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La Chronique de Brice Couturier

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Le Chronique de Brice Couturier

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Le programme économique du FN : le retour au Franc et à la dévaluation 20

09.11.2011 - 08:16 Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

A quoi reconnaît-on un parti de gouvernement ? A ce qu’il essaie de se doter d’un programme économique et social crédible et applicable. Un pur mouvement tribunicien n’en éprouve pas le besoin, puisqu’il se contente de dénoncer « le système ». En outre, toute précision sur son programme risquerait de lui aliéner une partie des frustrations qu’il essaie de fédérer : on ne peut, dans le même temps, afficher un projet libéral à destination des patrons de PME et bénéficier des suffrages des professions fermées, comme les chauffeurs de taxis. Que le Front National relooké ait fait l’effort de se doter d’un projet économique est donc à interpréter comme l’affichage d’une volonté de normalisation. Maintenant, ce projet, que comporte-t-il ?

 

La mesure la plus décisive parmi celles que vous préconisez, c’est évidemment la sortie de l’euro. Elle se ferait « groupés », d’après le FN, en compagnie des pays du Sud, de l’Irlande et de la Belgique. Mais à ma connaissance, aucun gouvernement de ces pays n’a émis le souhait de renoncer à la monnaie commune. Les seuls qui pourraient avoir éventuellement intérêt à quitter l’euro, ce sont les pays à économie puissante, comme l’Allemagne. Pas nous. Vous vous appuyez sur les analyses d’un certain nombre d’économistes critiques envers la manière dont a été mise en œuvre la monnaie unique. Et vous n’avez pas tort de relever ce fait troublant : les performances économiques des pays de l’Union qui n’ont pas adopté l’euro demeurent supérieures, en moyenne, à celles de l’Euroland. Mais l’immense majorité des économistes, y compris la plupart de ceux que vous convoquez à l’appui de votre thèse, (Christian Saint-Etienne et Jean-Luc Gréau, par exemple) ne préconisent nullement un retour aux monnaies nationales. Dans la tourmente monétaire, et face au dollar et au yuan, que pèserait le franc belge ou l’escudo portugais ? Ce qui est préconisé généralement, c’est une sortie de la crise par le haut : tirer toutes les conséquences budgétaires et fiscales de l’union monétaire en harmonisant les budgets et les impôts, et non pas y renoncer.
Car liquider l’euro aurait des conséquences coûteuses, que deux études récentes ont tenté d’évaluer. Sous le titre « quantifier l’impensable », Mark Cliff, économiste en chef de la banque néerlandaise ING estime qu’en cas d’éclatement de la zone euro, la France perdrait 5 % de PIB en deux ans. Ca donne à réfléchir. Dans l’étude publiée sur le même sujet par Patrick Artus (Natixis) et Stéphane Déo (UBS), on lit qu’un tel scénario risquerait de provoquer la faillite en chaîne des banques, puisqu’elles détiennent de gros paquets de bons du Trésor des pays voisins. Vous prévoyez une dévaluation de 20 à 25 % de ce nouveau Franc, mais il faudrait introduire un contrôle des changes, qui interviendrait forcément trop tard : l’essentiel des capitaux aurait fui vers des asiles plus sûrs, aussitôt rétablie la monnaie nationale. Mais la suite de l’histoire serait marquée par une guerre des changes très dangereuse pour notre monnaie nationale restaurée. Et surtout, montrent Artus et Déo, nous subirions une envolée insoutenable des taux d’intérêt de notre dette, libellée en euro. Car c’est bien l’euro fort – que vous dénoncez avec d’autres – qui nous permet de bénéficier de taux proches de ceux accordés à l’Allemagne, pour la solidité de ses finances.

 

Quant aux mesures protectionnistes que vous préconisez, vous savez bien qu’elles provoqueraient d’immédiates mesures de rétorsion de la part de nos fournisseurs et clients. A quel prix produirions-nous les ordinateurs ou les téléviseurs que la division internationale du travail nous fournit aujourd’hui à bas coût ? Le consommateur accepterait-il un triplement de la facture ?

 

Quant à la « monétisation de la dette » - qui est aussi au programme du FN - il faut savoir qu’elle ruinerait les détenteurs d’assurances-vies et nous aliénerait définitivement les prêteurs du monde entier.

