles américaines, vos impôts ne devraient pas augmenter ». Barack Obama propose de surtaxer les entreprises qui délocalisent leurs emplois. Les recettes de cette taxe serviraient à réduire les impôts des sociétés qui embauchent aux Etats-Unis, où le taux de chômage atteint son plus bas niveau depuis trois ans, à 8,5%. En matière d’énergie, le président a répondu aux attaques des Républicains qui l’accusent d’enterrer le projet d’oléoduc Keystone qui relierait le Canada au Texas. « La production américaine de pétrole est plus élevée aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été », a-t-il rappelé, avant d’ajouter qu’il allait « demander à [s]on administration d’autoriser le développement des énergies vertes pour fournir de l’électricité à trois millions de foyers ». Enfin, sur la menace nucléaire iranienne, le Président a recueilli les applaudissements des deux ailes du Congrès en affirmant : « Les Etats-Unis sont déterminés à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et gardent toutes les options sur la table pour atteindre cet objectif. ».
Invités :
Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung
Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris
Max GALLO, romancier et historien
Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives Economiques
Brèves :
- Plantu, Drôle de peuple ! Komisches Volk ! Dessins sur l’Allemagne (Schaltzeitverlag, 2012). Exposition des dessins à la Maison Heinrich Heine - Cité internationale universitaire de Paris, jusqu’au 29 février 2012.
- Régis Debray, Jeunesse du sacré (Gallimard, 2012)
- « Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage / Que nous puissions donner de notre dignité / Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge / Et vient mourir au bord de votre éternité ! » Charles Baudelaire, Les Phares (in Les Fleurs du mal)
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