retour en haut de page
La Chronique de Brice Couturier

La Chronique de Brice Couturier | 13-14

Syndiquer le contenu par Brice Couturier Le site de l'émission
Emission La Chronique de Brice Couturier

du lundi au vendredi de 8h16 à 8h19

Ecoutez l'émission 3 minutes

La gestion de l'eau déborde la compétence des Etats 2

20.01.2014 - 08:16 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lecture

L’augmentation vertigineuse de la population mondiale – nous sommes passés d’un milliard sept au début du XX° siècle à sept milliards aujourd’hui - risque d’entraîner toute sorte de conflits pour l’accès aux ressources.

L’eau recouvrant 72 % de la surface de notre planète, on pourrait imaginer que ce n’est pas la ressource qui viendra le plus à manquer. Mais si l’on ajoute que seules 0,7 % de ces énormes quantités d’eau peuvent être qualifiées de « douces » et donc utilisables par l’homme, on mesure mieux l’étendue du problème. En outre, s’il est possible de trouver des substituts au pétrole, on n’en connaît pas pour l’eau. Et s’il est assez facile de transporter le gaz, sur de vastes distances, par pipeline, ce n’est pas le cas de l’eau.

Si l’on ajoute l’urbanisation galopante et souvent anarchique, qui exige de faire arriver des quantités d’eau de plus en plus abondantes vers les villes ; la modification des comportements alimentaires chez les émergents qui, comme les vieilles nations industrielles, consomment dorénavant de fortes quantités de viande ; le réchauffement climatique qui pourrait aggraver la désertification et le stress hydraulique ; et l’expansion de l’agriculture irriguée, on comprend que l’eau risque de devenir, pour certains, une ressource rare, donc convoitée.

 

L’or bleu, comme on l’a baptisée, est déjà l’objet de conflits internationaux d’intensité variable. L’un des plus sérieux, parce qu’il a entraîné des menaces de guerre, est lié à la construction, par l’Ethiopie, d’un immense barrage sur le Nil Bleu. Le Nil Bleu est l’un des principaux affluents du Nil, dont l’Egypte et le Soudan se partagent les eaux en vertu de deux traités internationaux, auxquels l’Ethiopie n’était pas associée, à l’époque. L’Ethiopie plaide pour son droit à exploiter une ressource qui prend naissance, après tout, sur ses hauts plateaux. Mais l’Egypte dépend de manière vitale des eaux du Nil, et celui-ci intéresse aussi huit autres pays de la région, dont il semble difficile d’harmoniser les positions. L’autre exemple fréquemment cité est celui du barrage de Tipaimukh en construction, par l’Inde, sur le fleuve Barak, dans l’Etat de Manipur. Là encore, un projet grandiose : 390 mètres de long, 163 mètres de hauteur. Mais le Bengladesh en est fort mécontent, car il risque de perturber l’agriculture et la pêche en aval, chez lui.

 

L’ère de l’eau abondante et bon marché est révolue. La preuve, l’industrie de l’eau en bouteille est partout en rapide expansion. Les plus grosses multinationales de la gestion (retraitement, épuration) de l’eau et de sa mise en bouteille sont françaises (Véolia, Suez) ; notre pays dispose donc en ce domaine d’une expertise reconnue.
C’est d’ailleurs à Marseille que s’est tenu le dernier Forum mondial de l’eau, en 2012. Mais cette réunion n’a débouché que sur un catalogue de bonnes intentions, n’engageant que ceux qui y croient. Le « droit à l’eau » est rituellement proclamé dans ce genre d’enceinte, comme il a été adopté par l’ONU en juillet 2010.

 

Décidément, la gestion de l’eau douce, comme celle d’ailleurs des océans, dépasse largement la compétence des Etats. En l’absence de l’Agence planétaire dont certains rêvent, que peut-on faire pour que les rivalités pour l’accès à l’or bleu ne dégénèrent pas en conflits violents ?

Thème(s) : Idées| Conflit| Géopolitique| accès à l'eau| géopolitique de l'eau| or bleu

2 commentaires

Portrait de Brice Couturier Brice Couturier20.01.2014

Oui, vous remarquerez que n'en ai parlé à aucun moment de l'émission. Personnellement, je connais trop mal le sujet du dessalement pour l'aborder.

Portrait de Anonyme marianne20.01.2014

Tapez ici vos commentaires
Bonjour,
il faut arrêter de dire que la technique de déssalement de l'eau est parfaite, elle est au contraire dangereuse.
Voilà plusieurs années que les habitants de Belle Isle en Mer se battent contre l'installation d'une usine de dessalement pour plusieurs raisons:
un fonctionnement uniquement pour l'été et les touristes (= peu d'usage pour l'année), une déformation des vallons naturels pour accueillir l'usine (et la protection du littoral?) et enfin, le point le plus important:
dessaler l'eau de mer demande l'utilisation de produits toxiques, eux-même rejetés à la mer.
C'est donc un cercle vicieux qui obligera toujours plus l'utilisation de ces produits pour les retirer de l'eau de mer,
(et nous risquons de ne plus nous baigner non plus, ce qui est déjà déconseillé sur toute une partie de l'île pour cause d'évacuation des eaux sales dans la mer, et surtout l'été lorsque la population est multipliée par 10)
Voici un exemple concret, et malgré tout il sera quasi impossible de 'opposer à son installation, faute au maire de Le Palais et aux lobbies, encore une histoire d'argent...
Je suggère donc à tout journaliste qui dit du bien de ces usines de se pencher un peu plus sur la question car c'est une attaque au respect de la nature et de nos générations futures.
Je peux vous transmettre des coordonnées de gens qui s'y opposent concrètement à Belle Isle si vous le souhaitez.
cordialement,

Marianne.

Votre commentaire

Type the characters you see in this picture. (Vérification audio)
Tapez les caractères que vous voyez dans l'image ci-dessus : si vous ne n'arrivez pas à les lire, soumettez le formulaire, une nouvelle image sera générée. Il n'y a pas de distinction majuscule minuscule.