 

Plutôt que de tenter de se refermer sur notre hexagone – charmant, mais exigu -, pourquoi ne pas nous inspirer des efforts de compétitivité de nos amis allemands, autrichiens ou néerlandais qui, avec la même monnaie et face à la même mondialisation, remportent, eux, des succès commerciaux et tiennent leurs finances ? Et si, au lieu de rêver à saborder la monnaie européenne, nous laissions un peu les Allemands en tenir les rênes ? C’est un domaine dans lequel ils ont démontré une certaine compétence. Et c’est ce vers quoi l’Europe se dirige, comme spontanément.

Thème(s) : Idées| Parti Politique| euro| Front national| protectionnisme

20 commentaires

Portrait de Brice Couturier Brice Couturier23.11.2011

Essayez d'expliquer à mon ami Hubert Huertas qu'il est un "perroquet de l'idéologie ultra-libérale", vous allez le faire rire.....

 

Portrait de Anonyme Alain Machefert11.11.2011

Il est certainement dangereux de se tronmper d'époque, Brice Couturier. Je me demande si le commentaire d'un certain B.C. du 9.11, parlant des "étranges convergences qui sont en train de se créer entre "nationaux" et "socialistes", n'y a pas contribué !

Portrait de Anonyme Jean Bon10.11.2011

Le parti-pris de vos "journalistes", à trois contre une qui plus est, est absolument affligeant.
Où est passée la prétendue objectivité de l'information?
Hubert Huertas surtout est plus bas que tout, incapable qu'il est de répondre aux questions de Marine Le Pen après l'avoir attaquée... Il bafouille!!!
Face à de telles nullités, on ne peut que trouver Marine Le Pen tout simplement brillante, et il semble que cela soit difficile à accepter pour vos confrères.
Les auditeurs ont vraiment droit à davantage de compétence, les Français aussi.

Portrait de Brice Couturier Brice Couturier10.11.2011

Je suis effaré de voir que, comme Marine Le Pen elle-même, certains auditeurs confondent l'Allemagne d'Angela Merkel avec celle d'Adolf Hitler. Il est dangereux de se tromper d'époque.

Portrait de Anonyme Alexandre09.11.2011

Je n'arrive pas à trouver l'émission avec Marine Le Pen qui suit votre chronique sur le site de France Culture. Où puis je la trouver?

Portrait de Anonyme Nicolas 09.11.2011

Ce qui m'inquiète moi, c'est de voir madame Le Pen victimisée par l'agressivité et la maladresse de votre confrère.
Quant aux positions anti-libérales du F.N, que vous appelez "convergences", j'aurais bien aimé qu'elles soient mises en perspectives avec l'histoire du mouvement et ses programmes précédents.
Je suis d'autant plus déçu que, si je ne partage pas vos positions politiques libérales, j'écoute habituellement avec intérêt les débats que vous animez.

Portrait de Anonyme Alexandre09.11.2011

On ne trouve pas l'intervention de Marine Le Pen qui suit votre chronique sur le site de France Culture Ou peut-on le trouver?

Portrait de Anonyme JOUR DES CENDRES09.11.2011

Les journalistes nostalgiques de Pétain et de Laval qui voulaient une grande Europe allemande, ne me rassurent pas non plus.

Portrait de Anonyme Mich K09.11.2011

Le FN n'est pas ma tasse de thé, mais il faut avouer que vos chroniqueurs étaient d'une nullité accablante face à MLP !

Même pas capables de savoir (avant qu'elle même ne le dise) qui d'autre proposait une sortie de l'Euro, et de redonner à la banque centrale son droit régalien !

Il serait temps qu'ils remettent en question leur idéologie...
Que ce soit à l'Extreme Gauche, chez Dupont-Aignant ou au FN, il y a des propositions économiques qu'il serait temps que nos journaleux découvrent et mettent en lumière.

Portrait de Anonyme JOUR DES CENDRES09.11.2011

M. Couturier a-t-il la nostalgie de P. Pétain lui aussi grand ami de l'Allemagne?

Portrait de Anonyme Rihanna09.11.2011

oui les convergences sont inquiétantes mais non, on ne risque pas un retour en 33, cette remarque ne clot pas le débat. Ce qu'on risque c'est une entrée du FN au gouvernement en 17 et en conséquences: une violence symbolique dramatique pour les personnes issues de l'immigration ainsi qu'un inquiétant apauvrissement culturel et économique. Vous avez en effet manqué d'arguments face à ses propositions économiques socialistes qui ne sont pas, contrairement aux arguments ultra libéraux, repris en permanences par les perroquets médiatiques. Ses critiques justes sur la crise financière devenue publique, sur la prérogative de création monétaire et ses propositions comme la nationalisation des transports devraient être créditées et débatues, qu'elles sortent de sa bouche ou de celle de ses défendeurs originels, mais ce n'est pas souvent le cas. Elle est attaquable sur sa volonté d'un état autoritaire, attaquable sur son idéologie raciste contraire aux droits humains. On ne peut pas séparer l'économique de l'humain.

