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La Chronique de Brice Couturier

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Le Chronique de Brice Couturier

du lundi au vendredi de 8h16 à 8h19

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Dangereuse partie de poker au Moyen Orient 2

21.02.2012 - 08:16 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Il y a des jours où on se réjouit de n’être pas dans les chaussures du président Obama, ou de sa Secrétaire d’Etat Hilary Clinton. Si la situation économique des Etats-Unis est, en effet, un moins déprimante que l’an dernier, les défis auxquels fait face leur diplomatie au Moyen Orient sont en effet redoutables. En pleine année électorale

Que peuvent faire les Américains pour aider la rébellion syrienne ? La dictature héréditaire de Bachar Al Assad bombarde les villes mutinées à l’artillerie lourde : Zabadani, 100 000 habitants, a capitulé, mais Homs la Rebelle résiste. Et surtout le régime syrien est de plus en plus isolé sur la scène diplomatique. Si les alliés russes et chinois du dictateur sont parvenus à bloquer les initiatives occidentales au Conseil de Sécurité, l’Assemblée Générale, elle, l’a condamné sans appel. La Ligue Arabe, exaspérée par l'échec de sa mission sur place, a exigé de ses membres qu’ils rompent leurs relations avec Damas et elle en appelle à la constitution d’une force de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies, pour protéger le peuple syrien.

Or, les Etats-Unis, échaudés par les précédents irakien et libyen, sont désormais très réticents face aux aventures militaires au Moyen Orient. La Syrie est un acteur-clé de la région. Pas question de prendre le risque d’un éclatement du pays selon des clivages religieux ou régionaux, comme en Irak. Pas question, non plus, de créer un vide du pouvoir à Damas, comme celui mis à profit par des milices où recrutent les réseaux terroristes islamistes, comme en Libye. La seule option militaire ouverte, pour Washington, serait la fourniture d’armes légères et antichars à l’Armée Syrienne Libre, engagée dans une guérilla contre le régime. Le sénateur John McCain, le vaincu de la présidentielle, presse l’administration Obama d’en fournir via l’Irak. Ce serait compter sans l’Iran, allié de Damas, qui y a dépêché le commandant des forces spéciales des Gardiens de la Révolution, un spécialiste de la lutte anti-insurrectionnelle.

 

Car la principale cause d’insomnie, pour Obama et Hilary Clinton, c’est bien Téhéran. Le programme nucléaire iranien a été retardé par un virus informatique, le Stuxnet, qui aurait rendu inopérante 10 000 centrifugeuses. Des attentats, probablement israéliens, ont visé un certain nombre d’ingénieurs et de responsables militaires impliqués dans le programme d’enrichissement de l’uranium. Mais le Guide Suprême, l’ayatollah Ali Khameiny s’est exhibé à la télévision iranienne devant les nouvelles installations nucléaires et a promis une nouvelle fois d’éradiquer « le cancer israélien ». Or, on dit à Jérusalem qu’Israël ne peut pas courir « un risque de 10 % d’être détruit à 100 % »…

Selon le Secrétaire américain à la Défense, Israël aurait fixé à l’Iran une date limite pour mettre fin à son programme militaire nucléaire : entre avril et juin de cette année. A partir de cette date, l’éventualité d’une frappe israélienne deviendra très élevée. Obama, qui mise sur les sanctions économiques prises pour isoler Téhéran, tente de retenir Netanyahou. Mais la crédibilité diplomatique des Etats-Unis est en jeu : si Washington lâchait Jérusalem, les monarchies du Golfe en tireraient la conclusion que l’alliance américaine est peu fiable et feraient tous leurs efforts pour acquérir, elles aussi, l’arme nucléaire.


En attendant, la Cinquième flotte surveille le détroit d’Ormuz par lequel transite 30 % des approvisionnements de pétrole du monde, et que l’Iran avait bien imprudemment menacé de bloquer. Si Obama hésite à faire usage du « gros bâton », en tous cas, il l’a déjà brandi. Tout le monde joue au poker. Le moment d’abattre son jeu approche. Mais qui a les meilleures cartes ?

Thème(s) : Idées| Proche Orient| Etats-Unis| Iran| Israël| Syrie

2 commentaires

Portrait de Anonyme Vidal21.02.2012

Quelle est la différence entre un journaliste et un chercheur ? le journaliste sait presque rien sur presque tout, et le chercheur sait presque tout sur presque rien. Vous en êtes l'illustration, tant votre prestation ce matin devant les invités au sujet de la Syrie était poignante de superficialité ; à l'image de votre chronique d'il y a quelques jours sur la Syrie, que vous décriviez comme beaucoup plus simple que le Liban ! cette chronique a curieusement disparu, d'ailleurs...
PS : je suis chercheur, mais en sciences dites "dures"

Portrait de Brice Couturier Brice Couturier22.02.2012

Je suis fatigué des critiques qui se contentent d'énoncer des jugements de valeur ("superficiel"), sans les étayer par aucun fait. Ne sachant rien de vous ni de vos travaux, je me garderais de les qualifier de "légers", ou de "répondant à des partis-pris", etc. sans chercher à étayer ces critiques par des citations précises.

Que la situation des forces politiques en Syrie soit plus simple qu'au Liban, c'est une évidence que quiconque a, comme c'est mon cas, vécu quelques temps au Liban, a pu constater de ses yeux. Les puissances régionales sont présentes au Liban à travers des partis et groupes confessionnels, dont la présence est inscrite dans la géographie du pays. L'Etat y est faible. ce n'est pas le cas de la Syrie, pas à ce point, en tous cas. Voilà un fait.

Mais ainsi va l'époque. On croit pouvoir critiquer, voire insulter, sans avoir à rien démontrer.

Je ne suis pas seulement un journaliste, mais aussi un universitaire, qui a consacré 11 années pleines de sa vie à sa Bildung : vie monacale dans les Universités et les bibliothèques. Ca me donne au moins une capacité à comprendre rapidement un problème complexe.