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L'Esprit Public

L'Esprit Public | 12-13

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Emission L'Esprit Public

le dimanche de 11h à midi

Ecoutez l'émission 59 minutes

Thématique : L'éducation, avec Philippe Meirieu

12.05.2013 - 11:00 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

          Le projet de loi d’orientation et de programmation « sur la refondation de l’école » présenté par le Ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon a été adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale le 19 mars. La loi prévoit une réforme de la formation des enseignants, avec la création, dès la rentrée 2013, des Ecoles Supérieurs du Professorat et de l’Education (E.S.P.E), qui prendront le relai des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M) mis en place en 1989 par la loi Jospin et supprimés en 2010 par la précédente majorité. Le candidat Hollande, qui a fait de la jeunesse sa priorité, s’était engagé à créer 60.000 postes d’enseignant sur cinq ans. La loi d’orientation et de programmation réserve deux tiers de ces postes au premier degré, dont elle fait la priorité pour « assurer l’apprentissage des fondamentaux et réduire les inégalités ». Le dispositif « plus de maîtres que de classes » prévoit la création de 7.000 postes dans les écoles primaires des zones difficiles. L’accueil des enfants de moins de trois ans sera en outre développé. Plusieurs mesures visant à « faire évoluer le contenu des enseignements » sont prévues, dont la mise en place d’une éducation au  numérique, la création d’un Conseil supérieur des programmes, l’introduction d’un enseignement moral et civique, l’enseignement d’une langue vivante étrangère dès le cours préparatoire. Le principe du collège unique est réaffirmé, à travers notamment l’abrogation de la loi Cherpion de 2011 qui autorisait l’apprentissage pour les jeunes à partir de 14 ans. Enfin, « une association plus étroite des collectivités territoriales à la gestion des établissements », de même que la « mise en place de projets éducatifs territoriaux » est envisagée. Le projet de loi ne modifie ni le statut des enseignants ni celui des établissements scolaires.

          La loi prévoit un « fonds d’amorçage » spécifique de 250 millions d’euros d’aide aux communes pour la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Afin d’alléger la journée de classe, le décret relatif à l’organisation du temps scolaire, publié au Journal Officiel le 26 janvier, prévoit pour l’école primaire le retour à la semaine de 4 jours et demi (supprimée en 2008), avec 5h30 de cours par jour (contre 6 actuellement), et 3 heures d’activités pédagogiques complémentaires par semaine. Parmi les 51 plus grandes villes de France, 17 ont choisi d’adopter la réforme dès la rentrée 2013, les autres - dont Marseille, Lyon et Lille - préférant reporter son application à 2014. Le 12 février, plus d’un professeur des écoles sur trois a fait grève pour protester contre cette réforme, à l’appel notamment du SNUipp-FSU, principal syndicat des enseignants du primaire.

          Philippe Meirieu, vous avez été instituteur, professeur de Français en collège et de philosophie en terminale. Vous avez participé à la création des I.U.F.M. et à celle du Conseil national des programmes après le vote de la loi d’orientation impulsée par Lionel Jospin en 1989, et avez présidé, à la demande de Claude Allègre, le Comité d’organisation de la consultation « Quels savoirs enseigner dans les lycées ? » en 1997-1998. Vous avez dirigé l’I.U.F.M de Lyon jusqu’en 2006, et êtes aujourd’hui professeur en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon II, vice-président de la région Rhône-Alpes, délégué à la formation tout au long de la vie, et président du Conseil fédéral d’Europe-Ecologie-Les-Verts. Vous avez publié de nombreux ouvrages consacrés à l’éducation, parmi lesquels Frankenstein pédagogue (ESF Editeur, 1991) et l’an dernier Philippe Meirieu, un pédagogue dans la cité. Conversation avec Luc Cédelle (Desclée de Brouwer).

          En 2010, vous confiiez à un journaliste de la Croix : « Pour moi, l’éducation nationale est un peu comme une montgolfière qui se dégonfle et s’effondre : je ne vois pas d’explosion sociale à l’école mais plutôt l’avachissement de l’institution ». Philippe Meirieu, pour ouvrir notre discussion, j’aimerais vous interroger sur votre sentiment général aujourd’hui sur ladite montgolfière, au lendemain de l’adoption du projet de loi sur la « refondation de l’école ».

 

Invités :

Philippe MEIRIEU, spécialiste de la pédagogie

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Thierry PECH, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques

Thème(s) : Information| Ecole| Education| Philippe Meirieu