Portrait de corto1950 corto195009.11.2011

Marine Le Pen sur France Culture qui l'eut cru ! Si c'est de la provoc elle est réussie !

Et pour le FN quel plan com dans la stratégie du " on est un parti comme les autres ". Est ce bien le rôle de FC d'y contribuer.

Personnellement ça me choque.

Portrait de Anonyme Rihanna09.11.2011

En effet ce n'est pas rassurant, mais justement pourquoi ne pas l'avoir attaquée sur cela, sur sa reprise des arguments socialistes alors qu'elle se revendique d'extrême droite. Ce rapprochement rappelle en effet des passages obscures de l'histoire européenne, mais il ne parait pas envisageable dans le contexte multi-culturel actuel qu'un parti aussi autoritaire prenne le pouvoir seul de l'Etat comme ce fut le cas en Allemagne. La majorité des français reste prudente face aux idées extrémistes de Marine Le Pen et ne la laissera pas gouverner seule, parcontre sa critique du néo libéralisme financier et son programme écomomique sont parfaitement préparés (même si elle ne fait que reprendre), vos journalistes auraient du soit contre-argumenter sur cela (mais pour des perroquets sans argument, en effet c'est difficile)ou et l'attaquer sur son idéologie anti-démocratique et raciste. Plutot qu'un retour en 33 et un reducto ad hitlerum, le scénario de rapprochement avec l'UMP pour 2017 et une entrée au gouvernement plus probable, représentent la menace d'une violence symbolique réelle pour les nombreux français issus de l'immigration qu'il faudrait défendre car ils représentent aussi une force économique.

Portrait de Anonyme anne marie09.11.2011

je reformule, : je suis complètement d'accord avec Vincent. Cela fait très peur pour l'avenir.

Portrait de Anonyme R. Gerlier09.11.2011

Excellente chronique de Monsieur Couturier, dont j'apprécie toujours l'indépendance et la clairvoyance du commentaire. Très bon débat sur FC ce matin, face à Mme Lepen, qui confond (volontairement)les journalistes avec ses adversaires politiques.

Portrait de Anonyme goati09.11.2011

comment cela se fait qu'on ne peut entendre la réponse de Marine Lepen à la question de 4 mn... ? Il n'y a pas de rediffusion ? est ce une sensure de France Culture,

Portrait de Anonyme Michel09.11.2011

La nullité, la mauvaise foi et la partialité flagrante de vos journalistes ont été particulièrement évidentes dans le débat de ce matin avec Marine LE PEN.
Même si on ne partage pas, et c'est mon cas, les positions de Mme LE PEN, on ne peut que regretter, une fois de plus, l'omniprésence de journalistes incompétents, qui ne pensent qu'à soigner leur image de "politiquement correct" au mépris total d'une information objective.

Portrait de raph raph09.11.2011

Bravo,
belle tribune pour Marine Le Pen qui n'en espérait pas tant en venant sur France Culture : Couturier qui s'improvise économiste en chef, défenseur des intérêts des banquiers; Hubert HUERTAS renvoyé dans ses cordes, et SLAMA qui n'arrêtez pas de répéter "on est d'accord"...Affligeant, grosse défaillance du service public d'information. Se faire "bouffer" par Marine Le PEN ce n'est pas très brillant. Je pense qu'une bonne remise en question est nécessaire après ce fiasco.
Monsieur Brice COUTURIER, s'en prendre aux auditeurs qui prennent de leur temps pour poster un commentaire, ce n'est pas bien brillant non plus (cf le post ci-dessus). Vous n'avez rien d'autre à répondre face à de légitimes questions sur vos propres insuffisances à l'antenne?

Portrait de Brice Couturier Brice Couturier09.11.2011

Les auditeurs prompts à voir partout des ultra-libéraux ont-ils perçu les étranges convergences qui sont en train de se créer entre "nationaux" et "socialistes" ? Personnellement, elles ne me rassurent pas...

Portrait de Anonyme Vincent09.11.2011

Vos journalistes perroquets de l'idéologie ultra-libérale ont été d'une médiocrité atterrante face à Marine Lepen ce matin.